‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 28 sur 57 · JU · texte numérisé non relu

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Sommaire. Les Anglais organisent des troupes coloniales. Adrinistration anglaise, — Laveaux” en négociations avec Toussaint Louveiture pour le faire entrer dans

le parti de la République. T'eussaint embrasse la cause de la République françai. se, —{-onduite héroïque de Villate au Cap — Succès de Laveaux dans le Nord —Efl est secondé par Villate et T'onssaint. — !,es Français sont écorgés au Fort-Dauphin. — Laveaux tente de gagner Jean François — Réponse de Jean François.— Toussaint prend St-Michel et St Raphaël sur les Espagnols. —Bauvais et Rigaud combattent les Anglais avec acharnement — Whyte foitifte le Port-Républicain.—La fièvre jaune se déclare dans les troupes anglaises. — Mission de Charmilly en Angleterre, —

"Whyte est remplacé par le brizadier général Hornock.— Conspiration à lPArcahaie … en faveur de la République.— ‘Toussaint a une entrevue avec Brisbane — Exécu.

tion de Gauthier.— Toussaint pénètre dans St-Marc et en est chassé. — Il attaque de nouveau cette ville — Rigaud s'empare de Léogane sur les Anglais.— Les An.

glais tentent mais en vain de gagner Rigaud en lui offrant plusieurs millions de

francs —Rigaud prend ‘Tiburon.— Animosité entre Villate et Laveaux.— Laveaux

parcourt les quartiers soumis à la République.— Toussaint combat avec succès Île

major Brisbane—TIl est battu au camp Cbarles Sec par Jn François — Conspiration à St-Mare et au Port-Républicain contre les Anglais—Les Auglais énlèvent le Mirebalais aux Espagnols — Mission de Chanlatte auprès de Rigaud et de Bouvais — Les républicains de l'Artibonite se prononcent les uns pour Villate, les autres pour Läveaux.— ‘Toussaint fait arrêter Blanc Cassenave.— Mort de celui-ci.

La guerre continuait avec fureur dans l’ancien monde entre l'Europe

gt la République. Les armées françaises triomphaient partou! ; la cause de la liberté était sauvée, et les rigueurs de la terreur ‘étaient devenues insupportables, -parcequ'elles n'étaient plus nécessaires. La'CGon-

mention nationale qui avait été absorbée par la défense du territoire,

ft qui maintenant réunissait ses forces pour abattre le despoiisme pa:

y ane

2e, Eédetéos a

pulaire de Robespierre ,. ne portait plus ses rognedis au-delà de l'a tlhstique. Depuis qu ‘elle avait proclamé F émancipation générale des esclaves elle n'avait pas douté que ces derniers, livrés à eux-mêmes, ne sen tissent assez la dignité que: la liberté fait naître dans le cœur del homme, pour délenure un sol où l'on ne respirait plus l’air infect de la. servitude.

Elle ne s'était poini trompée dans ses conjectures : les noirs.et les sangs=\ mèlés répubiicains presque abandonnés de la Métropole, vont conti 1 nuer ja guerre à St Domingue contre les Angiais, avee autant devaz leur: qu'en: déployaient en. Europe les troupes Patriotiques. La. [utte« sera celle de la liberté contre te déspotisme: d'une part. les citoyens® du Æ Avril 1799-et du: 4 Février 1794; de: l’autre les. Anglais, les Espagnols et les. royalistes français rétablissant. l'esciavage. S'il est vrai. que là servitude même rmposée par là force peut avilir l'espèce humaine, les noirs et les homines de couleur de St-Domingue par les luttes“ songlantes qu'ils vont supporter ; se laveront de leur dégradation, et se” couronneront de toute la, dignité qui brille sur le front de l'homme dont le cœur à été épuré par l'hérois. re.

En s'emparant des différents quarticrs de la colonie qu'ils occupaient. les Anglais n'avatent rien changé aux lois et aux règlemens qui exis=« taiont du temps de la monarchie française. Les privilèges des anciens. colons avaiont êté rétablis, et ceux-ci se montraient déjà aussi fiers, aussi arrogars envers Îes | homiwes de couleur qu'ils. l'avaient été avant 1789. Ceux des. affranchis qui s'étaient soumis aux Anglais ne tarderont pas”

à Sarmer contre eux, froissés des prétentions des. planteurs qui, avaient=, us cru, éevaient- être deurs égaux sous la domination britannique; mais. mous les verrons succomber, el. sous les coups de leurs auxiliaires qu’ils trahiront, el SOUS les coups. des. vengean es nationales. Ils seront. woins à plaindre que les colons cux:mêmes, car ceux-ci, queiqu ‘ils méritassent la mort pour avoir trahi la: patrie, mavaient. jamais. neçus aucun bienfai de la République.

-Béjà la fièvre jaune avait considérablement moissonné: les: troupes. européennes de S. M. B. Les Anglais sentirent la nécessité de recru-« er des noirs et des hommes de couleur pour former des. légions coloniales. | Hs organisérent, au Môle, deux régimens ; à St-Marc, les légions de

Dessources, de Cocherel et de Savary; à l'Arcahaie, la. légion. d'Yorck … commandée par Lapointe devenu colonel, et celle de a reine ; au … Pori-Républicain, les régimens du prince de Galles, de Bruges et de« Montalembert ; dans les hauteurs de Banica, les chasseurs de Banique ; à à Jérémie, les légions de Sevré, de Domingeau et de Jean. Kina. … Avant leur entrée au Port-Républicain, ils avaient déjà formé les régimons des Hussards de Hompech ct de. Rohan. composés en: entier < d émigrés Fragcats, Toutes ces. troupes qui fournissaient. une force de 12,000 hormes étaient parfaitement, vêtues et bien armées. Rien né, fait si beau, si bien rangé que les régimens de Dessources et, de

hs ÈS

Montalembert dont les états-majors n'étaient composés que de blancs.

Les soldats anglais portaient des habits rouges, recevaient une nourri

“iure abondante et solide , tandis que les républicains presque nus suppor-

“Haient tottes sortes de privations. Mais l'amour de la liberté, la profonde horreur qu'ils éprouvaient pour l'ancien régime, vaincront tous les obsta. cles qui s'opposeront à la régénération des africains et de leurs descendans.

Les Angiais tout en ménageant les hommes de couleur dont ils avaient be soin, accordaient toute leur confiance aux anciens planteurs. Aussi voyaiton dans le conseil privé du gouverneur des possessions britanniques, Blin de. Milleneuve, Loménie de Marmé, Dulan d'Aflemans, de Villars, de Buffon, an: ciens colons ; dans l'état-major des places, des officiers Français émigrésen” grand nombre sous les ordres des officiers Anglais; dans les troupes , les Gambefort, les Thouzard , les Rouvraï revenus à St. Domingue, O’Gor-

“man, Contades, Henri Ségur de Montazeau, Montalet, Duquesne,

Cocherel ; dans les finauces, Rainville, Fourmy pére, Rousselot ; dans Padministration des biens des absents, Malouet d’Alibert, Buranthon ; au conseil supérieur établi au Port-Républicain , Ronceray ; président et chef de justice, Valentin de Cuillen, l’Aésassin de Ferrand de Baudiêres,. Vincendon Dutour, doyen. - |

Dans les @eampagnes où l'esclavage avait été rétabli, on voyait se renouveler les mêmès horreurs qu'en 1789. Il-y avait des légions. coloniales britanniques où le noir ne pouvait parvenir quau grade de sergent-major. |

Hyacinthe Ducoudray , par l'influence qu'il exerçait sur les cultivateurs du Cul-de-Sac, les porta à ne pas s'armer contre les Anglais. La légion de Montalembert alla occuper la Croix-des-Bouquets, et tous les ateliers retournèrent dans la servitude. Mais Dieudonné occupait pour la République les montagnes de la Coupe et du. Grand Fond.

“Quoiqu'il suivit les conseils de Sonthonax et qu'il ne voulût pas re-

connaître l'autorité des hommes de couleur, de Bauvais , de Rigaud, il se montrait jusqu'alors très-dévoué à la France, et prenait le: titre.

de commissaire civil. Al demanda une entrevué à Hyacinthe, luïten.

dit un piège, le prit, et le fit fusiller. Ne Pendant cet intervalle , le général Martial Besse partit pour France.

Le général Bauvais réunit à Jacmel les débris de la légion de l'Ouest, véorganisa ce corps et rétablit l'ordre ainsi que le travail dans tout son arrondissement. Le général Rigaud, de son côté, faisait aimer son ädministration, par la sagesse de ses. règlemens. | Laveaux, dans le Nord, se résolut à gagner définitivement au parti de Ja République Toussaint , alors un des officiers les plus influens des bandes Spagnoles , auquel l'abbé de la Haie avait déjà fait des ouvertures. Depuis plusieurs mois Toussaint Louverture eût arboré le drapeau tricodore, si Villate. auquel il avait offert sa soumission ne lur avait

“répondu qu'il ne voulait pas. entrer en négociations avee ua misérable

esclave dévoué à la cause de la servitude. Cette réponse avait d'autant

plus indigné Toussaint qu'elle venait d'un homme de ali qui avait (QE ‘trop vite oublié sa condition primitive. Ce fut l’origine de la bai

‘aprés avoir commune à la Marmelade où commandait le marquis d'Al

xeur le trafic que faisaient Jean HU et Biassou des noirs républi-

blique, en lui adressant une leitre que lui avait fait parvenir Ghevas,

gains. Ce qui prouve la” phpRle de ses sentimens à cet égard, eesk,

194 | pisroire p'arr.—( 1794 })

quil porta à Villate, .

Dès le 5 Mai 1794, Laveaux L'axait exhorté à reCONNA TON Répush

lier, commandant de Terre-Neuve et du Port-ä-Piment. Le 48 du même mois Toussaint lui’avait répondn qu'il serait heureux de se plan cer sous les drapeaux de la République, et qu'il avait été égaré par les espagnols. Cet homme d'une profonde dissimulation, résolut de donnèp à ja RépaONue un témoignage effrayant de la sincérité de sa soumis-…

sion, en plaçant un abime entre lui et les Espagnols: le 25 Juin

monas , il renouvela son serment de fidélité au roi d'Espagne, monta à cheval, fit massacrer par ses troupes les soldats européens Cantons nés dans le bourg, se rendit à la Petite Rivière ,. puis au. Dondon > ensuite au Gros Morne, où furent également égorgées les garnisons ess pagnoles qu'il y avait placées. * 1 arbora dans tous ces lieux le drapeau

tricolore, Quand il sapprodMà des Gonaives, les soldats de: S. M. G; 4

qui occupaient celte ville prirent la fuite, et se retirèrent au pont des l'Ester. Il ordonna à un de ses lieuten ans, Blanc Cassegave, hommes de couleur, d’ailer s'emparer de ce pont. I se rendit ensuiteau Port

. de-Paix où ‘le général Laveaux le reçut avec la plus grande distinction

fl passa “en revue les troupes de la garnison; ce fut une courtoisie que lues fitle général français qui partagea avec fui son lit et sa table. Toussain£" avait sous ses ordres 3,000 hoinmes; l'influence de son nom, était déjà. considérable ; la cause fe ançaise réduite aux dernières extrémités dans le. Nord y eût succombé , sil ne s'était soumis à la République. Le gou verneur lui confia le commandement du cordon de l'Ouest | aprés Lan voir nommé général de brigade.

La proclamation de Sonthonax du 29 Août < sur la liberté générale transformée en loi le 4 Février 4794 par la Convention nationale, avai déterminé Toussaint à* embragser la cause de la République. En prés sence d’un acte aussi solennel, il ne pouvait plus doûter de la sincé… riié du gouvernement français à l'égard des noirs: le bonheur futur des siens faisait toute sa sollicitude. D'une autre part, il voyait ques le triomphe des armes es pagngis améênerait le rétablissement de lan-. eien régime, et son horison po litique s'était assez agrandi. pour qui il. comprit qu'une révolution aussi sanglante, aussi générale ne pouvait se terminer par la servitude des masses, et par la liberté octroyée à Et quelques centaines de chefs. Depuis longtemps il avait pris en hor-

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:# Vie de Toussaint par Didiées Traditions des Hnitiens: de l'Ouest P) de ci et du Nord, Es 6 RE

À | Er HISTOIRE D'HAITI.—(. 1794 ); 0 | |

qu'il abandonna la cause du roi d'Espagne lorsque tout'en annonçaié le triomphe. |

Pendant ce temps le eolonel Villate défendait la ville du Cap et contre JS Anglais qui en bloquaient le port, et contre les Espagnols qui la cennaicnt étroitement, avec autant d'héroïsme qu'en déployait Laveaux au Port-de Paix. El réunit sous le drapeau de la- France les citoyens

“de toutes les. cou'curs., el. oblint d'éclatans succès contre les troupes. européennes de Cantabre, et contre Jean. François. Les deux régimens.

de troupes franches formés au: Cap, se battaient, dans les sorties, avec toute la fureur du. fanatisme de. la liberté: Les Anglais-tentérent de gagner Villate, en fur. offrant des. sommes considérables ;: 1l leur ré- Dondii-en- faisant Jurer. à. son armée de s’ensevelir sous les murs: de

place plutôt que de se rendre. Les. Espagnols cherchèrent aussi à.

Je séduire: pour toute réponse, il leur envoya des paquets: de cariou- “ches et du plomb. Pendant plus de deux mois ia garnison ne se

nourfil que de cannes à sucre, d'oranges et de racines, Les-Anglais. furent obligés d abandonner le blocus du port, et Jean François, après. avoir perdu un quart de son armée dans les attaques infructueuses qu’il

“avait dirigées. contre la place , se retira Lonteusement au: Fort-Dauphin.

J'ordonnateur Perroud qui. par ses talens et son activité parvint à créer “des ressources à l'armée.. Perroud prêcha. l’ordre-et le travail äux nou- “eaux libres, administra les biens des ‘émigrés, fit hausser le prix des “denrées coloniales et tomber celui des comestibles- américains. Il eut.

assez de patriotisme, pour vendre à crédit à fa République, dans ua. Moment, si difficile, toutes. les. marchandises qui. remplissaient. ses.

Magasins partieuliers. De son côté, Labatut commandant de la- Tortue secourait l'armée du Port-de-Paix par des envois fréquens de vivres et de bestiaux.. Laveaux ne tarda pas à se trouver prét à. reprendre “offensive. Il en était temps, car de: nombreux émigrés français arri- “és au Fort-Dauphin ne demandaient qu'à marcher contre le Cap.. Quoi- “que ennemis de la race noire, ils s’honoraient alors d'ètre placés. sous “cs ordres. de Jean François et de Biassou, et avaient demandé des ar- “mes au capitaine généal de. S°-Domingo.pour reprendre Vallière, la. Grande-Rivicre, Terrter-Rouge el le Grand-Boucan. Les Espagnols-qui #0 défiaient. d'eux. ne tarderont. pas à les faire tous égorger. :

…Laveaux dirigea. une attaque générale contre les Espagnois. D après Ses. instructions , Danly commandant du Gros Morne marcha contre le Doste.la Chapelle; Villate commandant du Cap, contrele Port-Wargot ; et. Toussaint. Louverture , contre la Petile-Rivière.. Le gouvereur marcha en, personne contre le Borgne: Apres avoir lraversé des Mornes presque inaccessibles, il établit, une pièce de 24 sur la Vigie Porgne, et s’empara de: ce bourg, secondé par le courage éclairé es adjudans-généraux Suire et Pageot, Le drapeau. tricolore fut en.

… Laveaux excilait l'admiration des. républicains. tant par ses prodiges. de valeur que per son administration intelligente. I était secondé par.

| saint Louverture enlevait le long de l'Artibonite le bac d'enhaut ,1es

@spagnols craignant qu'il ne se jetât dans le parti républicain comme”

déjà une animosité bien dessinée n'avait éloigné Laveaux de ViL 4

“publique, Il ne doutait pas du patriotisme de Viilate, mais les pré-

156 re HISTOIRE D'HAITI.— (1794 )-

suite arboré dans les quartiers de Plaisance, de la Marmelade, dû Dondon, de Limonade et de Terre-Neuve. En même temps Villate enlevaitle Porte. Margot et le colonel Mongeot s'emparait du poste Legros. De son côté Tous-

camps Campan, Bellanger, le pont de lEster et le bourg des Ve + rettes, secondé par le lieutenant colonel Blanc Cassenave. : Cependant ces succès auraient été plus éclatans dans le Nord ,

late. Laveaux, comme Sonthonax, était devenu hostile aux anciens“ libres du Nord quoiquiis fussent la” plupart demeurés fidèles à la Rés

tentions de celuici au commandement en chef du département. du a. + Fa

Nord, et son népotisime exclusif en faveur des hommes de sa caste

ÿrritaient extraordinairement le gouverneur. Aussi dès lors vOyons- è nous Laveaux favoriser les chefs noirs, et se montrer plus disposé à leur livrer l'autorité de la colonie qu'à l'abandonner aux hommes de couleur

Toussaint Louverture vint dans le Nord à la tête d'une partie de ses troupes , battit les espagnols au camp Bertin et leur enleva Île Limbé. | 11 attaqua le Dondôn que Jean François avait re pris sur le eolonel Moy se.

Après un léger combat, il y pénétra, y trouva deux pièces de. 2,5 beaucoup de fusils, et poursuivit ensuite Jean François qui full prendre , jusqu'à ta montagne Noire. Il envoya à Villate avec géné rosité une grande quantité de munitions de bouche. Son exemples rallia au parti republicain de non:breux noirs qui combattaient pour le. roi d'Espagne. | les disciplina, ies contraignit .à respecter les pro prictés. Dans les troupes de Jean François et de Biassou le désordre” était au contraire à son comble ; le pillage et, l'assassinat étaient à l'erdre du jour. Tout ense Géciarant les protecteurs des blans royaliss tes, ces deux chefs les égorgealent de temps à autre et les dépouil

laïent. Le gouvernement Espagnol craignant de les perdre, leur par

donnait tout. Il les entretenait à grands frais. Jean François et Bias=s sou recevalent une pension annuelle de 400,000 francs; üls avaient des gardes du corps, des cordons bleus et rouges ét les titres de ma réchaux de France. Un nommé Cagnet au service des espagnols por tait le titre de Monseigneur Duc et Pair et Maréchal de France” Pendant ce temps Biassou refusait de se soumettie à l'autorité de Jean François. Celuici nobint de ses soldats qu ils marchassent contre lui qu'en ieur promettant le pillage du Fort Dauphin. Apres la victoire, ses bandes exigèrent qu'il accomplit sa promesse. Il'y"a* vait au Fort Dauphin un millier de français royalistes des deux sexes revenus dans la colonie, rappelés par les proclamations espagnoles qui leur avaient promis aide’ et protection. Jean François demanda ‘aux autorités du Fort Dauphin le sac de cette ville. Sa demande fut sou tenue par Vasquez son confesseur ‘et vicaire-général de l’armée. Le: 4

PA

Toussaint Houveriure, lui accordérent tout ce qu'il voulut. Le 6

Juiliet , Jean François se présenta aux portes du Fort-Bauphin, et pénétra dans la ville. La population blanche n’en éprouva aucune inquiétude , le sacliant au service du roi d'Espagne. La garnison euro:

péenne composée des régimens de Cantabre, de la Nouvelle-Espagne,

de da Havane, était rangée en bataille sur la place d'armes, sous les “ordres du colonel Montalvo. Les bandes de Jean François étaient aussi sous les armes, attendant avec impatience l'ordre de se précipiter sur les français qui-jusqu'alors ne se doutaient pas du sort qui leur était reservé. Vasquez célébra l'office divin, se rendit sur la place d’ar. mes ct bénit fes drapeaux des troupes noires, Alors il présenta sa main à baiscr.à Jean François en lui disant : Exterminez ces athées, cos régicides, ces hébreux. Aussitôt la garnison européenne se ren- …{crma dans le fort de la place, et le massacre commença dans les rues “et dans les maisons. En quelques heures 950 français, hommes, fem: mes et enfans avaient été égorgés. Quelques émigrés purent se sau= ver en se couvrant des habits du soldat castillan. Mais les troupes européennes ne firent aucun mouvement en faveur de ces malheureux “dont les richesses devinrent la proie des autorités. * Les bandes de Jean François Jusqu'au coueher du soleil ne cessèrent de piller. Le “lendemain elles sortirent de la ville chargées de butin. De tels auxi- —liaires étaient plus funcstes que lennemi lursmême. | * Peu de jours après cet horrible événement, Jean François envoya au “camp quoccupait Blanc Cassenave, un émissaire nommé Césaire , charsé de gagner tes noirs républicains en leur distribuant 209 portugaises (8,000 francs). Césaire avait déjà corrompu plusieurs officiers , “quand Blanc Cassenave découvrit ce qui setramait, et en avisa Tous- “saint Louverture. Celui-ci marcha contre tes espagnols, les attaqua met les culbuta au-delà de la savanne Aïlfort, Quelques soldats du “régiment des Cantabres furent faits prisonniers, et toutes les fortifications espagnoles de la ligne d’Alfort furent détruites. Jean François ayant réuni des forces imposantes vint dans les pre- Hiers jours du mois d'Août attaquer la Crête Samedyÿ où commandait pour la France un nommé Noël Ailhaud. Après un combat de “rois heures, les républicains manquant de munitions évacuérent la Position qui tomba au pouvoir des espagnols. | “FH Peu de temps après le général Laveaux adressa une lettre à Jean “François, dans laquelle il l'exhorta abandonner la cause du roi “d'Espagne lui faisant les offres les plus séduisantes. Un mois aprés Jean François lui @t la réponse suivante :,

+ j| y avait dans les troupes Espagnoles des hommes que se firent plustard Témarquer sur le continent américain : St.-Martin, au Pérou; Barbastro, à Buenos-Ayres; Bustamente, au Mexique. (Relation du sac du Fort-Dau- Mphüin par le eitoyen Céligny Ardouin. ) |

‘198 ANUS CRISTOIRE D'HAITI.—( 1794 :)

DORE. + AA ame à

« jamais la trahison et la perfidie ne seraient 1e partage du général 1 « dean- d'sAngols.

«et seulement je crorrai à celuy à que jusqu'à ce que je vois que

cordent leurs filles en mariage aux nègres. Alors je pourrai croi

sieur le Président que vous citez dans d’autres écrits qui sont entre

de tous les prisonniers espagnols, de vous prier de faire’ la guerre,

Ci L

« Au Fort Dauphin, le 20 Novembre 1794.

« Jean François, Général des troupes auxiliaires de S. M. C. à Étienne Laveaux, Gouverneur-Général, pour la République française, au Cap. ne « Votre lettre datée du 20 Prumaire-de l'an 3 de la République.frangaise (21 “Octobre 1794} me fait connaître les nobles sentimens 4 avec lesquels vous l'avez dietd elle commence avec -le mépris que … tous vous autres auraient toujours pour les gens de ma-race, J'ayl hon- ; neur d'être nommé général parmi mes amis el mes ennemis, litre glorieux que je me suis acquis par mes exploits, ‘ma bonne. CON= : duite, ma probité ét mon courage, et vous me privez de cet honneur dans Ja première parole de votre lettre, en mo nommant avec un air dédaigneux et méprisant Jean François comme vous pourriez faire dans ces temps malheureux où votre orgueil et votre cruauté nous confondaient avec les chevaux, les bêtes à cornes et les plus vils animaux, précisément dans une occasion où vous avez besoin de moi, et vous me proposé la perfidie la plus noire que vous cherchez À embellir avec des promesses séduisantes, men2 ieuses et remplies d'artifices , et par lesquelles vous faites connaître Tlindigne idée que vous avez de mon caractére et de mon procédé,” Mon parti est pris, et je suis Inébranfable une fois déterminé, je vieu vrai, je mourrai dans la belle cause que j'ai adoptée, et sans lâcher j de faire l'apologie de Messieurs les Espagnols , je pourrai vous. prouer que je nai que des louanges à faire d'eux les ayant (OUJOUrS initiée fidèles et religieux observateurs dans loutes leurs promesses, M « Quoique je pourrai bien répondre à tous les chapitres de votre 1 lettre, je les omets parce qu'ils sont presque tous détaillés dansun manifesie que j'ai fait cireuler à mes compatriotes dans lequel je leur % fais connaître sans arlifice, le sort qui les attend, s'ils se t laissent séduire par vos belles pyrol 68, l'Egalité, la Liberté ete, ele. , etc. 20

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