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Monsieur Laveaux el d'autres messieurs frangais de sa qualité, ac=-
à l'Egalité prétendue. Ine me reste plus, monsieur le Général,= que de vous demander la grâce de m envoyer cette lettre demon
mes .:Mmains, dans laquelle il vous promet ma tête pour la rançon en respectant les droits des gens et cette générosité -observée ancien
nement pee les nobles guerriers français ‘dont vous trouverez bien des exemples dans vos illustres. ancêtres, et de vous instruire que
« JEan FRANÇOIS, Génératsdé S. M. C.
pas TE HISTOIRE D’HAITI.—-( 1794 ) ” | 199
Les dernières dispositions de cette lettre attestent qu'elle a été écrite
par un émigré français.
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Laveaux ayant perdu l'espoir de gagner Jean François: à la cause révolutionnairé, ordonna à Toussaint Louverture d'attaquer S' Michel et
… S'Raphaël. Toussaint marcha contre S'-Raplaël avec plus de 4,500 hommes, sur diflérentes colonnes. , Un corps nombreux de cavalerie républi. …caine occupa la route du Dondon derrière un petit morne dans un coude “que formait le chemin. Les Espagnols avaient dressé dans cet endroit un retranchement garni de canons et défendu par un fossé rempli “d'eau s'étendant de la rivière eu pied du Mornet: . Une colon-
ne. d'infanterie républicaine gravit la montagne qui dominait le camp retranché avec ordre de l'attaquer dès que Faffaire commencerait ; une autre colonne s'éehelonna le long du revers du même morne pour: couper la retraite à l'ennerhi; une troisième traversa la rivière, et alla occuper les positions qui dominaient le retranchement à gauche.
Foussaint ordonna de commencer le feu, et le combat s’engagea avec acharnement de part et d'autre. La cavalerie qui eccupait le grand chemin chargea sur le camp retranché; mais elle fut vigoureusement lepoussée par la mitraille; elle revint à la charge et fut de nouveau
-Culbutée: elle se retira; laissa dans la grande route 200 hommes tués;
Les autres colonnes se précipitérent des mornes sur la redoute, eë Passaillirent. de toutes parts: Les Espagnols firent bonue contenance de tous côtés. Toussaint à la tête de sa cavalerie les chargea une troisième fois et pénétra dans le camp retranché. L'ennemi baitit-en retraite précipitamment, fui poursuivi au loin, et. laissa le champ de
bataille couvert de morts. Le résultat de cette journée fut la prise
de. St-Michel et de St Raphaël Tr sense ie - hé 0 Toi Pendant ee temps, la prise du Port Républieain paraissait devoir
soumettre à La domination anglaise le reste de l'Ouest, et tout le Sud :
iais Bauvyais dans les montagnes qui avoisinent le Port-Républicain, et Rigaud dans le Sud, ne cessaient de harceler les troupes britanniques. Le général Bauvais euleva Sale-Frou sur un corps de royalistes français que des vaisseaux de S. M. B: y avaient déharqués, et mit Jacmel à l'abri d'un coup de main. Les républicains qui occupaient lès montagnes receyaient de Jacmel el des Uayes des munitions de
…ouerre et de bouche: les ports de ces deux villes étaient peuplés de
lavires des États-Unis, de la Côte-ferme, de Curaçao et des iles du
— Le général Whyte, pour mieux fermer l'enceinte du Port-Républicain,
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Mit fortilier cette ville à l'Est et au Sud par les soldats anglais; ik
éleva dans le quartier du Mofne à-Tuf un blockaussau milieu de ta place
(lu cimetière intérieur, et à l'Est -au sommet Qu morne de l'habi ation
“Covin ; un fort bien assis qui domine et la ville et les campagnes “énvironnantes.*. Il counstruisit aussi dans le morne de l'Hôpital sue
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Fhabitation Dessources au-dessus du fort Bizoton une redoute, qu'il arma de quelques canons. Le soldat européen nullement habitué à se livrer à de rudes fatigues sous le ciel brûlant des tropiques ne &urda pas à tomber malade. Dans la journée ilétait exposé aux rafons du soleil, et pendant la nuit il faisait la patrouille souvent dans la pluie. De 1 "40 hommes d'élite des 22°, 23°, 35°, et 41° débarqués au Port Républicain dans le mois de Juin, il ne restait pas cent soldats. IIS avaient “été enlevés par la fièvre jaune. Les colons qui s'étaient livrés aux Anglais, profondément découragés, obtinrent du général Se L que Venant de Charmillÿ partit pour Londres, avec mission de de mander des renforts au gouvernement britannique. De son côté Whyte craignant de succomber sous l'influence meurtrière du climat retourna ; en Angleterre. 11 fut remplacé dans le commandement en chef de. à Si-Domingue par le brigadier général Horneck qui vint de la Jamaïique« au Port-Républicain au milieu de Septembre 1794. Horneck réunissait « toutes les qualités propres à donner de l'éclat aux armes anglaiseset à faire aimer le gouvernement brilannique ; mais comme 1l n'avait pas assez de forces pour attaquer, il se tint sur la défensive. à Dans le quartier de l'Artibonite, Thomas Brisbane remportait peu de succès sur les républicains noirs et jaunes commandés par Toussaint Louverture et par Blanc Cassenave. Rarement il parvenait à forcer le cordon de l'Ouest qui s’étendait des ‘Gonaïves au Mirebalais. Toussaint ayant réuni toutes ses forces baitit les Anglais à Marchand, les chassa du pont de l'Ester, et les contraignit à abandonner toute la rive droite de l’Artibonite. Ses troupes en les poursuivant s'emparérent des Verrettes où il vint avec 40 dragons faire arborer le drapeau tricolore. Il enleva ensuite la Petite-Rivière de l'Artibonite au général espagnol Santacilia. | 3 Le major Brisbane se résolut à le gagner au parti britannique. I lui proposa une entrevue qui fut acceptée. . Il ordonna à Lapointéecom-= L mandant de l'Arcahaie , de se rendre auprès de lui avec quelques troupes. Lapointe arriva à St.-Marc avec 800 hommes de la milice royale et deux pièces de 4. Brisbane se rendit à la digue de PAr-« tibonite à la tête de 2000 hommes et avec huit pièces de 4 et de 8. H y avait à l'entrevue Brisbane, et Morin homme de couleur, son secrétaire, Lapointe, d'une part; Coudelet, Guy, officiers de couleur; le colonel Christophe Mornay, le commandant Gabriel Lafond , noirs, et Toussaint Louverture, d'autre part. Après huit jours de conféren-« ces, .le général républicain , n'ayant pas trouvé l’oecasion d’enlever % Thomas Brisbane , parut s'être soumis au roi d'Angleterre; cependant ‘il avait gagné au parti de la France, Morin l'interprète de Brisbane. Les deux armées se confondirent et fraternisèrent. Toussaint ne per: dant pas l'espoir d'arrêter le major anglais, voulut lui donner un gage de la sincérité de sa soumission en lui livrant la place des Genaives, 1 pensait qu'il s'y rendrait en personne. Mais Brisbane en envoya
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: Ne” ns D'HAITI—( 1794 } 20!
prendre possession le colonel Gauthier, homme de couleur. Pen de Jours après, Toussaint à R tête de plus dé 2090 hommes pénétra aux Gonaives, arrêta Gauthier, ‘ct l'envoya au Port-de-Paix. Les troupes anglaises qui occupaient quelques postes prés des Gonaïves. échaugérent quelques coups de fusils avec les républicains, et rentrérent à “ Si Marc. Lapointe retourna à FArcahaie où le parti républicain s'était un peu agité pendant son absence.
Le colonel Gauthier était arrivé au Port-de-Paix. Le gouverneur Lavcaux lui:proposa d'entrer dans Îles troupes de la Pépublique. Gauthier lui déclara quil aimerait mieux mourir que de trahir la cause du roi d'Angleterre. fi fut livré à une commission militaire qui le èondamna à la peine capitale, comme francais traître à das patrie. I marcha au supplice en criant vive le roi George et mourut avec le plus grand courage. j
Nous avons vu que pendant l'entrevue de la digue de lArtibonite, Toussaint avait séduit le secrétaire de Brisbane, Morin homme de couleur, qui jouissait de toute la confiance du major anglais. Morin. fil entrer dans une vaste conspiration contre S. M. B. tous les 'mulâtres de St. Marc et de Montruis dont la fidélité à l'Angletcrre était déjà ébranlée par les écrits patriotiques de Pinchinat, et par les mauais traitemens qu'ils éprouvaicnt presque comme dans l'ancien régime de la part des colons biancs. 11 écrivit à Toussaint Louverture que sil se présentait devant St. Marc, les portes lui en seraient ouvertes. Il ny avait en cette ville que quatre-vingts soldats européens, 209
“hommes du bataillon de Dillon, la légion de St. Mare commandée par le colonel Dessourees, 396 espagnols qui avaient évacué les Verrettes et les milices des campagnes voisines; en tout 1,500 hommes. Pendant une nuit Toussaint à a tête de 11,090 fommes s'ap-
-procha de St. Marc, et y fut introduit par 300 mulâtres ‘qui
» s'étaient emparés des portails; cétalt le 6 Septembre. Son armée
… pénétra du côté des Guêpes. Brisbane surpris n eut que le temps dese retirer au fort Libre avec quelques centaines de soldats. Les républicans nus da plupart, au lieu de lui donner assaut vigoureusement , se mirent à piller la ville. Cependant à la pointe-du jour, il allait succomber, lorsqu'une frégate anglaise sortant du Môle entra dans le port, sembossa aussitôt visà-vis des Guëpes, et canonua sans relâche les républicains. Le lendemain arriva une autre frégate. Toussaint per-
- dant beaucoup de soldats, abandonna sa proie, et sortit de la ville avec un riche butin, accompagné de Morin qui dès lors s attacha à Sa fortune. Le colonel Dessources le poursuivit et lui tua quelques traineurs. Les trois cents hommes de couleur qui avaient pris les armes en faveur de la France, n'eurent pas l'énergie d'abandonner leurs propriétés pour suivre les républicains qui étaient dans les plus grandes privations ne se nourrissant que de maïs et d’oranges Sures. ls envoyèrent à Brisbane une adresse par laquelle ils le eur
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207 HISTOIRE D'HAITI.=—( 1704 5 pliaient de leur permettre de rentrer en ville. Le major anglais leu ace corda, leur, demande. Mais dès qu'ils se furent dispersés dans leurs maisons, il les fit désarmer, arrêter et enchaiñer à bord de trois bâ- 1 timens de guerre qui étaient dans la rade. Le lendemain, on en fit lusiller 20 des plus coupables, parmi lesquels on remarquait Boabon Hu-" gueville, Archin,; Laease, Couyo ete. etc. Les colons blancs de St, " Mare profitè sént de celte circonstance pour en faire périr un plus # grand nombre. Hs se transportèrent pendant une nuit obscure, à bord des trois havires de guerre, en firent descendre. soixante sur: . le rivage et les Lüèrent à coups de sabres et de baïonuettes: 4 Lapointe homune de couleur, en apprenant ce crime, vint à St-Mare « et s’en plaigait avee indignation au major Brisbane, lui disant queles« anciens libres en se livrant aux Anglais ; ne pensaient | vas qu'ils dus- » sentec trouver de houveau sous le joug des colons blanes. Le mal était 5 fait. Brisbane l'écouta; mais il ne poursuivit aucun des assassins. Il en- « voya même le reste des prisonniers à la dore où ils périrent 4 M plupart dans des ponions infects. Tel est. le sort de presque tous ceux -qui ;< en se. livrant à l'étranger, trahissent a patrie; 2x. Ji Lapointe se hâta de retourner à l'Arcahaie où conspiraient.les ré publicains qui ‘avaient été énanaéé par une femme de couleur. Les trois frères Leroux, Burette, Basquia, Prosper avaient résolu de-livreen le bourg à Toussaint Louverture. Toute la gendarmerie du. quartiers était dans la conspiration qui ‘devait éclater le lèndemain: du retour de Lapointe: Celui-ci ordonna aussitôt de rentrer au bourg au chevalier de Peste, colonel de la mihee ioyale cantonnée dans la montagne ; au Co- Jonel Layal commandant du Boucassin, et au capitaine Arthur Dubourg | commandant des Vases. Les troupes de ces trois officiers pénétrérent à l'Arcahaic. Elles tinrent en respect la gendarmerie, et arrêtèrent tous les conjurés. Lapointe qui venait de condamner le crime commis à St-Mare profila cependant de cette circonstance pour se défaire d un grand nombre desesennemis personnels: il en fit égorger trente à l'embarcadére du bourg: Les frères Leroux, Burette, Basquia , Prosper furent embarqués sur une régate qui appareilla pour le Port-Républicain; ils devaient être en. voyés dans les pontons de Fa Jamaïque. Lapointe lui-même monta sur. sun brick et fit voile aussi pour le Port-Républicain. H y avait à bord M du navire quatorze prisonniers, entre autres les nommés Mathurins Greffin, Pierre Lachimbo, Louis Petit, Rauz; :1l les fit égorger, et jeta leurs cadavres à la mer. e Toussaint ayant réuni aux Verrettes presque toutes les troupes de l Arts. bonite partit de ce bourg, et alla assièéger St-Marc. Quoique cette ville fut à protégée par le feu des bâtimens de geurre anglais ; ils empara du fort Bélair (5 Octobre) et établit une batterie sur le morne Diamant. LL 4 travailla lui-même avec ses soldats à y monter une pièce qui en tom- | bant lui écrasa plusieurs doigts, Ne pouvant plus diriger lui- même. los opérations , il en chargea Blanc Cassenave, Guy el Morin, etse retira, |