‹ Histoire d'Haiti (volume 3)Chapitre 40 sur 57 · TU & "A 7 E · texte numérisé non relu

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Ils eurent ensuite pour eux toutes sortes d’égarils. Rénéam et Fon« taine furent conduits à la Jamaïque. Pinchinat, Bonnet, Rey Delmas, Lachapelle, Garigou demeurèrent à bord du commodere. Ricket les” conduisit au Môle St-Nicolas et les livra à l'amiral Parker. Le générah Rigaud ayant appris qu'ils avaient été faits prisonniers fit de vainess tentatives pour les échanger. Sonthonax de son côté, voulant avoir Pinchinat en son pouvoir, s’adressa aussi à l'amiral Parker, pour les“ échanger. Il ne réussit pas mieux que Rigaud. Parker entoura particu= liôrement Pinchinat de toutes sortes de considérations , et s’opposa éner… giquement au projet qu'avaient conçu les colons du Môle, d’assassiners les captifs républicains. Il défendit de les envoyer dans les cachots des la ville. Les prisonniers demeurérent à bord des vaisseaux l’Indostan et l'Aventure, et mangèrent à la table des officiers. Peu de temps après* la frégatè le Suecès les conduisit en Angleterre. À leur arrivée ils furent mis sur un ponton à Spitheard près de Portsmouth. ÿ

La nomination de Laveaux au corps législatif fut une grande joie pour Toussaint Louverture qui ambitionnait, depuis quelque temps le commandement en chef des troupes de St-Domingue. Quant à La - veaux il fut satisfait de se débarrasser de l’administration dure et pénis ble de St-Domingue. Sonthonax ne perdait pas l'espoir de s'attacher” Toussaint Louverture; queiqu'il existât une certaine froideur entre lui et ce général, 1l lui promit le commandement en chef des troupes de Si-Domingue. Il ne voulut pas que les députés partissent pour France immédiatement ; il attendait la réponse du directoire à ses dépêches afin de leur donner des instructions selon les circonstances. Il forea la frégate l'Harmonie qui devait les transporter en Europe à appareil ler: ce navire sortit par un temps affreux et se perdit. Il disait ques si les dix-huit mois que devait durer la mission des délégués du directoi re, venalent à expirer sans qu'on reçût des nouvelles de France, I Raymond qui n'avait pas été nommé député dans le Nord, partirait.… et les élus du peuple de St.-Domingue se constitueraient en Assem blée, en attendant fa décision de la métropole, tant sur les événemens du Sud que sur tout te qui s'était passé dans la colonie. Si le dis recioire exéculif avait approuvé la conduite de Rigaud , Sonthonax eut. tenté, à travers tous les obstacles, de réaliser son projet de Consti tution coloniale. 11 eut rencontré des difficultés presque insurmontaæ bles, car Toussaint lui-même, malgré l'immense influence qu'il exerçait sur les masses, ne put mettre en pratique ce projet, qu'après une guerre longue et sanglante qui amena l’embarquement de Rigaud ; et la Gonstitution de 4801 qui suivit cet événement, fui la cause de l'expédition de Leclerc.

Cependant les députés déclarèrent que leur devoir les obligeait à al ler siéger au corps législatif. Sonthonax leur écrivit que la Raïlleuse et le brick la Mouche étaient à leur disposition. Boisrond le jeune ét Henri Guillaume Vergniaud, cousin du célébre conventionnel, avaient auss êté nommés députés. Mentor sedétermina à demeurer avec Sonthonax. Ce

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lui-ci déclara à la députation avant qu’elle eut appareillé, que la char« ge de commissaire civil le contraignait à rester à St. Domingue pour ÿcontinüer ses travaux. Quant au commissaire civil Giraud, honnète homme, de mœurs tranquilles , effrayé du projet de nivellement le Sonthonax et des malheurs qui pouvaient en résulter., 11 abandon na la colonie sans regret et retourna en France, quoiqu'il n’eût pas éié nommé député. :

M Pendant cet intervalle les généraux Pierre Michel et Léveillé combattaient avec succés les révoltés de la Grande Rivière, et les refouaient au sommet des plus ‘hautes montagnes. Malouba un de leurs Principaux chefs se soumit à la République, et entraîna avec lui “plus de 3,000 hommes. La division éclata alors parmi les révol{és: “es créoles noirs firent savoir au colonel Moyse que les africains s opposaient à leur soumission, et Îles assassinaient. Moyse, par les or< dres de Sonthonax, pénétra dans le quartier de la Grande Riviére, Culbuta les congos, et protégea l'entrée des créoles. sur le territoire républicain. ": ED |

Martial Besse et Chanlatte qui avaient été ‘délégués dans le Sud, par la commission civile, aprés l'affaire du 28 Août, étaient parvenus à calmer par leurs rapports l'animosité: qui existait entre Sonthonax et Rigaud. Bauvais avait aussi fait son rapport d'après les événenemens qui s'étaient passés sous ses yeux.

Mais une corvette arrivant de France dans les derniers jours de No- Nembre, apporta à la Commission civile des dépèches par lesquelles Moute la conduite de Sotithonax était approuvée. Le Directoire exécutif félicitait Toussaint Louverture de la conduite qu'il avait tenue dans l'affire du 30 Ventôse, en soutenant le gouverneur Laveaux contre Viilate, et le nommait général de division. Ge grade qu'avait déjà conféré Sonthonax à Toussaint se trouvait confirmé. Le Directoire envoya à ce “général un sabre magnifique et une superbe paire de pistolets, tra- Vaillés à la manufacture nationale de Versailles. La poignée du sabre portait cette inscription : Donné par le -Directoire exécutif de France au général divisionnaire Toussaint Louverture, en récompense de sa Conduite héroïque dans la journée du 80 Ventôse an 4. Les généraux Pierre Michel et Jean fierre Léveillé furent aussi récompenses “par l'envoi d'un sabre à chacun d'eux. Ces armes seront distribuées solen- “nellement à une cérémonie qui aura lieu le 9 Janvier 1797, sous Île “hom de fête des Victoires nationales. re …. D'après les dépèches qui “aient arrivées de France, la commission “civile déclara par un arrèté du 13 Frimaire an 5 (3 Décemhre 1796 } -que ses délégués , Rey, Leborgne de Boigne el Kerverseau , étaient >) l'abri de tout reproche , qu'elle était satisfaite de leur conduite age et modérée, que Îles accusations portées conire le général Desfourneaux étaient fausses et calomnieuses, qu'en attendant la décision de l'un et l'autre pouvoir , la commission.ne correspondrait plus qu avee

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