L'Saites Xe
SCHAÔÜUL (sSAÜL). 243
mamelon), trois hommes se rendant en pèlerinage à Beth-el te donneront deux pains. Tu entreras ensuite dans Guibeäth-Élohim (la colline d'Élohim), où tes yeux apercevront une troupe de nabis descendant du Bâmäâ, précédés de lyres, de tambourins, de flûtes, de kinnors (harpes), et des chants sur les lèvres; alors, sur toi aussi descendra l’esprit d’Iahvé, et avec eux tu feras le nabi, Tu seras alors changé en un autre homme. À Guilgal, où tu m’attendras sept jours, j ’aurai soin ensuite de te rejoindre. » Ce jour-là même, toutes les prédictions de Schemoubël, le .fils de Qisch les vit s’accomplir. Quand on lentendit chanter, à Gui- . beä, parmi les prophètes, les gens se dirent les uns aux autres :
Qu'est-il donc arrivé au fils de Qisch?
Schadul est-il aussi parmi les nabis ?
Voilà l’origine du vieux proverbe hébreu : « Schaôüul est-il aussi parmi les nabis ? » Le chant terminé, le fils de Qisch monta au bâmâ avec la troupe de prophètes.
Sur les montagnes, les Kenaanites, et après eux les Hébreux, dressaient les autels. C'était un souvenir des jours antiques, quand ces belles collines, d’où s’épanchent les eaux, étaient elles-mêmes adorées.
À son père, qui l'interrogea sur son voyage, Schaôul parla de Schemouël, mais sans lui rien dire de l’onction royale qu’il en avait reçue.
Ici se termine un morceau intercalé dans le Livre de Schemouël, et dont Schaôdul est le principal personnage.
Dans le récit suivant, écrit par une autre main, Schemouël reprend la première place. Il assemble le peuple à Mizpa, le range par tribus et par familles. Le sort va désigner à qui appartiendra la royauté en Israël. Ce fut sur la tribu de Beniamin, puis sur la famille de Matri, et enfin sur Schaôul, fils de Qisch, que le sort tomba. Maïs on n’apercevait pas le jeune homme. « Il est caché, leur dit Iahvé, parmi les ba-
gsges. » On l’amena au milieu du peuple, qu’il dominait de sa haute taille. Heureuse de contempler un si beau maître, la foule s’écria : « Vive le roi! »
Mécontent au milieu de l’allégresse générale, le vieux Schemouël marqua, devant le peuple, au nouveau roi, les limites de son pouvoir; après quoi, il reprit le chemin de Rama, et Schaôul celui de Guibeä (hauteur). Guibeäth-Schaôul est identifié avec Khirbet-el-Foul. La ville était installée sur une colline conique située à trente stades (s,550 mètres) d’Ierouschalaïm 1.
Ici se présente un épisode détaché de la vie de Schaôul. Iabesch de Guileäd était située près de l’Iabboq, le torrent frontière entre Gad et Guileäd. Assiégés par Nahasch, l’Ammonite, qui ne voulait leur accorder de capitulation qu’a la condition de leur crever à chacun l'œil droit, les habitants de cette ville envoyèrent des messagers vers les tribus cisjordaniques 2. Ceux-ci étant venus à Guibeäth-Schaôul, et ayant raconté leurs malheurs devant le peuple, tous élevèrent la voix et pleurèrent.
En ce moment, Schaôul, derrière ses bœufs, revenait des champs; ayant appris la désolation d’Iabesch, une grande colère ie saisit, et l’esprit d’'Elohim s’empara de tout son être. Il mit ses bœufs en pièces, et dans tout le territoire d’israël envoya des messagers avec ces mots : « Ainsi sera-t-il fait aux bœufs de quiconque ne suivra pas Schaôul et Schemouël. » Alors sur le peuple entier tomba la terreur d’Iahvé, et, comme un seul homme, tous se présentèrent pour la lutte à Bézeq.
Schaôüul put compter autour de lui cent mille hommes d’Israël et trente mille d’Iehouda 3. Le len-
r. Robinson, Biblical Researches in Palestina, t. I, p. $77- 79. — Guérin, Description de la Samarie, t. I, p. 187.