Nous ne pouvons admettre les trois cent mille hommes
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demain matin, il se précipita sur les Ammonites, dont il tua ou dispersa toutes les bandes. Dans son enthousiasme, Israël voulait mettre en pièces ceux qui s'étaient opposés à la royauté de Schaôul, « Personne ne sera mis à mort aujourd’hui, s’écria le jeune roi, car c’est le jour où Iahvé a sauvé Israël, Passons à Guilgal pour y renouveler la royauté. »
Là, dans le vieux bourg que la barque d’alliance avait tout d’abord habité et où vivaient encore, pour Israël, tant de saints souvenirs, le peuple, devant Iahvé, acclama de nouveau, comme son roi, le fils de Qisch. Des sacrifices, mêlés de fêtes et de danses, célébrèrent et la victoire d’Iabesch et la nouvelle royauté. Le vieux fleuve, l’Iardèn, unissait sa voix aux clameurs délirantes de la foule: Schaôul venait de le conquérir tout entier, avec ses deux rives, à la jeune royauté israélite. Ce jour-là, le vieux nabi Schemouël était vaincu.
Un fragment de la collection nous le dépeint se résignant du reste à son sort. Rien n’est plus touchant que la scène où il paraît, quittant le pouvoir et faisant ses adieux au peuplef : « Vous avez un roi; qu'il marche à votre tête! Pour moi, je suis vieux, j'ai blanchi... On m’a vu à votre tête, depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour. Devant Iahvé et son oint, rendez-moi justice. De qui ai-je pris le bœuf ou l'âne ? À qui ai-je fait tort ou violence? Qui m’a pu corrompre avec des présents ? » — Et le peuple répondit : « Tu n'as rien pris qui fût à personne, — Qu’Iahvé et son oint soient témoins ! dans ma main vous n'avez rien trouvé, » Le vieux nabi, en termes émus, leur rappela ensuite tout ce qu’ils devaient à Iahvé, les sauveurs qu'Élohim leur avait envoyés aux jours d'angoisse,
du texte; il doit y avoir ici une faute de copiste. Cent mille hommes d'Israël et trente mille d’Iehouda; voilà une proportion fort acceptable, Le scribe aura écrit schelosch (trois), - trompé par schelochim, 11 Sam, xtx.
Mais, vers la fin de son discours, Schemouël, tout en acceptant la royauté, déclare aux Hébreux qu’ils ont violé la loi mosaïque en réclamant un roi, « C’est, dit-il, l’époque de la moisson du froment: je ferai tonner et pleuvoir; et vous verrez que vous avez cominis une grande faute en demandant un autre roi qu’'Iahvé, » En effet, à l'horizon un orage parut, qui se déchaîna contre Israël. Cependant le prophète promit au peuple effrayé que, même sous la royauté, il ne mourrait pas, à condition qu’il observât toute la loi mosaïque.
Dans un autre fragment de la collection, le mécontentement de Schemouël fait explosion. Ionathan (Iahvé a donné), fils de Schaüul, ayant brisé une stèle des Pelischtim, ceux-ci rassemblèrent trente mille chars, six mille cavaliers, une masse d’archers, et vinrent camper sur la hauteur, à Mikmasch, en avant de Beth-Horon. En Israël, grande était la terreur; on se cachait dans les trous des rochers, dans les citernes. Un grand nombre d’'Hébreux même avaient passé l’Iardèn pour aller demander asile à leurs frères, les Guileädites. A Guilgal, Schaôul réunit les guerriers des tribus du sud. Dans tout ce récit, les Israélites du nord ne paraissent jamais. Avant l’arrivée de Schemouël qui se faisait attendre, le roi se permit d'offrir l’holocauste. A peine avait-il achevé cette cérémonie, que se présenta le vieux nabi. À la vue de l’holocauste immolé sans lui, sa colère éclata. Le roi eut beau lui dire : « Voyant que le peuple se débandait, j'ai pris sur moi d’immoler l’holocauste, » Schemouël lui jeta ces paroles menaçanties : « Tu as agi follement, ne respectant pas l’ordre d’ Iahvé, ton Élohim... ta royauté ne subsistera pas. lahvé a cherché un homme selon son cœur, qu’il a établi chef de son peuple. »
Mal armés, les Bené-Israël, sous la conduite de Schaôul et de son fils Ionathan, quittèrent Guilgal
1, 1 Sam., xu.
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pour se rendre à Guibeä. Les Pelischtim, campés à Mikmasch, dévastaient toute la contrée, Ils étaient. installés sur une hauteur presque inaccessible, où l’on voit aujourd’hui le village de Moukhmas. En bas est un ravin profond, l’ouad Soueinit, qui sépare cette rude colline d’une autre élévation, sans doute Guibeä, où campait Schaôul. Avec son écuyer, le brave Ionathan voulut surprendre, malgré les ordres du roi, un poste de Pelischtim qui gardait le défilé de Mikmasch 1, A lui seul, il étendit sur le sol vingt incirconcis, Du grenadier sous lequel il était placé, aux pentes de Guibeä, Schaôul vit l'alarme répandue dans le camp des Pelischtim. Il fit approcher la barque d’alliance, commise aux soins des prêtres, parmi lesquels le petit-fils d’'Eli, frère d’Ikabod, Ahiya (mon frère, c’est Jahvé), tenait le rang de cohène-hagadol. Après l’avoir consultée, il s’élança contre les Pelischtim, saisis de panique, et dont les gens d’Israël, cachés dans les cavernes, harcelèrent la fuite précipitée,
Les Benê-Israël étaient épuisés de fatigue et de faim. Mais Schaôul avait dit : « Maudit soit qui mange avant le soir! » Dans un bois, ses hommes affamés virent du miel coulant des arbres, mais n’en goûtèrent pas. Cependant Ionathan, qui n'avait pas entendu la défense de son père, revenait au camp après son, exploit. Il apercut le miel délicieux, et,au bout de son bâton, en prit un peu pour le manger, ce qui lui rendit toutes ses forces. Ayant appris les ordres absolus de son père, il se prit à les regretter tout haut : « Si la troupe s'était réconfortée par un peu de nourriture, la déroute des Pelischtim ne serait-elle pas bien plus grandeP »
De Mikmasch à Aïalon, Israël poursuivit les incirconcis. Mourant de faim, les Hébreux égorgèrent les animaux qu’ils purent trouver, et les mangèrent avec le sang. Plein de crainte, Schaôul s’écria en l’appre-
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