‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 243 sur 244 · Smith traduit · texte numérisé non relu

Smith traduit

A douze (mesures), surgit le continent.

Mais le continent ne surgit pas. Les douze sé sont les douze maisons de l’horizon, que nous retrouvons encore dans l’astrologie moderne : l’auteur anglais a fait un mot ifela, de ité et la, point. Mais les lignes suivantes de la version de Smith sont, sauf quelques incorrections grammaticales, irréprochables, et c’est pour insister sur ce fait que nous avons corrigé cette erreur parmi tant d’autres, Le récit concernant les oiseaux lui appartient. Puisque nous avons donné le commencement de la version de Smith, nous en donnons la fin, que nous traduisons scrupuleusement :

Il prit ma main et me fit lever, Il me fit lever et amener ma femme à mes côtes, Il purifia le pays, fit un contrat et prit le peuple, Dans la présence de Hasisadra et le peuple.

Lorsque Hasisadra, et sa femme, et le peuple furent emmenés [pour être égaux aux dieux.

Alors Hasisadra demeura dans une place éloignée, à l’embou- ; | [chure des fleuves.

Ils me prirent, et ils me mirent dans une place éloignée, à lem- [bouchure des fleuves.

Quant à toi que les dieux ont aussi choisi, Pour la santé que tu cherches e! demandes, Fais cela six jours et sept nuits, Cornme dans un siège aussi par les contrats lie-le. Le chemin, comme un orage, sera mis sur lui.

L'analyse du texte et le bon sens ne recommandent pas cette version. Ainsi, Smithaurait certes vu, à une revision quel-

Le troisième jour, le quatrième, le mont Nizir fit de

| [même.

Le cinquième jour, le sixième jour, le mont Nizir fit Le septième jour, quand il s’approcha, [de même.

Je fis sortir et je làchai une colombe; La colombe s’en alla et revint.

Elle n’avait pas trouvé d’abri et s’en était retournée. Je fis sortir et je lÂchai une hirondelle; L’hirondelle s’en alla et revint.

Elle n’avait pas trouvé d’abri et s’en était retournée. Je fis sortir et je lâchai un corbeau; Le corbeau s’en alla et vit les cadavres dans la mer; Il mangea, nagea, s’éloigna et ne revint plus. Je fis sortir un agneau, et je sacrifiai aux quatre vents. Je fis un feu expiatoire sur la crête des montagnes. Sept par sept, j’amoncelai des jars vides, Dans le fond j’amassai des roseaux, du cèdre et du Les dieux flairèrent cette odeur, [cyprès.

Les dieux flairèrent cette bonne odeur.

Les dieux, comme des mouches, s’amassèrent auprès [du maitre des sacrifices! ; Alors la grande déesse, à son arrivée, Enleva les grandes amulettes que le dieu Anu avait [faites, selon le désir (des dieux).

O dieux, ceux-ci sont vraiment comme les albâtres de [mon collier, je ne les oublierai pas!

conque, que le nom de Hasisadra, trouvé trois fois de suite, . est mis dans la bouche du dieu, revenu de sa surprise et de son courroux : il aurait réformé tout ce passage de sa traduction première, et il se serait conformé aux exigencés du texte original relativement lucide et au surplus complet. Ces texteslà sont souvent incommodes; il faut les interprétèr comme ils sont : c’est nne tâche quelquefois plus difficile à résoudre que ne l’est celle qui consiste purement À faire des hypothèses de restauration sur des passages que l’on n’a plus en entier,

et où un vaste champ est ouvert à l'imagination. 1. C'est-à-dire moi,

Colonne IF,

« © dieux, ceux-là je les aime, et je ne les oublierai [jamais 1.

«#4 Que tous les dieux veuillent approcher du feu ex- [piatoire,

« Mais que Bel-El n’approche pas du feu expiatoire,

« Car il ne s’est pas maîtrisé et a produit le déluge,

« Et il a parqué les hommes dans une arche.»

Alors Bel-El, quand il approcha,

Vit le navire; il resta stupéfait,

11 s’emplit de colère contre les dieux cinq et deux ?,

« Personne qui respire ne sortira,

« L'homme qui est dans cette arche ne vivra pas! »

Ninip ouvrit sa bouche et dit,

Et parla ainsi au héros Bel-El :

« Personne, si ce n’est Kin, n’a dévoilé le dessein,

« Car Kin le connaissait, et il connaît tout. »

Kin ouvrit sa bouche et dit,

Et parla ainsi au héros Bel-El :

« © toi, purificateur des dieux, héros,

« Puisque tu ne t'es pas maîtrisé, tu as fait le déluge,

« Le pécheur a expié son péché,

« Le méchant a expié son forfait.

« Mais le crime n’est pas exterminé, le mal n’est pas

« Pourquoi as-tu fait le déluge? [détruit.

« Des lions auraient dû surgir pour décimer les « Pourquoi as-tu fait le déluge? [hommes.

« Des léopards auraient dû surgir pour décimer les « Pourquoi as-tu fait le déluge ? [hommes.

« Une famine aurait pu exister et dépeupler la terre. « Pourquoi as-tu fait le déluge ?

« La guerre aurait pu surgir et détruire les hommes.

1. Nous ne connaissons pas le mythe qui se rattache à ces paroles. Les mots « ceux-là » désignent les hommes survivants. 2. Les sept dieux qui président aux planètes,

« Ce n’est pas moi qui ai révélé les secrets des grands [dieux.

« Adrahasis s’est interprété un songe et a compris le [secret des grands dieux, »

Depuis ce moment, Bel-El maîtrisa sa colère, Et il monta au milieu du navire; Il saisit mes mains et me souleva; Il fit lever et éblouit la femme de mes côtés: Il se tourna vers nous et disparut, en nous frôlant de [très près 1 « Jusqu'à maintenant, Adrahasis a été un homme pé- [rissable ; « Dorénavant, Adrahasis et sa femme vivront comme [nous autres dieux.

« Et Adrahasis demeurera au lointain, à l'embouchure [des fleuves! »

Il me saisit et me plaça à l’embouchure des fleuves, Désormais, toi, quiconque des dieux t’a pris pour La vie que tu cherches, tu l’as trouvée. [compagnon, Seulement je laisserai passer six jours et sept nuits. Mais alors comme une liasse de flèches reliées sera sa force (de la vie), Et les années de l’âge passeront sur elle, chassées par le [souffle comme un nuage.

Ce qui suit, après cette allocution, adressée à Istubar, est étranger au récit du déluge même. La narration continue en parlant du conseil qu'Adrahasis tient avec sa femme pour purifier le héros de l'épopée et pour le guérir de sa maladie, A yant recouvré sa santé, Istubar monte sur son navire, conduit par le timonier Uriel, et retourne à Uruk, ville de sa résidence.

Le récit du déluge offre quelques comparaisons avec celui présenté dans la Genèse, mais il lui manque le côté moral. On ne se rend pas suffisamment compte de la raison d’être de cette catastrophe ; le développe-

1, Littéralement : ad Jatus nostrum attigit nos.

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ment et la péripétie montrent plutôt une sorte d’animosité mutuelle des dieux entre eux qu'un courroux justifié contre l’humanité., Ce n’est pas le dieu qui est cause du déluge qui prévient l’innocent, le Noé babylonien : c’est l’antagoniste du destracteur qui joue à cette divinité le tour de prévenir la victime du désastre projeté. En somme, en dehors de la construction de l'arche, il n’y a que le récit de la fin du déluge et les détails relatifs aux oiseaux làchés par Xisuthrus qui rappellent la narration mosaïque. Nous sommes très heureux d’ avoir, à défaut d’autres textes, au moins ce document assyrien, qui, en sa qualité d’épisode d’un grand poème, ne devait exposer que les grands traits de la catastrophe, sans s'arrêter aux détails si curieux que les chronographes grecs nous ont transmis au sujet du cataclysme chaldéen.

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