‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 38 sur 244 · Gen., xL · texte numérisé non relu

Gen., xL

2. Le Conte du prince prédestiné, traduit par M. Maspero. (Journal asiatique, 1876-1877.)

d'Égypte, ne pouvant éclairer le Fils du soleil, ni calmer son inquiétude, le chef des échansons lui parla d’Ioseph et de la façon dont il avait autrefois interprété son rêve avec celui du panetier. Appelé par le roi, le jeune Hébreu, après s’être rasé, selon la mode égyptienne, comparut devant Sa Majesté. Quand il eut connu les deux songes, Ioseph les interpréta. « Tous les deux n’en font qu’un, dit-il: les sept belles vaches et les sept bons épis désignent sept années d’abondance; mais les vaches maigres et laides et les sept épis légers et desséchés par le vent du midi marquent sept années de famine, qui succéderont. Que Sa Majesté prenne un homme avisé et sage pour amasser, pendant les bonnes années, des monceaux

de vivres, afin que le pays ne soit pas tranché

par la famine! »

Le Per-aa choisit Ioseph lui-même pour exécuter ce qu’il proposait : il le fit intendant de sa maisonet le premier du royaume après lui?. Il lui passa au doigt son anneau, le revêtit de fin lin, et lui mit au cou la décoration du collier d’or 8. Il le fit monter sur son second char, et on cria devant lui: «Sen-to! » (prosternement, respiration de la terre.)

En changeant de position, Ioseph changea de nom: le Per-aa l’appela Zaphnath Panéah, et lui fit épouser

1. Les Égyptiens se rasaient les cheveux et la barbe, Ils se représentent leurs dieux semblables à eux. « O ces dieux qui êtes en perruque, » lit-on dans le xxx® chapitre du Livre des morts.

2. Sur les fonctions d’un premier ministre en Égypte, voir le tombeau d’Ena, E. de Rougé, Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manithon.

3. E. Ledrain, La Stéle du collier d’or. Sur un monument du Louvre, Séti Ier est représenté à un balcon d’où il préside à la remise du collier d'or à Horkhem, son chef du gynécée; il lui fait un petit discours auquel répond le récipiendaire.

1AQOB. — IOSEPH, SI

Asnath (le siège d’Isis) ; elle était fille de Pe-dou-phra, prêtre d’On (Héliopolis).

Pendant que le nouveau ministre entassait dans les greniers des provisions contre la famine, il lui naquit d’Asnath deux fils, Menasché et Ephraïm,.

Aux sept années d’abondance succédèrent sept années de disette, qui s’abattirent sur Mizraïm et sur tous les pays voisins. De tous côtés, on accourut vers les greniers où Ioseph avait entassé du blé.

laqgob, dans la terre de Kenaan, voyant ses provisions épuisées, envoya en Mizraïm ses fils, à l’exception de Benjamin 1. Arrivés dans le pays de Kem ?, ils se présentèrent devant Ioseph, l’entretinrent de leur famille, du jeune enfant qu’ils avaient laissé avec leur père, de celui qui n’était plus. Ioseph reconnut ses frères, mais feignit de voir en eux des espions; et, sous prétexte de savoir si leur récit était sincère, il leur enjoignit d’aller chercher Beniamin, tout en laissant, en Mizraïm, l’un d’entre eux pour otage. Comme ils refusaient, il les fit mettre en prison pendant trois jours. Après ce temps, il leur dit: « Faites ce que je vous ai ordonné, et vous vivrez. »

Délibérantentre eux, ilsse reprochaient d'avoir vu l’angoisse d’Ioseph et de n’y avoir pas compati: « Lorsqu'il nous suppliait, nous ne l’avons pas écouté. » Ioseph, qui avait un interprète, les comprenait; il se détourna un peu, et pleura. Puis, comme ils consentaient à son dessein, il choisit pour otage Schimeôün, et le lia en leur présence. Il fit remplir de blé leurs sacs et y déposa en cachette l’argent qu’ils lui avaient donné.Quand ils s’en aperçurent, le long du chemin, leur cœur défaillit.

De retour auprès d’Iaqgob, ils lui dirent ce qui s'était passé et pourquoi Schimeün n’était point avec eux, lagob se résigna difficilement au départ de Beniamin, « Fais mourir mes deux enfants, lui dit Reôu-

1, Gen., xLII.

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