Gen., XXXVIII
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laisser d’enfants. Sa veuve fut mariée à Onan, qui prit des précautions pour ne pas donner de postérité à son frère; Iahvé aussi le frappa. Tout jeune, Schéla ne pouvait servir d’époux à Thamar, qui, en attendant qu’il eût grandi, se retira dans la maison de son père. Quelque temps après expira la fille de Schoua.
Le temps du deuil accompli, comme Iehouda se rendait à la tonte de ses brebis, à Timna, dans la montagne d’Iehouda, il aperçut, couverte de voiles, dans le chemin, une femme qui avait toute l'attitude d’une courtisane. C'était sans doute le soir, dans les premières ombres de la nuit. Ne reconnaissant pas, sous ce déguisement, Thamar, la femme de ses fils, il lui dit : « Permets-moi d’aller vers toi. — Que me donneras-tu? lui répondit-elle. — Je t’enverrai un chevreau. — En attendant, remets-moi un gage. » Il lui donna sa bague, son collier et son bâton. Par un de ses bergers, il envoya plus tard un chevreau à la prostituée; mais le pasteur ne put retrouver la femme, Personne n'avait vu jamais de courtisane sur le chemin.
Cependant, quelque temps après, on dit à Iehouda: « Ta belle-fille à fait œuvre de zenona (prostituée) : sa grossesse paraît. — Amenez-la pour qu’on la brûle! » s’écria Iehouda. Conduite devant son beaupère pour subir sa peine, Thamar lui dit : « C’est de l’homme à qui appartiennent ces objets que j'ai conçu. Vois de qui viennent cette bague, ce bracelet et ce bâton. — Elle est plus juste que moi, dit Iehouda, parce que je ne l'ai pas donnée à Schéla, mon fils. » Thamar, de son beau-père, enfanta deux jumeaux, Pérez et Zéra.
Cependant, dans la maison de Pe-dou-phra, Ioseph remplissait une charge qui correspondait probablement à celle de scribe et l’obligeait à prendre soin de toutes choses 1, Tout prospérait sous son admi-
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nistration. Mais un accident imprévu vint troubler sa vie. Ioseph était fort beau de visage. Sans cesse sollicité par la femme de Pe-dou-phra, il avait toujours déclaré qu’il ne pouvait trahir la confiance de son maître. Un jour qu’elle était seule dans la maison avec Joseph, la femme recommença ses supplications. Elle le saisit même par son manteau; mais Ioseph s'enfuit, le lui laissant dans la main, Pour se venger, elle montra le vêtement aux gens de la maison et à son mari, en disant : « Le serviteur hébreu est venu vers moi, celui que tu nous as amené, pour se jouer de moi. »
Pe-dou-phra fit jeter Ioseph dans la prison où le roi enfermait ceux qu’il voulait punir. C'était a Tanis, la capitale des rois pasteurs, que se trouvait le roi, ainsi que Pe-dou-phra et Ioseph. Le chef du lieu de détention, plein de confiance en Ioseph, lui remit le soin de veiller sur les autres captifs. La, pendant quelque temps, le roi envoya, pour les punir, son panetier et son échanson (le scribe du blé et le scribe du vin)f, Ils eurent chacun un songe. Le matin, Joseph les vit tristes; et la cause de leur chagrin, c'était qu’ils avaient eu un rêve et que personne n'était là pour le leur interpréter.
Le chef des échansons raconta le sien à Ioseph : « Dans mon sommeil, voici qu’un cep parut devant moi, et il avait trois sarments; il s’épanouit, la fleur monta, et des grappes commencèrent à mûrir; dans ma main était la coupe du Per-aa, et je prenais des raisins pour en exprimer le jus dans la coupe, que je donnai ensuite au Per-aa. — Les trois sarments, dit Joseph, sont trois jours, après lesquels le Per-aa relèvera ta tête. Tu lui mettras alors la coupe dans la main, comme tu faisais auparavant. Puissés-tu te souvenir de moi quand tu seras heureux! »
Plein d'espoir, après cette interprétation, le panetier
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voulut aussi raconter le songe qu’il avait fait : « J'avais sur la tête trois corbeilles tressées, et, dans la plus haute, toutes sortes de mets qu’un oïiseau dévorait. — Les trois corbeilles, dit encore Ioseph, signifient trois jours; quand ils seront écoulés, le Per-aa t’enlèvera la tête et te suspendra à un arbre, et l’oiseau mangera ta chair. »
Trois jours après, au festin donné pour célébrer son jour natal, le Per-aa se souvint de l’échanson et du panetier. Mais, tandis que le premier était définitivement rétabli dans ses fonctions, l’autre, selon l’ordre royal, fut pendu. Cependant le sar des échansons oublia Ioseph.
Deux ans après, le Per-aa eut un songe 1: il apersut, pendant son sommeil, sept vaches grasses, belles à voir, qui montaient du fleuve et qui se mirent à paître sur la rive, Mais voici que sortirent aussi sept vaches maigres, laides à voir, qui dévorèrent les sept vaches grasses. À ce point de son rêve, le Per-aa se réveilla. S’étant rendormi, il vit sept épis, très nourris, sortant du même tuyau. Sept épis maigres, desséchés par le vent du midi, parurent ensuite, et les dévorèrent. Le matin, le Per-aa, fort inquiet, manda les sages de V'Égypte pour lui donner le sens de ces deux songes. Aucun ne le put satisfaire,
Dansle Conte du Prince prédestiné?, sept Hathors paraissent à la naissance d’un jeune prince pour lui annoncer sa destinée. Les sept fées qui prennent le nom d’Hathor pouvaient bien aussi prendre la forme de vache, tout naturellement donnée en Egypte à la grande nourrice, à la mère divine. C’est peut-être comme Hathors et comme fées, aussi bien que comme symboles d’abondance et de disette ,queles sepi vaches grasses et les sept vaches maigres apparaisse nt dans le songe du Per-aa.
Personne, ni parmi les sages ni parmi les magiciens