‹ Histoire d'Israel (volume 2)Chapitre 59 sur 244 · L’INVASION · texte numérisé non relu

L’INVASION

les séraphim ou serpents brülants. Les Hébreux, effrayés, supplièrent leur chef de les délivrer de ce fléau. Mosché fit élever un séraph d’airain. Chaque fois qu'un Israélite piqué par les serpents le regardait, il était guéri. — A l’ouest de la Palestine, à Egron, Baal-Zeboub (dieu-mouche) avait pour mission: de protéger contre la piqûre des moustiques : des scarabées, représentant une mouche et ayant la valeur d’amulettes, étaient censés mettre à l'abri, par la vertu de Baal-Zeboub, de ces insectes nombreux et redoutables. Dans certains endroits hantés par les reptiles, il y avait le dieu-serpent Nehouschtan (l’airain), à qui était attribuée la mission de protéger contre les serpents. Il est infiniment probable que des talismans, représentant des séraphim et se rattachant au culte du dieu, étaient considérés comme ayant la vertu de prévenir ou de guérir les plaies causées par les serpents. Mosché, l’homme d’ Élohim, donna en réalité au séraph d’airain la puissance qu’on lui attribuait, mais qu’il n’avait pas. Sur un bas-relief assyrien de Kouyoundjik, on offre un sacrifice, dans le camp de Sin-akha-érib (Sennachérib), à deux serpents cornus î,

Les Benê-Israël campèrent à Oboth, puis à lié- Abarim, dans le désert en face de Moab; de là ils se rendirent dans l’Ouad-Zared (la vallée du saule). Ouad-Zared est peut-être Ouad-Aïn-Féranji, au sud de Kérak. De Zared ils partent et vont camper sur la rive gauche de l’Arnon, limite entre Moab et le pays des Emorites. Là, les Bené-Israël entonnèrent le chant de l’Arnon et le chant du puits, conservés autrefois dans le Livre des guerres d’Iahvé.

Du désert les Hébreux vinrent à Mattanah; de Mattanah, à Nahali-El (l’ouad de Dieu); de Nahali-El, à Ramoth; et de Ramoth, dans l’ouad qui est dans le Pisga. Il est difficile d’identifier toutes ces stations

1. Voir Gazetle archéologique, 1878, p. 38-40, note signée Mansell, en réponse à celle signée E. Ledrain. “ 12

avec des localités connues. Cependant le plan des Israélites apparaît clairement. Ils marchent sur Ouad- Heschbon avec la pensée de descendre vers la plaine est d’Ieriho.

Moab leur avait refusé, ainsiqu’Edom, le passage sur son territoire ; peut-être l’Emorite serait-il plus facile. On seréservait, du reste, s’il ne voulait pas céder, de prendre non seulement le passage sur ses terres, mais ses terres elles-mêmes pour y camper. Le gras pays qu’occupait alors l’Emorite, il l'avait conquis sur Moab; mais probablement, après la conquête, il avait joui délicieusement de cette riche contrée et s’y était amolli. Aujourd’hui encore, malgré la paresse des habitants, la colline qui porte les grandes ruines en pierre calcaire de l'antique Heschbon nage au milieu de flots de blé. Le roi qui régnait dans le pays était alors Sihon (celui qui renverse). Aux messagers de Mosché, il répondit, comme le roi d'Édom, en allant en armes avec tout son peuple à la rencontre des Benë-Israël. Près d’Iaza, Israël frappa l’'Émorite ; après quoi il F FHBBTA du pays depuis l’Arnon jusqu a d Jabboq, c’est-à-dire depuis l’'Ouad-Modjib actuel jusqu’à l’'Ouad-Zerka. Maintenant la route convoitée de Heschbon est ouverte aux Benê-Israël. Ils descendirent des montagnes d’Abarim, à l’est du Nebo, et campèrent dans la large plaine de Moab, en face d’Ieriho, occupant tout l’espace compris entre Beth-Iesimoth et Abel-Schittim.

En deça de l’Iabboq, il y avait une tribu de même race que les Emorites, la tribu d’Iaéser. Ils conquirent son territoire. Plus loin, au nord, s’étendait la plaine avec la montagne boisée de Baschan, dont Og était roi. Les Benê-Israël s'emparèrent encore de cette belle contrée. Battu près d’Edréi, sa capitale, Og leur laissa libre le chemin du nord, où s’étalait une terre couverte de riches pâturages. Les Hébreux, sur la

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