Nomb., xxt
règles poétiques. Mais dans les monuments égyptiens, fruits d’une civilisation déjà mûre, on chercherait vainement les naïvetés charmantes, la grâce enfantine, quelquefois mêlée de malice et d’ironie, dont les premières chansons d’Israël offrent un modèle achevé.
Cette ville de Sihon, dont les Israélites ont célébré l'incendie et la reconstruction, ne peut être, malgré sa richesse et sa beauté, leur séjour définitif. C’est de l’autre côté de l’Iardèn, sur sa rive droite, qu'ils se doivent fixer.
Les tribus de Gad et de Reüubèn, avec une partie de Menasché, voulurent toutefois rester dans le pays conquis, parce qu’il avait de beaux pâturages où elles pourraient mener leurs brebis, leurs chèvres, leurs bœufs et leurs chameaux. Peut-être ces tribusallaient-elles essayer de se faire une existence à part. Leur résolution fut, pour Mosché, une cause de chagrin ; maistous promirent d’aider leurs frères dans l’œuvre de la conquête. Le pays où ils s’installèrent s’appela le pays de l’autre côté(Eber-ha- Iardèn). En réalité, cette séparation affaiblit Israël.
La tribu de Reôubèn s’étendait de l’Arnon jusqu’à Heschbon, avec Iazer pour ville principale
Gad, au nord de Reôubèn, allait depuis Heschbon. jusqu’à l’Iabbog; il avait la moitié de la montagne de Guileäd (un rejeton de l’Hermon comme toutes les montagnes d’au dela) et la vallée qui se termine aw lac de Kinnereth (Génésareth); ses villes principales étaient Ramoth-Guileäd et Mahanaïm.
Aux Menaschites ou Guileädites revinrent la moitié nord de la montagne de Guileäd, ainsi que les vallées fertiles et la montagne de Baschan, aux merveilleuses forêts de chênes. La partie de Menasché établie de VPautre côté de l’Iardèn prit le nom de Guiieäd, un des petits-fils du père de la tribu.
1. M. J. Derenbourg croit à une certaine existence de la rime dans les poésies hébraïques. (Inscription de Carthage sur les offrandes des prémisses, p. 18.)