LA CONQUÊTE
rent, et que les Kenaanites, occupés à poursuivre les Benê-Israël, purent apercevoir les flammes qui s’élevaient de leur bourg. Leur stupeur fut profonde, et les bandes d'Israël reformées n’eurent pas de peine à les vaincre. On passa tout, dans Aï, au fil de l'épée; à une potence, aux portes de la ville, on pendit le roi; et Aï devint un amas de ruines. Le butin fut partagé entre les Israélites. Sur la colline d’Ebal, Ioschoua, plus tard, éleva un autel à Iahvé, et lut au peuple assemblé la loi de Mosché. Beth-el et Aï étaient situées au nord-ouest d’Ieriho.
Non loin de la ville de la lune, mais au sud-ouest, s’étendait Guibeôn (la colline), qui fut prise de terreur en apprenant la destinée de ses voisines !. Elle avait pu contempler l'incendie d’Ieriho, ce qui ne l’encouragea pas à entrer dans la ligue des petits rois kenaanites contre Israël. Par ruse, les Guibeünites essayèrent de se faire accepter dans l’alliance d’Ioschoua, Après le massacre d'Aï, celui-ci s'était retiré à Guilgal, où il avait installé son camp, sur le bord de.l’Iardèn. Il vit approcher des hommes couverts de vêtements usés, avec des outres de vin déchirées, Les sacs des ânes qu’ils montaient, étaient dans le plus mauvais état. S’imaginant avoir devant lui des hommes venus de loin, il s’engagea par serment dans leur alliance. Trois jours après, les Israélites surent que leurs nouveaux alliés étaient du voisinage ; malgré les murmures du peuple, les chefs d’Israël refusèrent de livrer Guibeôn, et les petites villes qui en dépendaient, au pillage et à l’incendie. Seulement ils firent des Guibeônites des coupeurs de bois et des porteurs d’eau pour l'autel d’Iahvé. |
Le roi d’Iébous (plus tard Jérusalem), ville un peu au nord de Guibeôn, Adoni-Zédek (Adonis est juste), était à la tête de la confédération des Kenaanites contre Ioschoua, Très irrité de la soumission des Guibeônites,
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il voulut les en châtier 1, convoqua les rois d’Yarmouk (Khirbet-Yarmouk), de ’Hébron, de Lakis, d’Eglon, et alla mettre avec eux le siège "devant Guibeôn. foschoua, prévenu, partit la nuit de Guilgal et parut, le lendemain, devant les rois confédérés. La bataille se livra dans la vallée, au nord d’Aïalon {Yalo actuelle), sur les limites d’Iehouda, de Beniamin et de Dan. D’après le livre poétique d’Iaschar, écrit après David, et dont l’auteur du livre d’Ioschoua invoque le témoignage, le soleil suspendit sa course pour permettre aux Benê-Israël d'achever la défaite des ennemis. Dans la lutte, Ioschoua, empruntant les paroles d’un vieux poème, avait adressé une invocation au soleil et a la lune :
O soleil, arréle-toi sur Guibeün,
Et toi, lune, sur la vallée d’Aialon ; Eï le soleil s’arréta,
Et la lune se tint...
Sans doute Iahvé fit luire ce jour-là, pour son peuple, un long crépuscule.
Les cinq rois confédérés, poursuivis par Ioschoua, se réfugièrent dans une caverne, à Makéda (peut-être Khirbet-el-Merkez), ville située entre lébous et Eglon; mais l’Hébreu les en tira pour les pendre à à des arbres, où ils demeurèrent attachés jusqu’au soir.
Quant à la petite cité de Makéda, qui avait favorisé les villes voisines, Ioschoua la prit, en massacra les habitants, et condamna son roi au même supplice que le roi d’Ileriho. Libna, qui était sur le chemin de Makéda à Lakis et à Eglon, ne fut pas davantage épargnée. Lakis aujourd” hui Khirbet-oumm-el-Lakis) et Eglon (aujourd'hui :Adjlan dans la Scheféla), loschoua les détruisit de fond en comble.
Il marcha ensuite contre la vieille ville de Hébron,
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aux belles vignes, qui fu prise, et dont les habitants furent exterminés jusqu’au dernier, Debir, un peu au sud-ouest de Hébron, eut le même sort. A tous les rois, Ioschoua faisait subir les mêmes tortures qu’à celui d’Ieriho, dont le supplice semble avoir servi comme de modèle pour celui de tous les princes kenaanites. Une grande partie des villes de la Palestine, à partir de Guibeôn, furent ainsi conquises et traitées par les Bené-Israël,. :
A cette époque, la prépondérance paraît avoir appartenu à Ioseph, partagé en deux branches, Ephraïm et Menasché, C'était d’Ioseph, du reste, que sortait Ioschoua, le chef du peuple. Aussi la belliqueuse tribu commence-t-elle par se faire la part du lion dans le territoire kananéen. Elle prend la partie montagneuse, très riche en sources et fertile, qui est au centre du pays. À Ephraïm, le privilégié, revient le district au nord et au sud de Schekem , qui compte un grand nombre de hauteurs et de vallées. Schekem, ancienne capitale des Hivites, devint le centre de leur puissance, De tous côtés, le Garizim et l’Ébal apportent les eaux à la belle vallée qui les relie, et où était assise la ville d’Ioseph. " Mais Ephraïm et Menasché ne se contentèrent pas de cettet région fertile, qui prit le nom de montagne d’Ephraïm, Sans doute le chef sorti du milieu d’eux ne refuserait pas leurs demandes, Ils se plaignirent de l’insuffisance de leur territoire : ce qu’il leur fallait, c'était la belle et féconde plaine qui se déroule pendant plusiéurs heures au nord de la montagne d’Ephraïm ?. « Puisque tu es un peuple nombreux, et que la montagne d’Ephraïm est étroite pour toi, répondit Ioschoua à l’ambitieuse tribu, monte vers la forêt, et occupe-la (cette forêt) dans le pays des Perizites et des Rephaïm. » Ainsi,aux exigences des Joséphites, Ioschoua répond en leur proposant, non sans une certaine ironie, la mon-