‹ Histoire d'IsraelChapitre 123 sur 311 · Josèphe, Antig. jud., lib. XIII, €. VII · texte numérisé non relu

Josèphe, Antig. jud., lib. XIII, €. VII

Mais, pris de pitié pour sa mère, Iohanan n’osait ainsi la sacrifier. Conduit avec mollesse, le siège n’eut aucun résultat, et fut arrêté par l’année sabbatique, où les Juifs ont l'habitude de se reposer. «

Délivré d’Iohanan, Ptolémaios en égorgea la mère et les frères. Après quoi il s’enfuit près de Zénon Kotylas, dans cette ville antique de Rabbath-Ammon, qui avait reçu le nom grec de Philadelphia.

Complice de Ptolémaios, Antiokhos VII se rendit devant Ierouschalaïm, dont il entreprit l’investissement. Long fut le siège, grâce au courage d’Iohanan. Pour le prolonger, il eut même recours à un de ces moyens qui peuvent passer à la fois pour de la férocité ou pour de l’héroïsme. Il jeta une foule inutile hors de la ville, sous les coùups de Ptolémaios.

La fête des Soukkoth survenant, Iohanan demanda, pour la célébrer, un armistice de sept jours. Antiokhos, désirant peut-être s'assurer désormais l’amitié d’un petit peuple aussi vaillant, non seulement accorda tout à Iohanan, mais envoya , pour les sacrifier à: lahvé, des taureaux à cornes dorées, et des coupes d’or et d'argent, pleines de toutes sortes de parfums. Touchés de tant de respect pour Ilahvé et sa Thora, les Juifs donnèrent à Antiokhos VII le surnom d’Eusébès (le pieux).

Iohanan résolut de traiter avec lui pour une paix définitive. Antiochos VII y mit cette condition qu'il payerait un tribut pour Ioppé et les villes situées en dehors de la Judée. À cette clause se soumit le Juif, mais il ne voulut pas consentir à ce qu’on établit dans ces cités non plus que dans Ierouschalaïm, des garnisons syriennes. "En échange il dut donner des otages, parmi lesquels son propre fils, et $soo talents.

Les créneaux des murailles d Ierouschalaïm tombèrent, après quoi Antiokhos reprit le chemin du nord.

Pour payer une partie de la somme due au roi de Syrie, Iohanan fit ouvrir le tombeau de David, d’où il tira la valeur de 3000 kikars (talents) d'argent. Cela lui permit encore de lever une armée de merce-

IOHANAN HYRKANOS I. I9I

naires. Antiokhos VII l’étant venu trouver dans Ierouschalaïm, il lui fit une splendide réception.

Ce n’était pas gratuitement que le roi d’Antiokhéias avait accordé la paix au haschmonide. Il comptait sur lui pour l’aider dans une expédition contre Arsacès, roi des Parthes. Ce fut en se distinguantavec Antiokhos VII en Hyrkanie que Iohanan gagna son surnom de Hyrkanos. Démétrios, frère du roi de Syrie, fut délivré de sa captivité chez les Parthes.

Antiokhos VII mourut en 128, laissant pour lui succéder son frère Démétrios II. Pervers, odieux aux Syriens, celui-ci n’eut pas le loisir de mettre à exécution ses projets haineux contre Hyrkanos et les Juifs. Ses sujets supplièrent le roi d'Egypte, Ptolémaios Physkon, de leur envoyer un autre roi, mais un Séleucide. À la tête d’une armée, Ptolémaios fit partir pour la Syrie un certain Alexander, qu’il essaya de faire passer pour un fils d’Alexander Bala, mais qui était réellement né d’un marchand d'Alexandrie, nommé Protarkhos. On l’appela Alexander II Zébina (le vendu).

L’'ennemi des Juifs, Démétrios II, vaincu par Zébina, auquel s'était joint Hyrkanos, près de la belle Damesseq, fit route vers Ptolémaïs, où était son ancienne épouse, Kléopätra. Mais celle-ci lui fermant ses portes, il s'enfuit à Zour, où, poursuivi par la haine de Kléopätra, il fut massacré Van 126.

Cette femme intrépide n'avait pas précisément tué son mari pour Alexander II Zébina. Sa pensée était d’asseoir sur le trône de Syrie Antiokhos, le plus aimé des fils qu’elle avait eus du prince égorgé par ses ordres. Pour se délivrer de tout obstacle, elle massacre Séleukos V, son fils aîné. Ce n’était point par pur amour maternel que cette reine effrénée se livrait à tous ces meurtres : plus jeune, Antiokhos sans doute la laisserait régner. De 126, en effet, après son triomphe sur Zébina, jusqu’à 121, Antiokhos VIII Grypos fit frapper sur. ses monnaies l’image de sa mère avec la sienne. Mais en 121,quand il supprima l” effigie de Kléopâtra, celle-ci tenta de se délivrer de lui par le poison.

Inquiété par Alexander Zébina et par son jeune frère Antiokhos IX Kyzikénos, qui avait pris le titre de roi de Syrie, Antiokhos VIII ne put exécuter, à cause de la défection d’Edom, ce qu'il préméditait contre les Juifs.

Hyrkanos, grâce aux troubles de Syrie, vivait sans inquiétude. Halte douce pour les Juifs, sans cesse foulés par l'étranger depuis Babel!

Apre, comme tous ceux de sa famille, Hyrkanos profita de son amitié avec Antiokhos VIT et de la mort de celui-ci (128) pour s’agrandir. L’an 129, il s'était emparé, après six mois de siège, de Medaba ?, au sud du lac de Kinnereth. Les bandes juives mirent alors la main sur le bourg de Samega, qui semble avoir eu pour les Iehoudites une particulière importance. Dans le pays des Kuthéens, Schekem, le Garizim, tombèrent entre leurs mains.

Là, Iohanan allait assouvir une des vieilles rancunes d’Israël. Sur le Garizim se dressait le temple d’Iahvé, rival de celui qui était bâti sur le Morià. Le vainqueur le détruisit de fond en comble. Il avait duré deux cents ans. On célébra chaque année l’yom Garizim (jour du Garizim), le 21 khislev.

Edom inspirait une violente antipathie à Israël, qui se rappelait la joie des montagnards lors de la chute d’Ierouschalaïm. C’était de plus pour Israël un frère égaré qui devait se soumettre à la Thora de Mosché.

Hyrkanos, se jetant sur les Iduméens, installés au sud de la Judée, les contraignit à subir la circoncision et les lois juives. Il rasa leurs deux forteresses d’A-

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