Anliqg. jud., xt, x
2, Graetz., t. III, p. 605.
Il, 25
où elle tomba aux mains des Juifs devint un jour de fête (2$ marhé-schvan, novembre 109).
Jobanan Hyrkanos se coucha, l’an 106, avec ses pères, après avoir gouverné la Judée pendant vingtneuf ans.
Les deux éléments qui, depuis l’origine, se partageaient la nation juive, apparaissent fort distincts sous Iohanan : les Parouschites (Pharisiens) et les Zaddougites (Sadducéens).
Les premiers, amis de la séparation, comme le marque leur nom, déclaraient que le Juif devait être muré dans son mosaïsme, insociable, sans aucune union avec les étrangers. Ainsi pensaient également les nabis et le peuple avant la captivité. Ezra, dissolvant les mariages avec les étrangères, remplissant de larmes tout Israël, fut le plus terrible des Parouschites, Mais c’est sous Iohanan Hyrkanos que la Périschouth (séparation) semble prendre la consistance d’une secte organisée,
En face d’elle se tenait la Zedaga (justice), qui ne voulait rien pousser à l’extrême et prêéchait en tout une sage modération. Les Zaddouqites sont en réalité les tolérants ou les libéraux de la nation juive. Isoler Israël des peuples voisins leur paraît excessif, Pourquoi ne pas admettre un certain mélange des mœurs étrangères ? quelque peu de la façon grecque de comprendre la vie et d’en jouir? C’étaient eux qui, avant la captivité, soutenaient Izébel, Ahab, Athalia, Menasché, et qui ne dédaignaient pas # aller” dans les bocages avec les courtisanes sacrées.
Après la captivité, ils sont. moins nombreux et moins forts; ce n’est guère qu’une poignée de sages et de riches en lutte avec tout le peuple et avec les nabis. Aux Parouschites appartient l’opinion publique:
Le tempérament des Haschmonides s'était affadi dans la possession du pouvoir. lohanan ne poussait pas loin la Périschouth. Ce fut sans doute par ses soins que s’éleva à l’ouest du temple, à l'extrémité nord-est de la ville haute, un beau palais en style grec où s’abritè-
IOHANAN HYRKANOS 1°". 19$
rent désormais les Haschmonides. Devant cette belle demeure s’étendait un espace large, couvert, orné de colonnades et touchant ce ravin charmant (Khaphenatha?) qui séparait du temple la ville haute. Ce grand portique, fait pour les réunions du peuple, s’appelait Xystos. De là un pont conduisait à la porte ouest de l’avant-cour extérieure du temple. I1 y avait aussi, bâti selon les règles de l’art grec, un édifice qui servait aux réunions du conseil (Bouleutérion). Sans doute, ces concessions de Hyrkanos à l’hellénisme n'étaient point pour le faire aimer des Parouschites.
Aussi, un jour qu’il était assis avec eux à un repas et qu’il les avait priés de lui donner leurs conseils, un certain Eléasar eut l’insolence de lui dire : « Si tu veux être juste (zadiq), abdique le grand cohénat, et contente-toi d’être nassi (conducteur) du peuple. » Hyrkanos lui ayant demandé pourquoi il devait abdiquer : ; « Parce que, reprit-il, nous avons appris des anciens que ta mère avait été esclave du roi Antiokhos Epiphanès. »
Accusation fausse, Ionathan, ami de Hyrkanos et Zaddouqgite (Sadducéen), prétendit qu’Éléasar avait exprimé toute la haine des Parouschites. En effet, leur ayant demandé quelle peine Éléasar avait méritée, les Parouschites déclarèrent que c’étaient les verges ou la prison. Aucun n’opina pour la peine de mort.
Sachant bien qu ’ils étaient les amis d'Éléasar, en ce qu’ils ne le jugeaient point si condamnable, Hyrkanos quitta leur secte pour entrer dans celle des Zaddougites.
Malgré tout, il laissa en Israël cet Hyrkanos, comme le souvenir d’une douce et chaste vision. On 1e crut en relation immédiate avec Iahvé. On raconta que le jour où ses fils défirent, près de Schomron, Antiochos IX, une voix l’en avait prévenu dans le Saint des saints, Cependant si, en apparence, la Judée fut prospère sous son gouvernement, Hyrkanos en conquérant l’Idumée d’où devait sortir la familie des Hérodès, avait préparé la perte de sa patrie.
Comme Schimeôn, il eut ses monnaies, dont nous
connaissons quelques-unes ; mais toutes sont de cuivre. Elles portent d’un côté, entourée d’une couronne de lauriers, la légende : Jeühanan, hacohène-hagadol vehéber haïeoudim (Tohanan le grand- prêtre et la. communauté des Ichoudites){, L’une, publiée par M. Reichardt, modifie un peu la légende ordinaire. On y lit: Ieühanan, hacohène-hagadol et chef (rosch) de la communauté des lehoudistes. De l’autre côté, ces monnaies ont les deux cornes d’abondance et, entre celles- “Ci; une tête de pavot. Dans les deux cornes, il faut voir une imitation des monnaies syriennes.
Quelques-unes ont avant la légende hébraïque la lettre grecque alpha, marquant probablement alliance de Hyrkanos avec un des Alexander, rois syriens, soit Alexander Sidétès, soit Alexander Bala.
Son père mort(106),Iehouda Aristoboulos ne se contenta pas du titre de nassi ou rosch (chef) de la communauté des Iehoudites ; il prit le nom de roi et le diadème?. Il associa son jeune frère Antigonos, qu’il chérissait, à sa dignité et à son pouvoir 3,
Mais il opprima le reste de sa maison, Sa mère, tendrement aimée de Hyrkanos et que celui-ci avait établie maîtresse de toutes choses, il la jeta en prison, où il la fit enchaîner et mourir de faim.
Nature bilieuse, pleine de soupçons et de jalousies, il ne tarda pas à se laisser prévenir contre son jeune frère Antigonos, doux et beau jeune homme dont le visage plaisait au peuple.
1, M.de Saulcy avait traduit : Grand-prètre et ami des Juifs; la monnaie publiée par M. Reichardt indique le sens qu’il faut donner au mot héber (Numismatic chronicle N. S., vol. II, p. 269. — Cavedoni, Bibl, Num., vol. II, p. 15. — Madden, History of Jewish coinage..., p. 56. M. J. Derenbourg traduit héber par sénat. Ieühanan est le Sénat des Juifs.
2 Cependant ses monnaies ne font pas mention de titre de roi.