‹ Histoire d'IsraelChapitre 126 sur 311 · Antiqg, jud,, XII, x · texte numérisé non relu

Antiqg, jud,, XII, x

IEHOUDA ARISTOBOULOS 1°". 197

.. Un jour qu’il revenait avec l’armée, Antigonos, son frère aîné, étant malade, monta, magnifiquement vêtu, au temple pour la fête des Soukkoth. Des soldats armés l’entouraient. Lui, chérissait son frère, sans arrièrepensée, et se proposait d’invoquer Iahvé pour sa santé.

Mais on présenta dans cette occasion Antigonos au jaloux Aristoboulos comme affectant un luxe royal devant le peuple et cherchant à capter toutes ses faveurs. On lui parla même d’une tentative de meurtre qu’Antigonos aurait méditée contre sa personne. Aristoboulos envoya dire à son frère de le venir trouver, seul et sans armes. « Sil s’avance tout armé, lui dit-on, c’est qu’en réalité il en voudra à ta vie. »

Couché par la fièvre dans la tour Antonia, Aristoboulos ordonna de ne toucher à personne qui se présenterait désarmé, mais de tuer Antigonos s’il paraissait ceint de ses instruments de guerre,

La reine, sa femme, furieuse contre le beau jeune homme, qui peut-être avait dédaigné ses faveurs, lui envoya, de la part de son époux, ce faux message : « Ne viens pas sans tes armes. »

Confiant, couvert comme pour un combat, Antigonos s’avançait, quand il fut massacré près de la tour de Straton.

Sitôt qu'il apprit cette mort, Iehouda Aristoboulos, malgré tout, fut pris d’un vif remords. Il rendit une grande quantité de sang. Un de ses serviteurs, emportant ces vomissements, glissa là même où Antigonos avait été percé, si bien que le sang des deux frères se mêla. Il s’éleva du milieu des assistants un cri si grand qu’Aristoboulos en demanda la cause, Quand on la lui eut apprise, il entra dans d’horribles convulsions. Les ombres de sa mère et de son frère massacrés se dressèrent devant son imagination depuis ce jour même. Il expira après un an de règne (105).

Malgré tant de crimes, il y avait dans ce prince un vif sentiment de justice. Il était d'idées modérées, hellénisait, et, sans doute, penchait vers le parti des Zaddouqites,

Il avait dompté les Iturites, et les avait soumis à la circoncision et à la Thora.

Ses monnaies portent d’un côté la légende hébraïque : « Iehouda, grand-cohène, et la communauté des Juifs; » de l’autre, deux cornes d’abondance et, entre celles-ci, un pavot.

Schalomé, femme d’Aristoboulos, qui avait pris le nom grec d’Alexandra, n’eut rien de plus pressé que de délivrer les frères de l’ancien roi, détenus en prison, L'amour avait une grande part à cette mesure. Ne semble-t-il pas qu’en ce moment si tourmenté, la femme juive fut plus ardente que jamais aux œuvres d'amour ?

Agée déjà, Schalomé avait conçu une vive passion pour le jeune frère d’Aristoboulos, Ionathan, qui s’appela Iannéas (par abréviation), et ‘joignit encore à ce nom hébreu le nom grec d’Alexander. Prenant le jeune homme par la main dans sa prison, Schalomé le fit asseoir à la place à peine refroidie de son époux. C’était une amante implacable 1.

Ambitieux avant tout, Alexander Iannéas se contenta de cette veuve désordonnée., Maître du pouvoir, il fit massacrer un de ses frères, dont il craignait l’activité, et laissa vivre l’autre, Abschalom, d'humeur pacifique (105).

11 devient âcre en vieillissant, le sang des Haschmonides. Les Mattathia et les Iehouda Makkabi, héroïques et forts, ont pour descendants des êtres nerveux et bilieux, à la face pâle et soupçonneuse,

Dans le territoire juif, Ptolémaïs et Gaza formaient comme deux républiques autonomes. La première de ces villes, importante par son port, sollicita l’ambition d’Alexander Jannéas qui l’assiégea. Zoïlos, le tyran qui dominait sur la tour de Straton et sur Dora, craignant les armes d’Iannéas, essaya, mais en vain, de secourir Ptolémaïs. Les assiégés, de leur côté, firent

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