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Antig. jud., XIII, XIV

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de leurs enfants et de leurs femmes. Iannéas mangeait et buvait avec ses bien-aimées (88).

À partir de cette heure, il eut la paix dans Ierouschalaïm. Mais huit mille habitants, terrifiés par tant de cruautés, quittèrent la ville. On lui donna, à la suite de ces actes sauvages, le surnom de Trakidas (enfant de Thrace).

Malgré Alexander Iannéas, Antiochos XII, qui avait succédé dans Damesseq à son frère Démétrios III, traversa la Judée pour se jeter sur les Arabes. En vain, pour l'arrêter, le grand-cohène avait-il fait creuser un fossé profond, allant de Kafar-Saba (Antipatris) jusqu’à . la mer, et garni d’un mur plein de tours et de palissades de la longueur de rso stades (28 kilomètres environ),

Mais Antiochos XII tomba dans le premier choc contre les Arabes, et son armée prit la fuite (85).

Haréthath III (Arétas), roi des Nabatéens, ayant été appelé par ceux de Damesseq en 85, allait prendre possession de son nouveau royaume, lorsqu’Alexander Jannéas lui barra®le passage. Battu à Adida, près de Lydda, le juif dut traiter avec Haréthath1, qui, du reste, ne tenait pas à s’en faire un ennemi.

Infatigable, Iannéas, libre du côté des Arabes, franchit l’Iardèn, prit Diospolis (Dion), Pella, Gérasa, la

1. Plusieurs types de monnaies de cet Haréthath surnommé Philhellène : |

Le premier type représente d’un côté une tête très fine, celle de Haréthath, de l’autre une Victoire. Il en existe un exemplaire au Cabinet des médailles, un autre au British Museum. à

Le deuxième type porte d’un côté la même tête de Haréthath, de l'autre une femme assise sur un rocher, étendant une main, et tenant dans l’autre une corne d’abondance, sans doute personnification de la fertile Pétra, (Deux exemplaires au Cabinet des médailles, et un au British Museum.)

Le troisième type a d’un côté la tête de Haréthath, de l’autre

Gaulonite avec sa ville principale Gamala, Séleukia a l’est du lac Mérom.

L’orgueilleux cohène-hagadol voulait se réhabiliter aux yeux des siens, qui lui avaient plus d’une fois reproché ses échecs. On le reçut en effet triomphalement dans Ierouschalaïm.

Chose étrange! Malgré toutes ses défaites, ce chef des Iehoudites avait fait progresser la puissance juive,

Rusé et violent, il fut le Louis XI des Haschmonides.

À sa mort, les Juifs possédaient sur la côte ouest : la tour de Straton, Appollonias, Ioppé, lamnia, Aschdod, Gaza, Anthédon, Raphia, Rhinokoloura; du côté d’Edom, Adora et Marissa; la Samarie, le Karmel et le Thabor, Scythopolis, Gadara, Gaulona, Djebala, Séleukia; dans le pays de Moab, Heschbon, Medaba, Lemba, Oronæ, Télithon, Zoara et Pella. Cette dernière ville, les Juifs la détruisirent, parce que ses habitants avaient refusé de se soumettre aux rites de la Thora, sans doute à la circoncision.

Sur une haute montagne d’Ephraïm Alexander avait fait planter une citadelle qui portd son nom, Alexandrion; et de l’autre côté de l’Iardèn, près de la mer Morte, il avait élevé Makhærous (Markhvar) sur une hauteur escarpée, protégée de tous côtés par des ravins; et comme Hyrkanion bâtie par Johanan Hyrkanos, cette forteresse était à peu près imprenable.

Alexander Iannéas, âpre et habile, ne détestait, paraît-il, ni le vin de Hébron ni la bonne bière fermentée. La boisson, les femmes et les supplices, telles

une déesse debout (deux exemplaires au Cabinet des médailles, un autre dans la collection Saulcy).

Toutes ces monnaies sont à légendes grecques.

Une autre, à légende nabatéenne, représente d’un côté le roi Haréthath, de l’autre la tête charmante et voilée de la reine avec désignation de l’an XI. Le seul exemplaire connu fait partie de la collection de Luynes.

Saulcy, Numismatique des rois Nabathéens de Pélra.

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étaient ses grandes passions. À ce sang âcre il fallait des jouissances vives. -

Atteint, par suite de ses ivresses, de je ne sais quelle fièvre, peut-être de quelque deiirium tremens, il s’en était guéri et n'avait pas pour cela cessé ses expéditions guerrières. Il s’en vint mourir au siège de Ragaba, dans le pays d’au delà (79).

La reine Alexandra, une noble femme, avait suivi. Devant son époux réduit à la dernière extrémité, elle se lamentait fort. « À qui me confies-tu, lui disait: elle, moi et tes enfants? Tu sais combien la nation t'est ennemie. » Il l’engagea à cacher sa mort auùx troupes jusqu’à la prise de Ragaba. La ville enlevée, elle pourrait faire à Ierouschalaïm une entrée triomphale. Il exhorta la reine à se confier aux Parouschites, maîtres du peuple, et même à leur laisser le soin de lui faire des funérailles.

Alexandra lui obéit. -Ragaba fut emportée; et, touchés, les Parouschites firent au roi qui les avait mis en croix de splendides obsèques. Ils allaient partout célébrant les vertus d’Iannéas, déclarant qu’il était mort un roi juste, si bien que le peuple, gagné, pleura fort le prince défunt. Aucun chef n’avait jusque-là été, du

moins en apparence, ainsi chanté et lamenté.

Les monnaies en cuivre d’Alexander Iannéas sont nombreuses, On les peut diviser en deux catégories.

Dans la première sont les monnaies à la fois grecques et juives, portant d’un côté Iehonathan hamélek (Ionathan le roi), de l’autre Alexandrou Basileôs (d'Alexandre roi) avec l’ancre, que probablement Iannéas fit représenter sur ses pièces pour marquer la conquête qu’il avait faite des ports de la mer.

Dans la seconde catégorie, il faut placer les monnaies portant d’un côté, entourés de la couronne de laurier, ces mots : Ionathan cohène hagadol, veheber Iehoudim, ou simplement Vehaïehoudim (Ionathan, grand-prêtre et la communauté des Juifs) ; de l’autre les deux cornes d’abondance avec la tête de pavot. Pour M. Madden, ces dernières pièces correspondent

à la réconciliation d’Alexander avec les Parouschites. Il n’y hellénise point et n’y prend pas le titre de roi.

Dans son testament, Jannéas laissait la royauté à sa femme Schalomé Alexandra. Il avait cependant deux fils, Hyrkanos et Aristoboulos, le premier indolent, Vautre audacieux et rusé, véritable image de son père. Le souverain cohénat échut à Hyrkanos, l'aîné ?,

Dévote, Alexandra tomba tout à fait sous la domination des Parouschites. Elle n’avait que le nom dt pouvoir; aux Parouschites en appartenait la réalité. Ils rappelaient les exilés d’'Iannéas et traquaient ses partisans. Ceux qu’ils croyaient avoir persuadé au prince défunt de faire périr en croix les quatre-vingts, ils ên demandèrent la mort.

Les amis du feu roi, les Zaddouqites, les libres esprits, inquiétés dans leur vie même, se groupèrent autour d’Aristoboulos, dont la jeune mais frénétique ambition paraissait déjà et qui ressemblait tant à son père Jannéas. Avec lui ils vinrent trouver la reine Alexandra, si ferme contre l’ennemi extérieur, mais si faible devant les Parouschites, ennemis implacables de son époux.

A la tête des mécontents, Aristoboulos fut particulièrement dur dans ses plaintes. I1 s’emporta même jusqu’à couvrir sa mère d’injures, déclarant qu’il fallait attribuer tous les maux présents à ceux qui, contre tout droit, avaient remis le pouvoir à une femme ambitieuse, comme si les fils avaient manqué à Alexander. Prise au dépourvu, la reine donna aux Zaddougites la garde des lieux fortifiés, à l’exception d’Hyrkanion, d’Alexandrion et de Makhærous, où étaient enfermés ses trésors.

Elle mit peu après Aristoboulos à % tête d’une expédition contre Ptolémaios Mennaios. Mais il revint sans avoir rien fait de remarquable. Peut-être la

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