Antiquit. jud., xur
ALEXANDER IANNÉAS, 201
en Égypte, lannéas fondit sur cette ville. Malgré l’héroïsme d’Apollodotos, son chef, qui faillit une nuit anéantir l’armée juive, la ville tomba, après un an de siège, aux mains du Haschmonide. Pour la punir d’avoir secondé Ptolémaios, Iannéas l’inonda de sang et la ruina de fond en comble. L’incendie entrevu par les nabis d’avant la captivité dévora cette fois en réalité les palais et les maisons de Gaza (96). La terreur d’Iannéas était si grande que bien des Gazites tuèrent eux-mêmes leurs femmes et leurs enfants plutôt que de les laisser tomber aux mains des Juifs.
C'était un habile homme qu’Iannéas, fort ambitieux, mais peu fanatique de la Thora, faisant volontiers alliance avec les étrangers quand la politique l’exigeait. Aussi les Parouschites l’exécraient-ils. Parti ardent, qui ne cessera de pousser Israël aux luttes désespérées. Cependant, occupé par ses guerres, retenu aussi par son épouse, sœur de Schimeün bèn-Schata le maître de la Périschouth, Iannéas jusque-là ne s'était guère mêlé aux querelles religieuses.
À la fête des Soukkoth, les Parouschites soulevèrent contre lui une émeute populaire. Grand cohène, il présidait à la solennité. La foule portait, selon la coutume, le loulab ou bouquet de palmes et de branches de citronnier, avec l’éthrog ou cédrat. De la masse des Juifs des injures partirent contre Iannéas : — on s’écriait que, né d’une esclave, il devait quitter le grandcohénat, Enflammé de colère, il appela la garde étrangère qu’il nourrissait, les Pisidiens et les Ciliciens, et les précipita sur la foule. Il tomba un grand nombre de Juifs sous leurs coups, six mille, dit Josèphe (95).
Pour empêcher la multitude de pénétrer désormais jusqu’à lui, Iannéas fit poser une barrière entre l’autel et cette partie du temple, dont l’accès n’était perinis qu'aux seuls cohènes.
Mais tout le sang répandu, le peuple ne le lui pardonnait pas. Tenaces, implacables, les Parouschites attendaient la première occasion favorable de se venger. Jannéas la leur offrit.
D'un sang âpre, il avait horreur du repos. Gaza. détruite, lerouschalaïm soumise, il se souvint d’Amathos, dans la terre d’au delà. Il en rasa les murailles, après avoir dompté le pays de Moab et celui d’Ammon. Mais Oboda, roi des Nabathéens, contre lequel il s’engagea imprudemment, le mit en fuite près de Gadara,
À cet échec applaudirent les Parouschites et le peuple d’Ierouschalaïm. A peine de retour dans la ville, il en vit la population se soulever et commencer une guerre civile qui, pendant six années (94-80), inonda de sang le pays des Iehoudites. Il en aurait succombé cinquante mille, d’après Josèphe. Fatigué de cette lutte terrible, Jannéas demanda à la nation convoquée ce qu’il devait faire. « Mourir! » lui cria-t-on,
Tout plutôt qu’Alexander Iannéas, telle était la pensée des Juifs. Aussi appelèrent-ils sur la Judée Démétrios Eukairos III, fils de Séleukos VI, roi de Syrie.
Celui-ci s'étant avancé jusqu'à Schekem, Iannéas marcha sur lui, mais fut écrasé avec ses six mille deux cents mercenaires, auxquels s'étaient joints environ vingt mille Juifs. L'armée d’Eukairos était de trois mille cavaliers et quarante mille archersi,
Alexander se réfugia dans les montagnes avec six mille hommes, compagnons de sa fortune. Mais Démétrios s'étant retiré avec sa nombreuse armée, Iannéas resta seul en face de ses compatriotes, dont il tua un grand nombre. Etant parvenu à enfermer dans Bethomé (?) les principaux de ses ennemis, il s’empara de la ville et d’eux-mêmes. [1 les amena dans Ierouschalaïm.
Là, au milieu d’un festin où il était assis avec ses concubines, il fit placer environ quatre-vingts (ou 800) de ses prisonniers sur le mur, d’où ils purent contempler, avant de mourir eux-mêmes, l’égorgement