‹ Histoire d'IsraelChapitre 131 sur 311 · Collection Saulcy · texte numérisé non relu

Collection Saulcy

La reine disparue, Aristoboulos hâta sa marche. Près d’Ieriho, il rencontra les bandes que son frère Hyrkanos II et les Parouschites lui opposèrent, mais qui firent défection.

Hyrkanos se réfugia dans la tour de Baris,où étaient enfermés comme otages la femme et les enfants de son frère. Aristoboulos lui ayant fait des propositions pacifiques, il accepta. C'était du reste son rêve de vie paisible qui se réalisait. Cédant le palais à son frère, il alla s'installer dans la demeure privée d’Aristoboulos. Pour sceller le traité en vertu duquel le frère aîné gardait la dignité de grand-prêtre, et l’autre pre- - nait lacouronne royale, Alexander, fils d'Aristoboulos, épousa la fille de Hyrkanos.

Une famille néfaste pour les Iehoudites va commencer de paraître sur la scène et de faire entrer la Judée’ dans les jours de déchirement et de sang. Fils d’un Aschqlonite nommé Hérodès, hiérodule du temple d’Apollon, Antipas, plus tard Antipater, avait été, dans son enfance, enlevé par des Edomites. A lerouschalaïm, où il séjourna de bonne heure, il s'était signalé par sa haine contre Aristoboulos, nature trop semblable du reste à la sienne pour qu’il lV'aimât. Quand son ennemi prit la royauté, Antipas ne s’y résigna pas. Il s’allia avec les mécontents, souleva sourdement contre le nouveau roi les principaux de la nation et témoigna à Hyrkanos un vif attachement. Souvent il voyait en secret le grand-cohène dépossédé, et, ne pouvant exciter cette nature tranquille par l’appat de la couronne, il l’effrayait. Sans cesse il lui montrait Aristoboulos méditant de se défaire de lui, pour affermir sa souveraineté.

D'abord incrédule, le doux Hyrkanos se laissa peu à .Peu gagner. Antipas l’entraîna hors de la Judée, auprès de Haréthath. Une nuit, tous deux s’échappèrent de la ville et prirent la route de Pétra; ils escaladèrent

1, Antig, jud., XIV, 1.

HYRKANOS II *ARISTOBOULOS Il. 209

les rochers de porphyre, au sommet desquels Haréthath avait son nid et qu’avaient domptés les anciens rois d’Iehouda. Là, conseillé toujours par Antipas, Hyrkanos promit au nabatéen, s’il le ramenait en roi dans Ierouschalaïm, de lui céder le territoire juif qui avait autrefois appartenu aux Arabes, ainsi que les douze villes que leur avait prises son père Alexander, C’étaient Medaba, Naballo, Beth-Haran, Tarabasa, Agalla, Atoné, Zoara, Horonaïm, Marissa, Rydda, Lousa et Oryba.

Avec cinquante mille hommes, rudes montagnards, Haréthath descendit de ses sommets 1, Les Parouschites, sans doute, détachèrent le peuple d’Aristoboulos, Vaincu, celui-ci s’enfuit à Ierouschalaïm, s’enferma -dans l’Hiéron, enceinte du temple, où les Ichoudites se joignirent aux Arabes pour l’assiéger (66).

Cependant, indignés de ce que le peuple fit ainsi alliance avec l’étranger, et craignant peut-être pour leur vie, de nobles Parouschites prirent la route de l'Egypte, Les cohènes s'étaient aussi rangés du parti d’Aristoboulos,

On raconte qu’un juste, Onia, qui, par ses prières, avait un jour obtenu d’Elohim la pluie pour les champs d'Israël, fut sommé par les partisans de Hyrkanos d’invoquer Jahvé contre Aristoboulos et sa faction. Mais, au milieu du peuple, Onia conjura au contraire le ciel en faveur des cohènes, rangés autour d’Aristoboulos. Les assistants, exaspérés, le lapidèrent.

La fête de Pâques survenant, les cohènes de l’Hiéron demandèrent aux assiégeants, leurs compatriotes, de leur livrer, pour les sacrifices, les victimes accoutumées. Par tête ils donnèrent 1000 drachmes. Mais, après avoir reçu la somme, les partisans de Hyrkanos ne voulurent pas fournir le bétail. Devant lahvé, les cohènes se mirent en prière pour que la vengeance divine tombât sur les coupables. On attribua à cette

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