‹ Histoire d'IsraelChapitre 134 sur 311 · Josèphe, Antig. jud., lib. XIV, c. 1v · texte numérisé non relu

Josèphe, Antig. jud., lib. XIV, c. 1v

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table d’or, ni au trésor du temple qui s'élevait à 2,000 talents.

Le lendemain du grand massacre, le Romain rétablit Hyrkanos dans le souverain pontificat. Toutefois il lui enleva le titre de roi, ne lui laissant avec celui de cohène-hagadol que le nom d’ethnarque. Antipater avait tellement intrigué que Pompéius lui donnait : comme la curatelle du grand-prêtre,

Ainsi, un siècle après qu’elle eut été délivrée des Syriens par l’héroïsme des Makkabées, la Judée retombait encore sous le joug étranger ; Ierouschalaïim devenait tributaire de Rome,

La Judée rentra dans les étroites frontières qu’elle avait avant les Haschmonides. Les cités etles districts de la côte, habités par les Grecs: Gaza, Aschdod, Arethusa, Iamnia, Ioppé, la tour de Straton, Dora, Pompéius les érigea en villes libres, les abandonnant à leurs anciens habitants. Il en fit de même de Hippom, Scythopolis, Gadara, Pella, Dion (Diospolis), Schomron. La plupart de ces villes datèrent leur liberté de Pompéius, le vainqueur d’Ierouschalaïm.

Dix cités, presque toutes d’au delà, formèrent, sous le nom de Décapole, une confédération.

Pompéius reprit le chemin de Rome. Il y eut à son triomphe, mêlés aux autres monarques asiatiques , Aristoboulos II ; le plus jeune des deux fils de celui-ci, Antigonos; ses deux filles; son oncle Abschalom (61).

Que Rome cependant ne soit point si fière ! Ces captifs vont commencer contre les vainqueurs une guerre implacable qui ne finira qu'avec la chute d’une partie des institutions romaines.

Tout dévoué à Rome; l’Iduméen Antipater secourut Scaurus, laissé en Syrie par Pompéius, et qui s'était imprudemment engagé dans les rochers d’Edom: il allait y périr de faim avec son armée, quand Antipater leur fit passer des vivres.

Haréthath même, le roi de Pétra, poussé par son compatriote, acheta la paix des Romains.

Cependant le fils aîné d’Aristoboulos, Alexander II,

échappé à Rome, avait groupé autour de lui les patriotes hébreux, dix mille hommes de pied environ et quinze cents chevaux. Devant cette troupe résolue, ni Hyrkanos ni Antipater ne surent tenir. Tous deux quittèrent [erouschalaïm, dont s ’empara Alexander II.

Pour se mettre en sûreté, celui-ci fortifia encore les citadelles d’Alexandrion, de Hyrkanion, en deçà de l’Iardèn, et de Makhærous au delà (s9- 58). Sans doute Lentulus Marcellinus, proconsul de Syrie, était occupé par Haréthath; peut-être aussi Alexander l’avait-il gagné à prix d’argent. Lentulus ne troubla point, dans sa nouvelle conquête, le roi juif, si bien qu’il fut loisible à celui-ci de frapper des monnaies avec une inscription grecque : « Le roi Alexander 1. »

Mais Gabinius ayant remplacé Lentulus, Antipater intrigua si fort qu’il tourna contre Alexander II les armées romaines. Unies à quelques bandes d’Iehoudites, elles heurtèrent près de la Ville sainte Alexander, lui couchèrent trois mille hommes dans les champs, et le contraignirent de gagner la forteresse d’Alexandrion,

Comme il était sur le point de capituler, sa mère se rendit, en larmes, près de Gabinius, Hyrkanion, Makhærous, Alexandrion, les trois grandes forteresses, Alexander II les remit aux mains de l’ennemi.

Gabinius rendit à Hyrkanos le souverain pontificat, mais sous le gouvernement de la nation juive. Pour briser l’unité des Iehoudites, il divisa le pays en cinq juridictions. Les Juifs allèrent désormais, pour se faire rendre justice, les uns à Ierouschalaïm, d’autres à Gadara.

Ainsi partagée, la Judée perdait toute sa force avec son unité.

Mais cet âpre Aristoboulos II, le digne fils d’Alexan-

1. On attribue, en effet, à Alexander II de petites monnaies de bronze avec légende grecque, portant d’un côté l'ancre, de l’autre une étoile, — Cabinet des médailles et collection Saulcy. — Madden, History, p. 75.

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der lannéas, apprenant sans doute les victoires des Romains dans son pays, s'enfuit un beau jour de Rome, Il atteignit la Judée, où les patriotes, au nombre de huit mille, se rangèrent autour de lui. Il avait renvoyé la masse d’Ichoudites sans armes, accourus à la nouvelle qu’il avait mis le pied dans les frontières d’Israël. Mais, averti, Gabinius avait confié à Sesenna, à Antonius, à Servilius, le soin de réduire ce soulèvement des Juifs. Cinq mille hommes d’Aristoboulos s'étendirent dans les champs de la Judée. Avec mille partisans qui lui restaient, l’intrépide roi gagna Makhærous, la citadelle où s’enfermait, aux heures suprêmes, la dernière force des Iehoudites. :

Après deux jours de siège, Aristoboulos, tout sanglant et couvert de blessures, fut pris avec son fils Antigonos et conduit devant Gabinius.

Tout désormais était fini pour lui. On peut dire que la patrie juive, elle-même, tombait avec cet homme héroïque que les Romains, dans leur capitale, couvrirent de fers. Il avait, pendant trois ans et demi, été en même temps roi et cohène-hagadol.

Toutefois le Sénat ne garda pas longtemps ses fils: en livrant à Gabinius les citadelles juives, Alexandra avait stipulé que Rome rendrait à ses enfants la liberté. Il semble aussi que la belle juive, avec ses charmes d'Orient, ait attendri le dur légat romain, qui tàchait de mettre d'accord la politique et l’amour,

Mais le fils de la noble femme, Alexander II, âpre comme son grand-père Iannéas et comme son père Aristoboulos, profita d’une expédition que fit Gabinius contre les Parthes pour se jeter sur les Romains, et s’empara du pouvoir avec une bande nombreuse. Il tuait dans le pays tout ce qui semblait attaché à Rome, si bien qu'un grand nombre d’amis de Gabinius durent se retirer sur le mont Garizim, où les pressa, du reste, l’ardent Alexander.

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