J. M. Jost, Geschichte des Judentum und seiner Secten
PAROUSCHITES ET ZADDOUQITES. 223
pour faire place aux Soferim (scribes), les deux partis, qui divisaient depuis longtemps la nation juive, ne sont pas éteints.
A côté d’une aristocratie brillante, avide de plaisir, on aperçoit, parmi les scribes ou docteurs, des gens pieux qui prennent le nom de Hassidites (pieux). Sans cesse ils répètent au peuple que son infidélité envers Iahvé a été la cause de tous ses malheurs. D’une rigidité absolue, ils pratiquent le naziréat à vie. Les yeux toujours fixés sur le livre de la Thora, soigneux à s’instruire en même temps dans la tradition orale, ils fournissent son personnel à l’enseignement religieux. Avec les Soferim, leurs alliés, ils forment la majorité de la Kenéseth haguedola (la grande synagogue). Influents sur la jeunesse des écoles et sur le mouvement des idées, les Hassidites laissent, dans la vie publique, la place libre à l’aristocratie.
Hommes du monde, peu absorbés par la spéculation, les Zaddouqgites avaient le goût des emplois publics.
Les Hassidites et les Zaddouqites sont nommés dans les Schemoné Ezré (dix-huit bénédictions) faisant partie du rituel d’Ezra.
Lors de l’invasion grecque, les deux sectes étaient destinées à se livrer une guerre acharnée. Curieux des mœurs étrangères, les grands et même les pontifes accueillirent avec bienveillance l’hellénisme, Ces Juifs essayaient de sourire aux doux rayons qui leur arrivaient par la Phénicie.
Mais les Hassidites repoussèrent l'invasion des mœurs et des idées grecques. À son neveu qui songeait à étudier la sagesse hellénique, un docteur faisait ce raisonnement : « 11 est dit : « Médite le Livre de la loi jour et nuit», cherche donc. quelle est l’heure, qui ne soit ni le jour ni la nuit, que tu puisses consacrer à l'étude de la philosophie des Grecs 1. »