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De leur coutume de prendre ainsi un bain, à onze heures

on les aurait appelés « baigneurs du matin ou hémérobaptistes. » — Grætz, LIL, p. 102.

pu être marquée de souillures légales. Avant et après le repas, le religieux faisait une courte prière. Rien de plus saint, pour l’Essénien, que cet acte ordinaire de la vie: pour lui, la table devient un autel, et les mets, des offrandes sacrées, devant lesquelles on gardait le plus grand silence. Préparés par cette nourriture, les Esséniens travaillaient jusqu’au soir, où ils prenaient, avant de se reposer, un repas semblabie au premier.

Qui violait Ja règle en était puni par l’exclusion.

À En-gueddi, on observait fort rigoureusement le Schabbath. Il était interdit au cuisinier de préparer ce jour-là des aliments : on mangeaïit les mets qu’il avait apprêtés la veille. Au jour ‘d’Iahvé, l’'Essénien ne se permettait même pas de satisfaire à ses besoins naturels. Les autres jours, avec la bêche qu’il avait reçue, à son entrée dans l’ordre, en même temps que son méhil blanc et son périzona (ceinture), il creusait un trou d’un pied de profondeur, se couvrait de son manteau, et, l’acte accompli, rejetait la terre là où il Pavait prise. Après quoi il était tenu de prendre un bain froid. Assemblés au Schabbath, dans leurs synagogues, les Esséniens y entendaient la lecture et l’explicätion de la Thora et des livres saints. Le nom de Mosché, pour eux, était si sacré, que son profanateur était condamné à mort, comme s’il avait méprisé le nom même d’Iahvé.

Menant cette vie mystique sur ces rochers d’En-gueddi, d’où il apercevait la mer Morte dans sa sourde immobilité et les teintes roses des montagnes de Moab, l'Essénien avait la visite des anges. Son âme, quittant la terre, se perdait dans des extases infinies. Détachée du monde, elle était entrée déjà dans le royaume de Dieu et en avait les visions. La secte fut prise du délire prophétique.

Cette société communiste et mystique, se suffisant à elle-même, dispensée d’aller sacrifier au temple, et se

‘bornant à y envoyer chaque année ses présents, est,

dans le monde juif, un bien étonnant spagtacle, De l’an 150 avant Jésus-Christ jusqu’à la chute de

Jérusalem sous Titus, vécut l’Essénisme. Au temps du Messie, il comptait quatre mille adhérents.

Qui sait s’il n’y eut pas des variétés dans cette association, et si, malgré son costume étrange, Iohanan (le “baptiseur), qui aimait le sud-est de la Palestine et l’embouchure de l’Iardèn, n’était pas un Essinien ?

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