‹ Histoire d'IsraelChapitre 2 sur 311 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

cles. Rien de plus tenace que ce rêve heureux. Serré par les armes romaines, en proie aux horreurs de la famine et de la peste, on ceignait ses reins pour le prochain banquet messianique, ou pour « le royaume de Dieu ».

Oh! les paraboles de Jésus tombant parmi les paysans naïfs et bons de la Galilée ! C’élait si beau que les gentils eux-mêmes, les collecteurs d'impôts, la population semée sur les bords du lac de Génésareth se laissaient séduire. On ne voulait ressembler ni aux vierges folles ni à l’homme chassé du festin parce qu’il n’a pas la robe nuptiale. Chacun veillait et se préparait à ce banquet du fils de l’homme auquel Jésus conviail les boiteux, les paralytiques, les Samaritains, tout ce qui souffre et tout ce que l’on repousse.

Sur le passage du jeune maître, les foules se soulevaient à cette voix : « Le royaume de Dieu est à vos portes ».

Ce qui approchaït, hélas ! c’étaient les derniers jours de la Judée.

Jetée sur ce globe maudit, victime de la faim, de la maladie et de la mort frappée à coups répétés dans son âme et dans son corps, la race humaïne a toujours espéré qu’un rayon du ciel finirait par tomber sur elle. Chère illusion dont l'humanité ne se peut délivrer !

Ge que l’on trouve, hélas! à la place du beau songe messianique, c’est l’écrasement et l’incendie ; c’est a lourde pique du légionnaire sonnant sur les débris du temple d’Hérode; c'est, devant César debout et triomphant, comme sur les dernières monnaies juives, la pensée humiliée et enchaïnée.

Voilà l’inévitable spectacle. Par ce tableau se termine mon livre. C'est par là aussi que se terminent tous les rêves des particuliers et des nations.

Heschbon.…,

Je te couvrirai de mes larmes,

Parce que, sur ta moisson et sur ta vendange, La catastrophe est tombée.

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