LA GUERRE DE VARUS
soldats d’attaquer l’'Hiéron. Du haut de la colline, pierres, rochers, flèches, se mirent à pleuvoir sur les Romains. Aussi, arrivés à l’Hiéron et incapables de contenir leur rage, les soldats mirent-ils le feu aux portiques. Les patriotes périrent dans les flammes, sous le glaive des Romains, ou sous leurs propres coups. On pilla le trésor du temple, dont Sabinus s’appropria plus tard quatre cents talents.
La profanation du sanctuaire, l’incendie des galeries du temple, n'étaient pas pour apaiser les fureurs d’Israël contre Sabinus. Quelques troupes hérodiennes passèrent aux Juifs ; toutefois Gratus, chef de l’infanterie, et Rufus, un chef de cavaliers, disposant ensemble de trois mille soldats, demeurèrent fidèles aux Romains.
Les révoltés assiégèrent le palais d’'Hérodès et établirent des mines destinées à en faire sauter les tours.
Plein d'angoisse, Sabinus se retira dans la citadelle du palais, attendant Varus.
La révolte gagna toute la Judée, y déchaînant l’anarchie. Un certain Schimeôn, esclave d’Hérodès, remarquable par sa taille et par sa belle prestance, rassembla une bande qui le reconnut pour roi et incendia le palais d’Ieriho et d’autres citadelles royales. Un autre aventurier, dont le nom est inconnu, mit le feu avec sa horde au palais royal de Bethramta, près de l’Iardèn. Entouré de ses quatre frères, quatre géants, un berger du nom d’Athrongès, aussi fort que Schimschon, désira aussi le diadème, lutta avantageusement contre les Romains, leur tua le centurion Aréius avec ses soldats, près d'Emmaôus, et ne déposa les armes que plus tard aux pieds d’Arkhélaos.
Mais qu’étaient ces chefs de bande auprès d’Iehouda le Galiléen, né à Gamala en Gaulonite? Fils du patriote Hisqia, il avait sucé avec le lait la haine des Hérodès et des Romains. Ilattendit longtemps, jusqu’à l’âge mûr, l’occasion d’éclater. La fièvre patriotique dont brüûlait la Judée tout entière, dans lan 4, lui permit de songer à la vengeance, De Sepphoris, la ville galiléenne, il
terrorisa, au loin, tout ce qui tenait pour le nom de Rome.
Pour écraser cette PAGE insurrection, Varus wayant à sa disposition que deux légions d'infanterie et quatre cohortes de cavalerie, c’est-à-dire environ vingt mille hommes, dut faire appel aux vassaux de Rome. On se réunit à Ptolémaïs.
Le premier coup de main fut contre Sepphoris, que Varus couvrit de flammes et dont les habitants furent vendus comme esclaves. Toutefois Iehouda le Galiléen, échappé à ces représailles, gagna Emmaüus, que bientôt incendia Varus.
De leur côté, les Arabes de Haréthath, auxiliaires de Rome, mettaient le feu à tous les bourgs, parmi lesquels flambèrent ceux d’Aroum et de Sampho.
Varus ayant atteint Ierouschalaïm, la foule qui assiégeait Sabinus s’enfuit dans les campagnes. Alors parut un spectacle horrible, dont sera troublé longtemps le souvenir d’Israël : on vit deux mille croix plantées à Ierouschalaïm, et sur chacune d’elles un juif attaché.
Telle fut la fin dela lutte et aussi celle de la Judée. Une légion romaine campa, à partir de ce jour-là, dans Ierouschalaïm.
Pendant que le sang ruisselait dans la ville sainte et que la famille d'Hérodès intriguait à Rome, une légation de cinquante Iehoudites, auxquels s adjoignirent huit mille Juifs d’Italie, vint demander à Augustus de laisser leur nation vivre suivant sa Thora, sous l’œil du gouverneur de la Syrie, mais en écartant l’odieuse et sanglante famille des Iduméens1.
Sans tenir compte de cette réclamation, César confirma le testament du vieil Hérodès, n’accordant pas toutefois à Arkhélaos le titre de roi, qu’il changea en celui d’ethnarque. C’est à Nicolas de Damas qu’il faut