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LA GUERRE DE VARUS

attribuer ce résultat. Dans le temple d’Apollo, où les délégués juifs traînèrent dans la boue la mémoire d’'Hérodès le Grand, Nicolas fit le panégyrique de son ami, et obtint qu’on respectât son testament.

À ses fils, le grand Iduméen ne laissait guère que son goût des plaisirs. De retour à Ierouschalaïm, Arkhélaoscommença par montrer aux Juifs une grande douceur, éloignant même du cohénat l’odieux Ioäzar, qu’il remplaça par le frère de celui-ci, Eléazar, dont le successeur fut un certain Ieschou de la famille Scié ou Scheth. Ce dernier dut céder la place à l’ancien grand-prêtre Ioäzar, de sorte qu’en neuf années parurent trois grands-cohènes.

Désireux de s’illustrer comme son père par des constructions, Arkhélaos bâtit une cité qu’il nomma Arkhélaïs, refit le palais brülé d’Ieriho, et, pour arroser les belles plantations de palmiers qui entouraient cette dernière ville, construisit un aqueduc, amenant les eaux de Néärat.

Rien n’égalait le charme et la tendresse de la belle Cappadocienne Glaphyra, veuve d’Alexander et du roi libyen Juba. Malgré la loi juive, Arkhélaos, incapable de dominer son amour, épousa sa belle-sœur.

Presque rien n’est connu de la vie d’Arkhélaos. Visage pâle et. frêle, volonté impuissante, il n’était pas fait, comme son père, pour se tenir debout au milieu du monde juif si agité.

Les songes occupent une grande place dans l’existence de ce pauvre roi. Ayant aperçu dans un rêve de

nuit dix épis dévorés par un bœuf, Arkhélaos, inquiet, consulta Schimeün l’Essénien, qui, paraît-il, en augura, au boutde dix ans, la fin du pouvoir d’Arkhélaos.

La belle Glaphyra, aussi crédule que touchante, vit,

dans un songe, le visage plein de reproches de cet Alexander, qu’elle avait autrefois tant aimé. Il venait lui annoncer qu’elle -allait bientôt, comme jadis, lui

“1. Josèphe, Antig. jud., XVII, xur,

appartenir. Peu de temps après cet avertissement, Glaphyra s’en alla rejoindre son ancien bien-aimé.

Détrôné, sur les DIStLes des Juifs, et exilé par Augustus, Arkhélaos s’en alla mourir à Vienne, dans les Gaules, au milieu des Allobroges.

La Judée, perdant toute apparence même de liberté, fut réduite à l’état de province romaine{.

Antipas et Philippos, après l’exil d’Arkhélaos, continuèrent de rester à la tête de leurs tétrarkhies, Mais les villes données à Schalomé revinrent à Augustus, la sœur d’Hérodès, à sa mort, les ayant livrées à l’impératrice Livia.

Ainsi, après avoir vécu un siècle et demi sous des princes particuliers et joui même d’une certaine autonomie du temps de l’Iduméen, la Judée tomba complètement sous la domination de Rome et fut incorporée au gouvernement de Syrie.

Le représentant de César près des Iehoudites, portant le titre de Procurator, avait sa résidence à Césarée, la haineuse rivale d’Ierouschalaïm. De là, il devait veiller au repos et à la bonne ordonnance du pays et poursuivre l’exacte rentrée des impôts. Il surveillait les peines qu’imposait la justice des Juifs, mais se réservait exclusivement le droit de mort.

Les Romains, qui ravissaientau synhédrion une partie de ses attributions, mirent aussi la main sur le grand-cohénat. Le procurator nommera désormais le grand-prêtre, le déposant ou le maintenant dans ses fonctions selon qu’il le sentira plus ou moins favorable aux intérêts de l’Empire.

Chose étrange ! il allait même jusqu’à détenir le vêtement particulier du grand-cohènc, pour ne le donner

r. Les monnaies d’Arkhélaos, à légendes grecques, portent l'ancre, ou la proue, ou une galère à cinq rames, ou un casque, ou un caducée. Voir Madden, The jewish coinage, p. 91 et suiv., et Jewish numismatic, dans Numismatic chronicle, 1875, N.S., t. XV, p. 45 et 46.

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