‹ Histoire d'IsraelChapitre 241 sur 311 · Josèphe, Guerre juive, IT, x1x · texte numérisé non relu

Josèphe, Guerre juive, IT, x1x

se retirèrent sur Gabaoth. Surgissant de chaque roche et de chaque arbuste, des nuées de plus en plus nombreuses de sicaires enveloppaient les soldats romains, tuant Priscus, chef de la sixième légion, le tribun Longinus, le préfet Æmilius Jucundus, et un grand nombre de légionnaires.

Cestius passa deux jours à Gabaoth, incertain de ce qu’il allait faire. Le troisième jour, les bandes juives l’'entourant comme une invasion de sauterelles, le proconsul comprit tout le danger et qu’ii n’y avait plus à délibérer. Jetant tous ses bagages, abandonnant les bêtes, celles exceptées qui traînaient les flèches et les machines, l’armée romaine marcha sur Beth-Horon. Tant que le chemin fut large, Cestius put s’avancer sans être inquiété; mais, dans les défilés, les Juifs écrasèrent les soldats du proconsul et les auraient anéantis jusqu’au dernier, sans la nuit qui permit aux restes des légions d’atteindre Beth-Horon.

Sur les hauteurs voisines de ce bourg, ce fut un prodigieux fourmillement de dqannaïtes surveillant les moindres mouvements de l’armée romaine. Comment échapper à ces bandes tenaces? Laissant quatre cents soldats pour tromper les Israélites et leur faire croire à la présence persistante de toute l’armée, Cestius, la nuit, quitta Beth-Horon. Dès qu’ils s’aperçurent de cette feinte, les Juifs exterminèrent les quatre cents Romains et reprirent la poursuite du proconsul qui avait, sur eux, gagné une nuit de chemin.

Après avoir donné la chasse à Cestius jusqu’à Antipatris, les bandes revinrent, dépouillant les morts, s’emparant des machines de guerre abandonnées, chantant des hymnes de triomphe. Cinq mille trente fantassins et trois cent quatre-vingts cavaliers romains gisaient sur les collines ou dans les défilés de la Judée (8 Marhé-schevan, octobre).

Rien ne saurait peindre l’allégresse d’[eroischalaïm. On se croyait revenu aux temps des Makkabées. Quel retour rapide de la fortune ! La radieuse époque mes-

Page 1