Josephi Vita
2 Josèphe, Guerre juive, I, xx.
revenir dans sa belle cité. Le subtil rhéteur n’avait pas manqué de faire savoir à tout le pays de Galil les démarches des Tibériadites. Les patriotes, soulevés en masse, voulurent se jeter sur la ville infidèle, et, sans l’hypocrite Josèphe qui les retint, y auraient promené la flamme.
Pendant que le rhéteur jouait, en Galil, l’homme habile, on s’inquiétait à Rome du tour que prenait la guerre juive et de la secousse que tout l’Empire en ressentait. Aussi Néron fit-il partir pour la Palestine son meilleur lieutenant, Flavius Vespasianus, alors en Achaïe 1.
Dans l’hiver de 67, quittant la Grèce, Vespasianus gagna Ptolémais, où son fils, Titus, lui amena d’Alexandrie deux légions, la cinquième, et la dixième Fretensis, ces sauvages décumans, cruellement connus des Juifs d'Alexandrie, et dont les Juifs de Judée allaient éprouver la férocité,
On vit aussi à Ptolémaïs accourir autour de Vespasianus les petits princes voisins : Malikou, roi de Nabat; Antiokhos, roi de Commagène; Sohèm, roi d'Émèse : et Agrippa II, toujours accompagné de Béréniké. En comptant les troupes auxiliaires, l’armée dépassait le nombre de cinquante mille hommes 2.
Agrippa fut fort l’ami des Romains. Dans la maturité de l’âge, sa sœur Bérénikê, n’ayant encore rien perdu de ses charmes, subjugua le cœur de Titus, dont elle devint l’amante.
Avec son armée et au milieu de ces intrigues amoureuses, Vespasianus entama la guerre de Galil, désireux d’écraser cette contrée avant de s'attaquer à Ierouschalaïm.
Un corps d'armée, placé sous la conduite de Placidus, promena le fer et le feu dans les bourgs voisins de Sepphoris.