Josèphe, Guerre juive, I, xx1. — Josephi Vila
Dans ce danger, Josèphe se présenta devant l’immense foule, cria que, s’il gardait le trésor ravi, c'était pour élever contre les Romains les murs de Tarikhéa, ce qui commença de lui gagner les gens de l’endroit. L'habile comédien joua parfaitement le patriotisme et le désintéressement. Deux mille hommes armés restant devant sa maison, il les dispersa par la terreur,
Iohanan de Giskhala, toutefois, tenace dans son pa-
triotisme et implacable dans sa haïne, ne cessait de lui susciter des embarras. Josèphe lui ayant permis d’aller aux sources chaudes d’Emmaôüum, sur les rives du Kinnéreth, pendant que lui-même séjournait à Qana de Galil, Iohanan gagna Tibérias pour la soulever contre le rhéteur. Justus et Pistos, maîtres du peuple, entrèrent dans le dessein du grand révolutionnairel,
Averti de ce qui se passait, Josèphe se rendit rapidement à Tibérias; mais, n'ayant pu calmer la révolte, il dut s’enfuir sur une barque et se réfugier au plus vite dans sa ville de Tarikhéa. Cette dernière cité tenait pour Josèphe, qui avait ainsi créé à son profit des divisions en Galil, et qui excita une grande partie de la contrée contre son ennemi, Iohanan de Giskhala.
Celui-ci envoya au synhédrion d’Ierouschalaïm, pour accuser le rhéteur de tyrannie, son frère accom. pagné de Schimeün. Bèn-Gamliel, président de l’Assemblée, était ami d’Iohanan, ainsi que Hanan, l’ancien grand-prêtre. Convaincu des tentativ:s coupables de Josèphe, le suprême tribunal fit partir quatre députés chargés de détacher la province de son gouverneur et de ramener celui-ci, vif ou mort, à Ierouschalaïm. Les délégués, dont Jonathan était le chef, accusèrent, devant les grandes communautés de TL bérias, de Sepphoris, de Gabara, le traître Josèphe d’être l’ennemi de la patrie,
1, Josephi Vita, 16, 17.
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Dans ce péril, rien n’égala jamais la prodigieuse habileté de Josèphe, que son père, du reste, avait prévenu de ce qui se tramait contre lui. Sous prétexte de combattre les deux cohortes d'infanterie et la cavalerie de Piacidus installées près de Ptolémaïs, il réunit autour de lui cinq mille hommes et excita le courage de ses amis en les menaçant de les quitter et de les abandonner à la fureur des qannaïtes,
A la lettre par laquelle Jonathan le pria de le venir trouver seul et sans armes à Gabara, Josèphe répondit qu’un mouvement de Placidus semblait annoncer une invasion romaine en Galil et qu’il ne pouvait, en une pareille heure, laisser son poste.
Pressé de plus en plus par les délégués, l’habile rhéteur finit par leur mander qu'il les irait trouver partout, excepté à Gabara et à Giskhala, villes où dominait Iohanan. Les légats du synhédrion ne voulant pas entrer en lutte avec lui dans les autres cités qui lui étaient toutes favorables, cessèrent, à partir de ce moment, de lui écrire.
Avec ses troupes, Josèphe eut soin de couper toute communication entre ses ennemis et Jerouschalaïmi.
Fidèle à son procédé ordinaire, il envoya aussi ses délégués dans la ville sainte, qu’ils partagèrent en deux camps suscitant des animosités contre Schimeün bèn-Gamliel et contre Hanan. Gagné par les émissaires de Josèphe, le synhédrion maintint celui-ci dans son poste et rappela ses propres députés.
Préférant à Josèphe Agrippa II lui-même, les gens de Tibérias rappelèrent les troupes royales dans leur ville. Toujours habile, le rhéteur triompha de cette rébellion et en contraignit le principal fauteur,le Tibériadite Kleitos, à se couper la main?.
Non encore désarmés, ceux de Tibérias supplièrent une seconde fois le descendant d’Hérodès le Grand de