Josèphe, Guerre juive, IV, vir
point se livrer de son plein gré à l’égorgement, Vespasianus promena le massacre sur l’Idumée, dont la belliqueuse population, du reste, lui présenta une défense désespérée 1. À Beth-gubrin et à Kaphertaba s’entassèrent, par les soins du chef romain, dix mille cadavres.
Revenant de l’Idumée sur la Samarie, Vespasianus enleva la puissante Ieriho, la vieille ville des palmes, dont les habitants avaient fui dans la montagne. A Gérasa, son lieutenant L. Annius se donna la joie de percer six mille jeunes hommes. Après avoir, dans les environs d’leriho, construit des châteaux-forts pour dominer le pays, Vespasianus gagna Césarée, où il se prépara sérieusement au grand siège d’Ierouschalaïm.
Qu'’allaient faire, en proie à des dissensions et à la famine, entourés d’une campagne ravagée, sans moissons et couverte de débris, les défenseurs de la ville sainte?
Inquiets des progrès et des ravages de bar-Giora, surtout en Idumée, les qannaïtes lui tendirent des embüches, enlevèrent sa femme, et avec ce butin rentrèrent triomphants dans la ville sainte. Dans toute la fureur de la vengeance, bar-Giora égorgea tout ce qui se trouva sous sa main, si bien que les qannaïtes, pour le calmer, lui durent rendre sa femme?
Les Iduméens, chassés comme un troupeau dans Jerouschalaïm par bar-Giora, n’y vécurent pas longtemps en bonne intelligence avec le chef des qannaïtes Iohanan de Giskhala, dont la tyrannie, paraîtil, dépassait toute mesure. Averti sans doute de ces divisions, le rude partisan bar-Giora vint ceindre la ville avec ses bandes de sicaires, que du rempart on apercevait avec épouvante. Rien ne peut dépeindre l’angoisse des habitants, pressés entre les Iduméens et les