‹ Histoire d'IsraelChapitre 264 sur 311 · Josèphe, Guerre juive, V, xx, 2. Ibid., V, xx · texte numérisé non relu

Josèphe, Guerre juive, V, xx, 2. Ibid., V, xx

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fuges, pour voir s’il n’y avait pas, cachées dans leurs entrailles, des pièces d’or ?

Iohanan de Giskhala, à bout de réquisitions, ne trouvant plus rien chez les particuliers, mit la main sur les vases du temple, sur le vin et l’huile réservés pour arroser les holocaustes; ce qui, aux yeux de Josèphe, passa pour le comble de la démence et du crimel.

Le nombre de ceux qui se couchaient tout acoup inanimés dans les rues d’Ierouschalaïm croissait encore, de telle sorte que les hommes armés avaient peine à circuler à travers les monceaux de cadavres. La ville sainte ressemblait à un immense champ de bataille, le soir d’une boucherie. De ce charnier s’échappaient des émanations infectes, qui nes la peste dans Ierouschalaïm.

Enserrée par l’armée romaine, la cité de David n’allait pas tarder à subir les derniers outrages. En vingt et un jours s’élevèrent, contre la tour Antonia, les nouveaux aggeres, plus hauts que les précédents. En vain Iohanan de Giskhala tenta-t-il contre eux un audacieux coup de main: il fut repoussé.

Sous le battage répété des hélépoles, dont les coups devaient retentir si douloureusement dans le cœur des patriotes, s’écroula le premier mur de la tour Antonia (1 Thammouz, juin). Mais quelle fut la consternation des Romains, lorsqu'ils virent devant eux un deuxième mur, œuvre d’Iohanan de Giskhala !

Après une inutile tentative d’assaut, les assiégeants s’emparèrent, une nuit, par surprise, qu mur etde la tour Antonia. La belle forteresse fut rasée.

Aussitôt commença l'attaque générale de l’Hiéron. Ce fut une prodigieuse rage, une effroyable boucherie, de trois heures du matin à onze heures, mais qui n’eut pas de résultat. Le palladium de la liberté juive, le temple, représenté sur les monnaies que sur-

I, Josèphe, Guerre juive, V, xirt et VI, 1,

frappaient les patriotes, on le défendait avec fureur, Les qannaïtes espéraient toujours. Adonaï n’allait-il

pas envoyer à leur secours des légions d’anges ? Le

13 juin, ils bondirent sur la ligne de circonvallation, à l'endroit où elle coupait le mont des Oliviers, mais sans la pouvoir briser. Le cercle qui étreignait les assiégés se rétrécissait de plus en plus, et la première enceinte de l’Hiéron sentait presque déjà passer sur elle le souffle des légionnaires romains.

Dans leur délire patriotique, les Juifs incendièrent des portiques qui, au nord et à l’ouest, reliaient le temple à la tour Antonia. Le 20 juin, ils brülèrent la galerie septentrionale avec les Romains qu’elle portait.

Les assiégeants ajoutèrent leurs ruines à celles des Juifs.

Au milieu de ces horreurs, sous les flammes s’élevant de la montagne sacrée et dévorant le merveilleux édifice d’Hérodès, la famine sévissait de plus en plus. On vit la riche Martha, femme du grandcohène Iéschou bèn-Gamala, cueillir dans les rues une ignoble nourriture, et la belle Miriam, d’une famille aristocratique, manger son propre enfant 1.

Avec leurs machines de guerre, les Romains, six jours durant, frappèrent, sans relâche, mais inutilement, les murailles extérieures du temple. Ils tentèerent un assaut ; mais ils furent repoussés des Juifs jetant dans le gouffre tous ceux qui, sur une échelle, essayaient d’escalader l’'Hiéron.

Ce fut alors que Titus conseilla d’incendier les ‘portes du temple, qui flambèrent tout un jour et la nuit suivante. Avant l’attaque, se tint un nouveau conseil de guerre, pour décider de quelle façon on traiterait le sanctuaire. Ce conseil était composé de six chefs : Tibérius Alexander, commandant en chef ; Sex-

r. Josèphe, Guerre juive, VI, az Güittin, $6 a; Midrasch Threni, 67 c, 68 b.

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tus Céréalis, élevé au commandement de la v° légion Macedonica ; Lorcius Lepidus, chef de la x° Fretensis ; Tittius Frugi, de la xv® légion Apollinaris ; Maternus Fronton, chef d’une partie de la xr1° légion Fulminata; Marcus Antonius Julianus, procurateur de la Judée; et quelques tribuns et chefs supérieurs.

Devait-on détruire le temple ou le laisser debout ? Il semblerait que, grâce à la toute-puissante Bérénikê, ce fut Titus qui inclina le conseil de guerre vers la conservation de l'édifice 1.

Pressés par l’armée romaine dans l’aveuglante poussière des ruines encore brûlantes, les Juifs, le 9 Ab, firent une impétueuse sortie, qu’ils renouvelèrent le lendemain. Dans la poursuite qu’on leur donna le 10, un légionnaire, arrachant un tison enflammé caché sous les cendres, se fit soulever par un de ses compagnons et lança le brandon par la fenétre dorée. Le bois des chambres extérieures prit feu ; et, activé par le vent, l’incendie envoya bientôt vers le ciel ses jets terribles.

En vain Titus donna-t-il des ordres pour qu’on éteignît les flammes. Lui-même, pénétrant dans le sanctuaire encore intact, en put admirer les merveilles tant vantées. La haine des Juifs alla jusqu’à l’accuser d’avoir, à cette heure-là, dans le lieu saint, accompli avec Bérénikê, sur un rouleau de la Thora, l’œuvre d’amour?, Tout à coup, le feu s’engouffra aussi dans le sanctuaire, dont le fils de Vespasianus contemplait les beautés.

On a mis encore au compte d’un légionnaire ce dernier incendie, Ne fut-ce pas plutôt l’acte d’un sicaire, d’un violent patriote qui, dans le temple profané, résolut de brûler les profanateurs eux-mêmes? Toutefois, ceux-ci eurent le temps de se retirer,

Au mugissement des flammes, les Romains durent

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