‹ Histoire d'IsraelChapitre 283 sur 311 · L’ami d’Istubar, que d’autres appellent Hea-bani · texte numérisé non relu

L’ami d’Istubar, que d’autres appellent Hea-bani

— Lacune de quelques lignes, commençant le récit fait à Istar sur la mort du taureau, —

.… Ben et Nebo « Belbirut a brisé la force du taureau céleste, 11 a saisi le taureau par le devant, Dans la voûte de sa nuque (il a enfoncé son arme). rneBelbinut Et quant à Istubar, comme une héroïne, attaque-le et frappe-le. Dans les mailles de sa cuirasse (?) enfonce tes cornes. Depuis longtemps, il a fait disparaître ton cœur de la face Il t'a vilipendé à la face du soleil, [du soleil, Et de cela, tes frères sont dégoûtés! »

Et Istar monta sur le mur d’Erech, Déchira son vêtement et proféra cette malédiction : « Malheur à Istubar qui m'a outragée et qui a tué le tau-

[reau céleste, »

Et Belbirut entendit cette imprécation d’Istar, [Istar: Et arracha les testicules du bœuf céleste et les jeta devant « Oh! je rougirais, si je t’attrape comme celui-ci, et que a à ui tes cotes de sa peau! » [je épargne; star convoqua ses acolytes, Les femmes courtisanes (samhat) et les hiérodules (harimat), Et fit une lamentation sur les testicules du taureau céleste. Istubar appela tous ses guerriers revêtus de cuirasses, Et montra le poids de ses cornes à ses hommes du combat. Trente mines étaient le poids de l’albâtre de leurs volutes, Une demi-mine pesaient ses pointes, Quatre doubles gurs mesurait la plinthe, œuvre angulaire !: Il la coupa pour en faire une plinthe pour son dieu, Sarturda. Il la fit apporter et la plaça sous la couche de sa belle-mère. Alorsles (deux) lavèrent leurs mains dansles eaux de l’Euphrate. Ils s’acheminèrent et vinrent Vers le marché d’Erech à cheval.

Ils attendirent l’assemblement des chefs de la ville d’Ercch, Et puis Istubar parla ainsi aux habitants d'Erech : « Qui est habile parmi les puissants, Et vaillant parmi les héros?

« Tu es habile parmi les puissants, Et vaillant parmi les héros ?

.…. Son égal n'existe pas. »....

. 4.11 se pourrait, chose curieuse, que ce taureau céleste fût une statue vivante.

Istubar était rempli de joie :

I1 dormit sur. le lit de a nuit d’un sommeil profond. Belbirut, pendant qu’il dormait, fut troublé par un songe: Il se réveilla et expliqua ce songe, I] parla ainsi et dit :

— Ce qui suit est perdu. Il est probable qu’Istar, frustré dans son propre espoir, prend la résolution de chercher dans l'Enfer, où est retenu son fils et mari Tammuz, l’amour qu’elle ne peut plus retrouver sur la téèrre, —

DESCENTE D’ISTAR AUX ENFERSI.

« Que vers la terre dont on ne retourne pas (l’Aral), la terre de mon exil,

« Istar, fille de Sin, dirige son esprit! »

Et Istar, fille de Sin, dirigea son esprit (selon cette demande du fils),

Vers la maison de l'éternité, la demeure du dieu Irkalla;

Vers la maison où l’on entre, mais dont on ne sort pas;

Vers la route où l’on s’achemine sans retour;

Vers la maison où, pour celui qui entre, la cécité remplace la lumière.

C’est l’endroit de ceux qui sont affamés de poussière et qui mangent de la boue;

La lumière n’y est pas vue, on reste dans l’obscurité.

Leur vêtement, comme celui des oiseaux, est un habit de plumes,

Au-dessus de la porte et du pignon pèse la poussière.

Istar, en s’approchant de l’Aral,

Fit connaître son désir au gardien de la porte :

« Gardien de céans, ouvre ta porte!

Ouvre ta porte, pour que j’entre.

Si tu n’ouvres pas ta porte et que je n’entre pas,

J'en forcerai la porte, je briserai les verrous;

Je démolirai le seuil, je franchirai les portes;

Je ferai échapper les morts sous forme de loups-garous vivants;

1. Plusieurs savants ont avant moi essayé de traduire ce morceau : la traduction que j’en ai donnée, dans les Annales de philosophie chrétienne, et que mes successeurs ont tous suivie plus ou moins, est reproduite ici, sauf quelques changements de détails.

Et au nombre des vivants s’associeront les morts ainsi ranimés. »

Le gardien ouvrit la bouche et parla,

Et exposa ceci à la souveraine Istar :

« Sois la bienvenue, déesse, ne te fâche pas;

Je veux t’obéir et vannoncer à la reine des grands dieux. »

Et le gardien entra et dit à Allat :

«a Maîtresse de céans, ta sœur Istar (veut entrer);

Elle méprise la grande défense (de l'enfer). »

Allat, la maîtresse, ouvrit sa bouche :

« Nous sommes comme l'herbe coupée (eux sont du bronze.)

Nous sommes comme la plante fanée (eux sont comme l’arbre fleurissant).

Que m’apporte son courroux ? que m’apporte la colère de son foie? »

(Istar) : « Maïtresse de céans, je (ne veux pas me quereller) avec toi.

Je voudrais me manger moi-même comme du pain, je voudrais boire (mon sang) comme des ruisseaux,

Laisse-moi pleurer sur les héros dont j'ai livré les forteresses. \

Laisse-moi pleurer sur les épouses que leurs fiancés ont abandonnées,

Laisse-moi pleurer sur le petit nourrisson qui a été enlevé avant le temps. »

(Allat) : « Va, gardien, ouvre-lui ta porte,

Et mets-la nue comme le veulent les antiques usages ! »

Le gardien alla et lui ouvrit la porte :

« Entre, déesse, que ta volonté se fasse,

Que le palais de l’Aral s'étale devant toi! »

Il la fit entrer dans la première porte, la toucha et lui enleva la grande tiare de sa tête.

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu la grande tiare de ma tête? »

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

I1 la fit entrer dans la seconde porte, la toucha et lui enleva ses boucles d'oreilles,

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu mes boucles d'oreilles ? »

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

Il la fit entrer dans la troisième porte, la toucha, lui enleva les opales de son cou.

« Pourquoi, gardien, m'’enlèves-tu les opales de mon cou? »

Le 59

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

I1 la fit entrer dans la quatrième porte, la toucha, lui enleva les tuniques de son corps.

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu les tuniques de mon corps ? »

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

11 la fit entrer dans la cinquième porte, la toucha et lui enleva la ceinture en pierres précieuses de sa taille.

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu la ceinture en pierres précieuses de ma taille?

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

I1 a fit entrer dans la sixième porte, la toucha et lui enleva les anneaux de ses pieds et de ses mains,

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu les anneaux de mes pieds et de mes mains? »

« Entre, dèesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

Il la fit entrer dans la septième porte, la toucha et lui enleva le jupon qui couvrait sa pudeur.

« Pourquoi, gardien, m’enlèves-tu le jupon qui couvre ma pudeur ? »

« Entre, déesse, car ainsi le veulent les lois de la souveraine infernale. »

Après qu'Istar fut descendue à l’Aral,

Allat la regarda et se moqua d’elle à sa figure.

Istar ne se posséda plus et se rua sur elle.

Allat ouvrit sa bouche et parla,

Au dieu qui fixe les destinées (Namtar), elle fit connaître ses volontés :

« Va, dieu des destinées (écoute mes ordres).

Emméne-la, de soixante (maladies accable) Istar.

La maladie des yeux (sur ses yeux),

La maladie des côtés (sur ses côtés),

La maladie des pieds (sur ses pieds),

La maladie du cœur (sur son cœur),

La maladie de la tête (sur sa tête).

Et sur tous ses membres (répands la torpeur). »

Après cela, Istar, la déesse, fut enfermée dans le sanctuaire éternel.

Le taureau n'allait plus vers la vache, et l’âne ne voulait plus de l’ânesse,

L’épouse ne voulait plus de l’époux,

Le guerrier résistait aux ordres de son maitre,

FRAGMENTS M?THOLOGIQUES. 407

Et l’épouse résistait dans les bras de son mari,

Le dieu Turda (Papsukal) le serviteur des grands dieux, se déchira le visage en présence de Samas (le soleil):

« Redoute, Samas, l’accomplissement du destin. »

Samas s’en alla devant Sin (la lune), son père, qui envoya,

Vers le dieu des ondes, un messager du malheur :

« Istar est descendue sous la terre et n’en est point remontée,

Depuis que Istar est descendue aux Enfers,

Le taureau ne va plus à la vache, et l’âne ne veut plus de l’ângsse,

L'épouse ne veut plus de l’époux,

Le guerrier résiste aux ordres de son maître,

Et l'épouse résiste dans les bras de son mari. »

Le dieu des Ondes, dans la profondeur de son cœur, fit un projet,

Et créa Uddusramir (renouvellement de la lumière), le messager des femmes :

« Va, Uddusnamir, dirige ton esprit vers la porte de l'Enfer,

Et les sept portes de l’Aral s’ouvriront devant toi ;

Qu’Allat te voie, et qu’elle se montre à ta face,

De son cœur s’éloignera la satisfaction, et son courroux ne nuira plus.

Notifie à elle la volonté des grands dieux,

Exécute tes projets, dirige ton esprit vers l’outre de la résurrection, et qu’elle en boive les eaux! »

Lorsque Allat apprit cela,

Elle se frappa la hanche et se mordit le pouce,

Elle rendit la réponse en s’humiliant devant l’autre qui ne s’humiliait pas.

« Va, Uddusnamir, je t’infligerai la grande pénitence :

Que le ciment des fondations de la ville soit ta nourriture ;

Que la mare des cloaques de la ville soit ta boisson;

Que l’ombre du mur soit ta couverture;

Que les créneaux soient ta demeure;

Que le cachot et la punition anéantissent ta joie! »

Allat ouvrit la bouche et parla, l

Au dieu des destinées, son conseiller, elle exprima sa volonté :

« Va, dieu des destinées, pénètre dans le sanctuaire éternel.

Voile les tables de la connaissance de l’avenir qui forment la clef de voûte,

Fais sortir le dieu des Anunnaki, et assieds-le sur le trône d’or.

Abreuve Istar des eaux de la vie, et enlève-la de ma présence. » :

Le dieu des destinées y alla, pénétra dans le palais éternel ;

Il voila les tables de la connaissance de l'avenir qui forment la clef de voûte.

11 fit sortir le dieu des Anunnaki, et l’y assit sur le trône d’or,

Il abreuva Istar des eaux de la vie et l’'emmena.

Il la fit sortir par la première porte et lui restitua le jupon qui couvre sa pudeur.

11 la fit sortir par la seconde porte et lui restitua les anneaux de ses mains et de ses pieds.

Il la fit sortir par la troisième porte et lui restitua la ceinture en pierres précieuses de sa taille.

Il la fit sortir par la quatrième porte et lui restitua les tuniques de son corps.

Il la fit sortir par la cinquième porte et lui restitua les opales de son cou.

Il la fit sortir par la sixième porte et lui restitua les boucles de ses oreilles.

Il la fit sortir par la septième porte et lui restitua la grande tiare de sa tête.

Puis Istar ne refusa pas sa libération, et retourna sur la terre supérieure en disant,

Elle dit au dieu Rejeton, le petit époux :

« Je voudrais rendre les eaux sacrées, ce serait mon bonheur (d’être là-bas auprès de toi.)

.… Qu'elle brise la coupe d’albâtre (mystique),

Et que la joie apaise son courroux,

Et que le maître des destinées lui impose le silence.

Je remplirai de pierres voyantes le vide de mes genoux ?, »

.… Le Maïtre des destinées lui (à Allat) imposa silence,

Elle (Istar) remplit de pierres voyantes le vide de ses genoux et dit :

« Elle ne m'a pas endommagé une seule côte.

Et cependant, du temps du dieu Rejeton, on m'a ravi la coupe d’albâtre, on m'a ravi avec elle l'anneau de cornaline*;

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