Prostituées sacrées
s Osée, 1v, 13 et 14. Le nabi Oschéa distinct du roi d'Israël].
IEHISQIA. — CHUTE D'ISRAEL. 41
La vie d’Israël et celle même d’Iehouda, depuis le schisme, semblent bien une longue sarabande, une danse effrénée, d'hommes gais avec des filles de joie, interrompue seulement de temps à autre par le cri du meurtre et par la voix austère des nabis. Mais à la fin, avant d’être éternellement dispersée par la dernière invasion d’Assour, la ronde, en Israël, devient plus rapide et moins chaste; avec plus de fièvre les mains s’étreignent ; hommes et femmes ont jeté au loin leurs derniers voiles. Sous l’ombre douce des térébinthes, ils sacrifient tous à la déesse de la joie. C’est au bruit des baïsers violents en même temps que des pas formidables d’Assour que s'écroule la maison d’Israël,
Voici l’histoire de cet écroulement.
Provoqué par Élulai, roi de Zour, Schalmanou-äsir IV (le dieu Schalman est bon, Salmanasar), le dur roi d’Assyrie, s’élance contre lui, soumet sans résistance Zour ainsi que toute la Phénicie, Elle était bien belle, Schomron sur sa colline, et bien fertile était le territoire d’au-dela! De plus Israël ne méritait-il pas les représailles d’Assour, pour ses intrigues avec Mizraïm? Aussi Schalmanou-âsir se laissa-t-il tenter. Après les Phéniciens, il s’occupa des tribus leurs voisines.
Oschéa va au-devart du roi et se soumet au tribut.
Mais, apprenant que le roi d'Israël, pour échapper à sa vassalité, continuait d’intriguer avec le roi de Mizraïm Schabaq, à qui il avaitenvoyé des messagers, Schalmanou-âsir se jeta sur la Palestine et fit entourer Schomron par ses bandes qui paraissent en avoir mené le siège assez mollement, ainsi que celui de Zour. Quand Sarkina (le roi fort, Sargon) s’empara du trône d’Assyrie, tout le pays jusqu’à la Philistie était soulevé contre lui. Ahaz étant mort, Iehis- .qia (Ezéchias), son successeur, reçut un message qui l’engageait à entrer dans la ligue contre Assour, mais il ne voulut pas le faire. Sans combat, Sarkina commença par s'emparer des villes phéniciennes, Zidon, Akko, Palai-Tyr. Les Phéniciens soumis lui fournirent
soixante vaisseaux et huit cents rameurs pour assiéger la nouvelle Tyr.
Tout tremblant, le nabi Zekaria, dans une strophe d’une éblouissante beauté, dépeint cette expédition de Sarkina avec ses ravages :
Ouvre, 6 Libanon, tes portes;
Le feu va dévorer tes cèdres.
Fais la lamentation, 6 cypres,
De ce qu’il tombe, le cèdre,
De ce que les magnifiques sont abattus.
Faites la lamentation, 6 chênes de Baschan, De ce qu'elle descend, la forêt inaccessible. Elle se lamente, la voix des bergers,
Parce que leur gloire gît à terre.
Elle rugit, la voix des lionceaux,
Parce qu’elle est à bas, la parure de l’Iardén1.
Il avait raison de se désoler, le nabi : d’Akko Sarkina marche sur Schomron par la plaine d’Isréël, enlevant, chemin faisant, les villes dont les habitants fuient vers la capitale.
Malheur ! s’écriait Eschaya, à la couronne, orgueil des ivrognes À la fleur séchée, brillante parure [des tribus], [d’Éphraim ! 2] Posée au sommet de la grosse vallée... 3
Voyez ! un fort, un puissant vient de la part d'Adonaï,
Comme une pluie de grêle,
Un tourbillon destructeur.
Tu seras foulée aux pieds,
© couronne, orgueil des ivrognes d’Éphraïm,
La fleur séchée, brillante parure [des tribus],
Posée au sommet de la grosse vallée,
Sera comme la figue avant la récolte :
TOZACHas ST:
D'UIS VRXNII.