PEUPLE. D'ISRAEL
PREMIÈRES INVASIONS ASSYRIENNES. — CHUTE DU ROYAUME D’ISRAEL.— LES NABIS OU PROPHÈTES : IOEL, AMOS, OSCHÉA(OSÉE), ZEKARIA I°(ZACHARIE), ESCHAYA 1° (ISAÏE), MIKAYA (MICHÉE).
Rois d’'Iehouda : Athalia (Athalie), (887-881); Toasch (Joas), (881-840); Amazia (840-811); Ouzia (811-758); Totham (758-743); Ahaz (Achaz), (743-727).
Rois d'Israël : Tehou (Jehu), (887-859); Toähaz (Joachas), (859- 842); Toasch d'Israël (Joas), (842-825); Tarobeäm II (825- 773); Zekaria (Zacharie), (773-772); Schalloum (Sallum) (772); Menahem-bén-Gadi (772-762); Péqahia (762-759); Péqah (759-742); Menahem IT (742-753); Péqah (753-730); Oschéa (Osée) (730-721). x
OURANT d’Isréël à Schomron (Samarie), lehou y surprit les frères d’Ahazia, le roi d’Iehouda, qu’il fit égorger. Son dessein étant d’exterminer jusqu’au dernier les prêtres de Baal dévoués aux Omrides, il fit publier : « Ahab a un peu servi Baal, chou le servira de toutes ses forces. » Dans le temple
il fit rassembler, sous le prétexte d'une grande cérémonie religieuse, les prophètes de Baal, dispersés dans tout le pays. Au moment où l’holocauste flamba en l'honneur du dieu, des soldats, pénétrant dans le sanctuaire, l’inondèrent de sang. Tout ce qui appartenait à Baal fut égorgé. Avec lui, pour ses exécutions, Iehou avait Ionodab, fils de Rekab, comme Schelomo avait eu Benayahou.
Subtil autant que féroce, il ne laissait pas sans explication religieuse ses meurtres politiques. Parents, serviteurs, amis d’Ahab, tout ce qui avait approché l’ancien roi fut massacré dans Isréël.
Pendant qu’'Israël avait roulé de révolution en ré- ‘volution, Iehouda, jusque-là, s’était montré plus calme : il était attaché à ses rois, fils de David, oints d’Iahvé, . de telle sorte qu’un ambitieux n'aurait pu les massacrer pour s'installer à leur place, sâns soulever contre lui tout le peuple; les drames sanglants des palais de Thirsa, de Schomron et d’Isréël, avaient été épargnés à Millo. Mais, avec lafille de la Tyrienne : Izébel, un élément tragique s’est introduit en Ichouda. Que fait à cette étrangère, à cet apre sang-mêlé, Ja race de David? et comment respecterait-elle ces rois, sectateurs d’Iahvé? sa mère Izébel ne lui a-t-elle pas appris à les détester ? Déjà, sur son ordre, ont été égorgés les fils d’Ioschaphath, les frères de son époux.
Voulant régner seule en Iehouda, et peu disposée après la mort de son fils Ahazia à rentrer dans la vie privée, Athalia, se dressant, frappa' toute la race royale ?. Jalouse et terrible, elle n’épargna pas, sans doute, la jeune femme de son fils, Zibiya Beerschélia. Mais à ses fureurs échappa un fils d’Ahazia, Ioasch, âgé de six ans, qu’il avait eu de Zibiya : Ioschéba, fille d’Ioram et sœur d’Ahazia, enleva secrètement son
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ATHALIA. 3
neveu, et pendant six ans le cacha dans le temple d’'Iahvé. Elle était l’épouse du grand-prêtre.
La terreur qu’inspirait Athalia fut telle, que devant ces affreux égorgements tout le monde se tut. Pas un nabi ne se leva pour crier, Les cohènes et les lévites continrent au dedans d’eux-mêmes toute leur indignation. Beau-frère d’Ahazia, le grand-prêtre Ioyada lui-même se conforma au mutisme général, attendant, il est vrai, une occasion favorable pour éclater, et, dans le temple, nourrissant avec soin un vengeur de tant de princes massacrés. Il avait installé l’enfant Joasch dans une chambre où dormaient les lévites.
En même temps qu’Iehou, en Israël, détruisait les aschéras élevés à Baal, Athalia, fille de la Tyrienne Izébel, les plantait dans Iehouda. Elle établit à Millo, près du palais royal, tout un essaim de prêtres, à Ja tête desquels elle mit Mathan. Profana-t-elle le temple? Moins logique dans son audace que certains rois venus plus tard, elle paraît n’avoir pas fait dresser, dans le temple de Schelomo, le symbole honteux du phal-
lus; mais elle y détruisit, semble-t-il, le’ culte d’Iahvé. __ Six ans (887-881) durèrent la domination d’Athalia et l’obéissance absolue des familles Iehoudites au joug de la Tyrienne,
Mais Je cœur d’Ioyada n’était pas soumis. Le cohène-hagadol gagna les kariens, garde royale composée de mercenaires, qu'Athalia avait postés près du temple pour en fermer l'entrée au peuple les jours du Schabbath. Sans doute ces hommes avaient contracté des liens étroits avec la maison de David : en apprenant que dans le temple on en avait conservé un reste, ils se rangèrent avec enthousiasme autour de lui. loyada les fit mettre tout autour dela maison d’Iahvé, leur distribua des lances et d’autres armes ; et, quand tout fut prêt, il tira de la chambre où il avait grandi le fils d’Ahazia, le couvrit du diadème, versa sur sa tête l’huile d’ onction. Alors tous, frappant dans leurs mains, s’écrièrent : « Vive le roi! »
Longtemps comprimée, la conscience du peuple fit
explosion ; on se précipita vers le temple pour y saluer le jeune roi, descendant de David.
Avertie de l'émotion populaire, l’ardente Athalia se rendit elle-même à la maison d’Iahvé; mais quel spectacle imprévu s’offrit à son regard! Un roi enfant sur une estrade, près de lui des sars{ et tout le peuple se réjouissant et sonnant de la trompètte. AMCetre vue, déchirant ses vêtements, Athalia s’écria : « Complot! complot! »
« Traînez-la hors du camp!» dit aux gardes Ja voix du grand-prêtre. Près du palais, qu’elle avait inondé de sang, les kariens l’égorgèrent.
De là, le peuple se porta vers le temple de Baal, peu éloigné du palais royal, y saccagea tous les autels et les aschéras, et, s’emparant de Mathan, le massacra devant l’autel.
Conduit par les gardes du corps mercenaires et par tout le peuple, le nouveau roi fut amené au palais de ses ancêtres et placé sur le trône, où la foule enthousiaste le put contempler. In avait alors que sept ans, et ne faisait gucre prévoir quelle destinée il réservait à Iehouda et à la famille du grand-prêtre.
On établit une garde du temple. Dans les sanctuaires égyptiens il y avait aussi un bataillon de jeunes hommes chargé de veiller sur le mobilier et Je trésor du dieu ?
Agé de sept ans, Ioasch tomba sous la domination du grand-prêtre Ioyada. Plus tard, sur l’avis sans doute du cohène-hagadol, il songea à restaurer la
1. Le mot sar, chez les Hébreux, a la plupart du temps le sens de chef de soldats, d’autres fois celui de grand du peuple. Chez les Pen le même mot a le même sens. En assyrien, il répond au titre de roi.
2. Sar-Amen était chef des jeunes gens du temple d’Ammon. Voir E. Ledrain : Le papyrus de Luynes, dans le 3e fascicule de : Recueil de monuments relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes.
IOASCH D’'IEHOUDA. $
maison d’Iahvé. 11 semble que, d’abord, il ait rencontré dans l’avarice des prêtres un obstacle sérieux : ceuxci ne voulaient point donner, pour la restauration des murailles saintes, l’argent apporté au sanctuaire. Mais le roi, d'accord avec le cohène-hagadol, ayant placé une sorte de tronc à l’entrée du temple, eut soin qu’on y déposat les offrandes. À certains jours, le scribe royal et le grand-prêtre faisaient la levée du tronc. La somme était remise à ceux qui dirigeaient les travaux de restauration ; on réservait cependant aux cohènes l'argent pour les amendes et pour les péchés.
Malgré tout, en dehors d’Ierouschalaïm, sur les collines d’Iehouda, rien n'avait pu abattre les bamoth1,
Après avoir restauré le culte d’Iahvé, le grandprêtre Ioyada pouvait s'endormir heureux : pas un pieu de Baal ne se dressait dans la ville sainte, pas une prêtresse-courtisane ne souillait, avec ses amants, les cellules du temple. Plein de jours — il avait cent trente ans — Joyada mourut. Pour reconnaître ses services, on l’ensevelit en Ir-David, dans le tombeau des rois ?.
lehouda, délivré de cette forte main qui le maintenait dans le culte d’Iahvé, se remit à kananiser, Le cohène-hagadol était à peine entré dans la maison d’éternité, que les sars d’Iehouda, à force de caresses, parvinrent à s'emparer de l'esprit du roi et replantèrent partout les aschéras.
En vain les nabis luttèrent-ils contre le culte voluptueux, on ne les écouta pas. Alors, tout rempli du souffle d’Iahvé, Zekaria (Iahvé se souvient), fils d’Ioyada et son successeur, menaça publiquement le peuple de l’abandon deson dieu. Mais la foule, mobile dans ses convictions, la même qui avait voulu naguère déchirer Athalia, jeta, sur l’ordre du roi, des pierres dans le parvis du témple et lapida le grand-prêtre.