‹ Histoire d'IsraelChapitre 88 sur 311 · INFLUENCE D@PARSISME · texte numérisé non relu

INFLUENCE D@PARSISME

Aeschmo-dœva) les avait tués tous les sept le soir des noces, avant qu’ils fussent entrés dans le lit nuptial. Voici comment le jeune Tobia évita le sort des autres époux de Sara.

En passant avec l’ange près du Tigre, il s'était emparé d’un gros poisson qui avait voulu le dévorer. Avec le cœur et le foie du monstre, qu’il posa sur de la braise, il fit, la nuit, des fumigations devant lesquelles s’enfuit Aschmodaï (Asmodée). De retour chez ui, le jeune époux. fit tomber la cécité qu'avait occasionnée à son père la fiente chaude d’un oiseau, en mettant sur les yeux du vieux Tobia le fiel de l’ énorme poisson.

Cette recette, comme la famigation dans la chambre de Sara, lui a été indiquée par l’ange dont il a été accompagné durant le long voyage de Ninive à Ecbatane en Médie, et d’Ecbatane à Ninive, et qui dépouillant, à la fin, son déguisement et son nom emprunté d’Azaria, dévoile et sa nature et son véritable nom de Rafaël.

Ce conte précieux porte bien la marque de l’époque persane, et non d’un temps postérieur. Aucune trace d’hellénisme en effet; mais, partout, l’ange et le démon Î. Auxiliaire d’Ezra et de Nehémya, l’auteur veut que l’on apporte la dîme au temple d’Ierouschalaïm; et

1. Du livre de Tobie, écrit en hébreu, il ne nous restait, comme plus ancienne version, que la traduction grecque. Un texte chaldéen cependant avait servi à saint Jérôme pour sa version latine. M. Neubauer, bibliothécaire à Oxford, a publié, il y a deux ans, un texte chaldéen de Tobia, acquis à Constantinople, par M. Fischel Hirsch, d’Halberstadt et cédé par celui-ci à la bibliothèque bodléienne. Pour M. Neubauer, saint Jérôme, quand il faisait sa traduction de Tobia, avait sous les yeux le texte de la bodléienne, mais plus complet. Tobia, dans le chaldéen récemment retrouvé, est à la troisième personne; dans les autres versions, il parle à la

première. The book of Tobit. Oxford, 1878.)

son récit tout entier ne va-t-il pas à recommander les mariages avec les filles du peuple et à proscrire les unions avec les étrangères ? C’est comme la contrepartie du livre de Routh.

En même temps que s’organisait la communauté juive, Sanballat avait fini par accepter son excommunication. Il résoiut d’honorer Iahvé à sa manière. Exclu du Morià, il s'installa sur le Garizim, et y bâtit un temple, auprès de la vieille cité de Schekem, dans le centre même de la Palestine (420). Le cohène- hagadol du nouveau culte fut Menasché, le fils d'Éliaschib, gendre de Sanballat, qui lui avait fait épouser sa fille Nicasol. Se prétendant Israélites et fils d’Ioseph, les étrangers adoptent en même temps la Thora de Mosché?:

Il y avait là, groupés autour du sanctuaire du Garizim, quelques vieux restes d’Israël, les Ammonites de Tobia, les Arabes de Géschem, les Kuthéens de Sanbaliat.

Telle est l’origine de la secte des Samaritains, devant laquelle ne désarmeront jamais le dédain et la colère des durs Juifs, et dont les dernières familles vivent encore, dans un coin de Naplouse, avec leur grandprêtre et un vieux rouleau de la Thora écrit en caractères samaritains. Leur langue, fort mêlée, était une sorte de patois, composé d’araméen et d’autres éléments étrangers. Il n’en reste guère, comme monument, que le Pentateuque, avec quelques œuvres écrites plus tard, comme les Épitres samaritaines des Schekémites à Ludolfe3, quelques chants édités par Gesenius. À

Page 1