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CONQUÊTE D’ALEXANDER

scribes, des docteurs de la Thora, dont le modèle est Ezra.

Eschaya, le plus grand des nabis, Zekaria, Oschéa, ont beau parler, avant l'invasion de Nabou-koudourousour, les Juifs n’en continuent pas moins leur ronde effrénée, sous les aschéras ou pieux phailiques.

C’est au retour seulement qu'Ezra et les scribes, armés de la Thora, ploient le cou libre et indompté d'Israël. Eux seuls, à cette heure-là, sont puissants. Restes d’un autre âge, Maleäki et Haggaï, les nabis, ne jouent aucun rôle. C’est à peine si l’on entend leur Voix.

En 336, Alexander le Grand avait succédé à son père Philippos, roi de Macédoine, assassiné à Œgée par Pausanias. D’une ambition démesurée, plein de rèves grandioses, le nouveau roi franchit bientôt l’Hellespont, et sur le Granique détruisit l’armée de Darayavous Kodoman. Il se promena ensuite triomphalement dans la Lydie, l’Ionie, la Carie, l’Hellespont.

Ayant rassemblé une armée plus nombreuse que la première, Darayavous se jeta dans la Cilicie, où il rencontra encore une catastrophe plus terrible que la précédente. Battu près d'Alexandrie, sur les bords de l’Issus, il prit la fuite.

Ses richesses, ainsi que sa femme et ses enfants, devinrent la proie d’Alexander, qui se jeta sur la Syrie, prit la ravissante Damesseq, Zidon, et assiégea Zour (Tyr).

Pendant que son armée campait devant cette ville, Alexander envoya des messagers à Iehouda, le grandcohène d’Ierouschalaïm, pour lui enjoindre de payer désormais à lui-même le tribut dont il était convenu avec Darayavous. Mais le grand-cohène s'étant refusé à violer le serment de fidélité qu’il avait prêté au roi de Perse, Alexander lui jura que, Tyr prise, il aurait soin de le châtier.

La ville, pleine de vaisseaux, fut en effet enlevée d'assaut. Ce fut ce jour-là que s’accomplit réellement, en elle, la prophétie poétique d’Iehezqgel, et que cessa

le bruit de ses rameurs et de ses voiles, qui, agitées par le vent, fendaient l’air comme de grandes ailes d'oiseaux. Après avoir réduit au silence la ville populeuse, Alexander se précipita sur Gaza, où commandait Babenézès, et, au bout de deux mois, s’en empara.

Il songea ensuite a châtier Iehouda.

Sanballat, accouru devant Tyr, dans l’armée d’A lexander, avec huit mille hommes, s'était présenté à lui comme un Juif, et son gendre Menasché comme grand-cohène de la nation, tous les deux disposés à favoriser, parmi les leurs, l'établissement de la domination grecque. Mais le vieux Sanballat, fatigué de ses dernières campagnes devant Zour et devant Gaza, se coucha avec ses pères Î, Sans cette HoPe qui sait si les Samaritains, soutenus par Alexander, n’auraient pas acquis, dans la communauté juive, la prépondérance ?

Le roi grec, délivré des intrigues de Sanballat, comprit bien vite où était la force de la nation juive, et qu’il valait mieux avoir l’alliance du mont Morià que celle du Garizim, Il s’adoucit tout à coup; et Ierouschalaïm, qui s'attendait au pillage, vit entrer dans ses murs un vainqueur tout pacifique.

De ce retour, qui était le fruit d’une politique habile, les thalmudistes firent un miracle. Ils racontèrent l’entrevue d’Alexander avec le grand-cohène en l’entourant de toutes sortes de merveilles. Le commentateur de Meguillat Taanit (rouleau du jeûne) ne ménage même aucun anachronisme. Il place, à cette époque, dans le souverain cohénat, Schimeün hazadiq (le juste), qui vécut plus tard, et le met en présence d’Alexander. Enveloppé de ses vêtements sacerdotaux, accompagné de mille conseillers habillés de blanc, et d’une quantité de flambeaux, il désarma complètement Alexander, qui alla jusqu’à descendre de son char et à se prosterner devant lui2.

1. Josèphe, Antig. juives, Liv. XI, ch. vuir. 2. J. Derenbourg, Essai sur l'histoire,.… p. 41 et 42.

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