Histoire d'Italie, de 1789 à 1814
But de l'ouvrage. — État de l'Italie en 1789. — Origine des droits féodaux; modiflcations qui y ont été faites, et opinion du siècle à ce sujet. — Aperçu sur la religion. Causes qui ont amené la suppression des jésuites, et ses effets. — Eloge de Joseph 11, empereur d'Allemagne; précis de ses réformes. — Voyage de Pie vi à "Vienne. — Bienfait du gouvernement du comte de Firmian, dans le duché de Milan. — Éloge de Léopold, grand-duc de Toscane; ses nombreuses et utiles réformes; heureuse situation de la Toscane sous ce prince. — Doctrines de Scipion des Ricci , évéque de Pistole, et de son synode. Comment ces doctrines sont reçues à Rome. — État du royaume de Naples ; opinions qui y régnaient ; administration du marquis de Tanucci ; réformes exécutées ou espérées. — Situation de la Sicile; son parlement. — Situation du duché de Parme sous les ducs Philippe et Ferdinand; bonne administration de Dutillot. — Récit de ce qui se passait à Rome, et projets qui s'y formaient; caractère de Pie vi ; sa magnificence ; ses efforts pour le dessèchement des marais Pontins. — État du Piémont; caractère de Victor Amédée ni, roi de Sardaigne ; ses règlemens sur l'armée, l'administration et les finances. — État de la république de Venise; nature de son gouvernement; caractère de ses peuples. — Situation des républiques de Gènes , de Lucques et de Saint-Marin. — État du duché de Modène , et caractère de son prince. — Résumé général des opinions qui avaient prévalu en Italie en 178g.
Jkckis l'histoire moderne d'Italie; que penseront les contemporains ? je l'ignore. Les excellens historiens florentins s'arrêtent à la fin du dix-septième siècle. Eux seuls peut-être, parmi tant tome 1. i
d'écrivains de toutes les époques et de toutes les nations, s' affranchissant de l'esprit de parti, ont osé dire la vérité. Les temps depuis ont empiré de telle sorte, le système d'adulation s'est tellement propagé, qu'une histoire impartiale paraît aujourd'hui un ouvrage plutôt impossible que difficile à produire. J'entends toujours répéter, néanmoins, que l'histoire est le flambeau des âges; qu'elle éclaire les peuples et les rois ; mais si elle est écrite dans le goût qui domine, quelle science peut-elle enseigner, si ce n'est celle du mensonge? quelle garantie présentera un pareil guide sur la route obscure de la vie? On s'en fera une idée, si l'on réfléchit que les choses humaines se gouvernent avec des réalités, et non des chimères. Déjà la plupart de ceux à qui j'ai communiqué mon projet , mont déclaré sans balancer qu'ils voyaient dans son exécution imprudence, impossibilité ou péril; mais j'ai cru remarquer que si la flatterie est recherchée , elle s'offre avec plus d'empressement encore ; de sorte qu'il y a plus de bassesse chez les historiens que d'exigeance et d'ambition chez les princes. Ainsi, sans prétendre à plus de liberté littéraire que n'en obtinrent Benoît Varchi , ou François Guicciardini , du duc Cosmes, et Nicolas Macchiavel du souverain pontife , qui lui concéda un ample privilège pour l'impression de ses ouvrages , j'ai la confiance qu'on m'en accordera une semblable; à moins