‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 20 sur 38 · LIVRE PREMIER. 3g · texte numérisé non relu

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ce prince de ses conseils dans les discussions survenues avec le saint siège. On craignait en effet que celui-ci ne profitât de l'avènement d'un nouveau duc pour exciter des troubles , en revendiquant ses droits de souveraineté sur le duché. La prudence et l'habileté de Dutillot répondirent à la confiance de la France et du duc Philippe. Il s'entoura des plus grands génies de l'Italie , parmi lesquels il faut nommer Contini , théologien très versé dans la science canonique, et Turchi, capucin fort instruit, d'une éloquence remarquable, et partisan des libertés ecclésiastiques, encore bien qu'étant devenu évêque, il ait changé, je ne dirai pas d'opinion, mais de langage. Grâce aux soius de Dutillot, les mœurs s'épurèrent à un tel point dans cette belle partie de l'Italie , les lettres et les arts y acquirent un tel degré de splendeur , que le règne du duc Philippe fut appelé 1 âge d'or de Parme. Il est très vrai qu'à cette époque, l'Italie ne possédait point de ville mieux civilisée ni plus savante. Par les conseils de Paciaudi , appelé tout exprès de Rome à cet effet , on perfectionna les règlemens de l'université; une académie des beauxarts fut créée, ainsi qu'une magnifique bibliothèque ; et pour que de bonnes institutions fussent secondées par de bonnes études et de bons modèles, on appela de différens pays, outre Contini et Paciaudi, Venini, de Rossi, Bodoni, Condiilac, Millot et Pajol. Dutillot lui-même n'offrait pas

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les moins bons exemples à imiter ; il avait de la dignité', de l'éloquence, de la politesse, et toutes les qualités qui rendent un homme parfait. Disons encore que le duché s'enrichissait par des manufactures créées ou rétablies ; s'embellissait par des palais, des routes, et des promenades publiques. Ainsi s'écoula le règne fortuné de Philippe sous le ministère de Dutillot.

Philippe mourut en 176$; Ferdinand, encore mineur, lui succéda. Dutillot continua de gouverner, et avec la même sagesse. A cette époque, la cour de Rome exigea du nouveau duc un tribut à titre d'investiture. Dutillot s'y opposa vigoureusement ; le pape lança l'interdit sur le duché. Le ministre défendit les libertés du pays avec un courage remarquable. Plusieurs écrits furent publiés à cette occasion, entre autres une défense de la liberté du duché contre Rome, ouvrage très estimé du professeur Contini. Ces événemens excitèrent contre Dutillot la haine et les artifices des papistes, déjà fort avant dans les bonnes grâces du jeune prince. Néanmoins, le ministre conserva ses pouvoirs pendant toute la minorité de Ferdinand. Ce prince, ayant atteint sa dix-huitième année, prit les rênes de l'état, et marcha vers un autre but. Dutillot fut congédié, les papistes dirigèrent tous les mouvemens du prince. L'inquisition fut établie à Parme; mais son action fut modérée, les contributions peu

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