‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 21 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

onéreuses, et le gouvernement sans rudesse. Ce qui déplaisait au plus grand nombre , c'e'tait la rigueur extrême avec laquelle on faisait exécuter certaines pratiques extérieures de la religion. En cela, le peuple ne pouvait pas dire du prince que ses actions démentaient ses paroles, puisqu'il donnait ses audiences dans la sacristie, chantait au choeur avec les moines, servait la messe, sonnait les cloches, et classait les saints dans le calendrier de l'année. Mais, pendant que Ferdinand récitait des prières, les peuples acquéraient des connaissances, et Parme conserva sa réputation de science et de politesse.

Le siège de saint Pierre, ainsi que nous l'avons dit, était occupé à cette époque par Pie vi, pontife destiné à éprouver les extrémités de l'une et l'autre fortune. Son prédécesseur, Clément xiv, pauvre moine appelé par ses vertus aux grandeurs de la papauté, avait conservé, dans un rang si élevé, cette pureté de mœurs, cette simplicité de vie dont il s'était fait une habitude dans le silence du cloître. Au milieu du faste de Rome, dans la capitale de la chrétienté, dans un siècle où les esprits voulaient tout approfondir, et tendaient même évidemment à l'irréligion, cette conduite de Clément xiv parut aussi intempestive, aussi dangereuse, qu'elle était en soi digne d'éloges et exemplaire; mais quand on est sourd à la vérité, on est insensible à la vertu. Il faut alors avoir

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recours à la pompe comme à un remède suprême, parce que les hommes sont disposés à voir, dans la grandeur, une compagne nécessaire de la raison , et que le respect qu'on leur impose est un acheminement à la persuasion qui leur manque.

Ces réflexions influèrent sur l' esprit des cardinaux au point qu'après la mort de Clément , ils élurent pape le cardinal Braschi , trésorier de la chambre apostolique, et dont toutes les actions brillaient d'un éclat peu ordinaire. Peut-être, en effet, possédait-il à un plus haut degré qu'aucun homme de son temps l'excellence des formes, l'éloquence du langage, la finesse du goût et la grandeur des manières. Il procédait en tout avec tant de grâce et de majesté, que la vénération qu'inspirait sa personne était en harmonie parfaite avec le respect que l'on portait au saint siège. A la vérité, ces qualités mêmes le faisaient tomber dans les excès contraires. Par exemple, Pie vi était bel homme; mais il voulait paraître tel, et plus peut-être qu'il ne convenait à sa dignité; son éloquence était quelquefois prétentieuse, et sa grandeur ressemblait trop souvent à l'orgueil. Du reste, absolu et irritable, il supportait difficilement les contradictions. Tel était le pape Pie vi. Quant à ses mœurs, elles furent non seulement irréprochables, mais encore dignes d'éloges; et il faut voir, dans les bruits qui coururent à cet égard, le langage

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