‹ Histoire d'Oliver Cromwell Par J.M. DargaudChapitre 153 sur 177 · LIVRE norZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE norZIÈME

La Tour de Londres fut pour lui une citadelle de gloire et un piédestal. Tandis que le général Lamliert se flétrissait et se sauvait par des concessions lâches, lui Vane s’immortalisait et se perdait par des obstinations généreuses. Il demeura libre penseur avec une teinte biblique et républicain opiniâtre. Il n'avait plus qu'un but, celui de rendre témoignage aux principes en s’immolant. Il fut intrépide devant ses juges. 11 ne désavoua rien. Son caractère grandit près du dernier supplice comme l’ombre vers le soir.

En 1(1(50, sur une pétition du parlement pour sir Henri Vane, le roi avait déclaré que, le prévenu n’étant pas régicide, grâce ' lui serait faite de la vie, 'même s’il était condamné. Vane rappela cet engagement de Charles IL II lui fut répondu que le roi ne pouvait pardonner au pécheur impénitent. Charles II était plus irrité encore que son chancelier de la fermeté de Vane. 11 existe de cotte époque une lettre royale dont j’ai vu l’original et qui est fort curieuse. Charles II s’adresse à Clarendon et lui écrit : Il m’a été rendu compte de la défense de

sir Henri Vane, hier au tribunal. Si l’on ne m’a pas trompé, il ■ a eu rinsolencé de justifier tout ce qui a été fait, ne reconnaissant en .Angleterre de pouvoir suprême que le parlement, et soutenant d'autres choses parèilles. (.)n vous aura aussi rapporté la séance. Si Vane a donné quelque nouveau motif de le pendre, c'est bien certainement un homme trop dangereux à/ laisser vivre, pour peu que nous puissions nous en défaire honnêtement. Pensez-y... « Placé entre une abdication de sa conscience et la mort, sir Henri Vane ne balança pas; c’est la mort qu’il choisit.

Il dédaigna, soit de rétracter le passé, soit môme d’avoir recours i la clémence royale. « Charles Stuart, dit-il, a promis au parlement de m’épargner; c’est assez. S’il ne tient pas à son honneur, moi je ne tiens pas à ma vie; qu’il la prenne. ->

Sir Henri Vane n’eut pas un abattement ni un trouble. Il sefortifia sans effort dans la méditation et dans la prière. Le matin de son exécution, il dit è un ami : « Ne t’afflige pas. Je vais dans un monde mèilleur. Dieu, qui a dit à Moïse d’aller sur le sommet du mont Pisgah et de mourir, m’a dit à moi '

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d’aller ‘sur le sommet de Tower-Hill et de mourir. J’obéis. »

• La douceur d’être accompagné sur l’échafaud par ses dômes* tiques fut accordée, puis retirée à Vane. Il ne se plaiguit pas. Son calme était si parfait, que le shériff s’étant présoAté à l’heure fixée pour le supplice, sir Henri Vane se leva et dit froidement : «« Je suis prêt. — 11 me faut encore une- demi-, heure, répondit le magistrat. C’est votre affaire, repartit Vane, et il se rassit paisiblement. « Il attendit sans aucune impatience*, puis, au signal du shériff, il monta sur un traîneau, qui le porta lentement à Tower-Hill. Il .salua sur sa route les spectateurs qui raccueillaient et qui lui criaient : « Le Seigneur soit avec vous ! « Parvenu sur l’échafaud, il conunenru une harangue qu’il ne put achever. Le gouverneur de la Tour, sir John Robinson, insulta Vane, et le traita dhmposteur lorsqu’il aborda les illégalités de son jugement. Le shériff vint au sqcours du gouverneur, en étouffant cinq ou six fois à propos la voix sainte, du martyr par le son métallique des trompettes et par le sourd battement des tambours (juin 1662).

Un témoin indigné écrivait en Suisse à Ludlow : « Sir Henri Vane s’est honoré à jamais en soutenant jusqu’à la fin les libertés mourantes de son pays. Il est clair que tous ceux qui semblaient avoir part au bénéfice de l’amnistie seront punis en sa personne, et cela parce qu’il a entrepris de justifier sa conduite en se fondant sur l’autorité du grand parlement. « Pojir sir Henri Vane, cette autorité était la première, et il ne craignit pas de lui subordonner l’autorité royale. H paya son audace de sa vie. Mais ses bourreaux furent déçus, malgré leur triomphe. Car le sang de Vane cria mieux vers le ciel que n’eussent fait même ses éloquentes lèvres sans les roulements de caisse et les bruits de clairons de la tyrannie.

Dans tous ses portraits, Vane a la figure lumineuse. Ses yeux regardent au loin^ sa bouche sourit légèrement. Les joues palpitent à la surface. Les tempes Rattent. Rien n’étonne cette physionomie patiente avec sérénité, intrépide, avec douceur. Elle exprime dans l’éclat d’une fièvre intérieure l'hai'monie

ardente du génie et de r<àme. Au delà de ce visage expressif, # »

on ne sait ce qui brûle le plus de la vertu ou de l’intelligence.

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ni ce qui brille le plus dans ces traits stoïques de la grandeur intellectuelle ou de la grandeur morale^

Le colonel Hutchinson ne pouvait être épargné comme régicide. C'était l’un des hommes les plus éminents du Nottinghamshire. Sa famille, fort considérée, était 'originaire du comté d'York, Trèsrjeune encore, il avait épousé par amour miss Allen Apsley, dont le père était lieutenant de la Tour de Londres. Miss Allen était charmante à l’ombre du monument tragique, semblable à ces flgurs qui éclosent pour égayer les prisonniers entre les pierres sombres des cachots.

. A l’époque de son mariage (1(>38), sir John Hutchinson était doué de toutes les qualités «lu rqng, de l’éducation, de la nature et de la fortune. Sa taille était souple, sa démarche légère, son maintien noble,^ sa physionomie d’une fermeté imperturbable. Il avait lû teint animé, les cheveuï bruns, les yeux pleins d’éclairs, la bouche énergique, le menton en pointe comme sa barbe, le front harmonieux, le nez fin, mais un peu trop en l'air, ce qui était la seule dissonance de cette figure, dans tout le reste des traits, gntve et rélléchie.. Ce jeune homme, si bien fait pour l’amour, dépassait par le dévouement le cercle du foyer domestique. Patriote ardent, chrétien sévère, il paraissait marqué d’avance pour l’héroïsme, peut-être pour le martyre.

Pendant les deux premières années qui suivirent son marnage, il étudia profondément la théologie. La révolution le prit ensuite et la restauration le tua.

Mistriss Hutchinson, qui a retracé l’àme de soir mari dans des mémoires très-saisissants, était une madame Roland puritaine. De madame Roland elle avait le talent, la vers’e, l’intelligence, le style, — avec une grandeur de plus : la piété.

Le colonel Hutchinson, lui, était bien au-dessus de Roland. Il était un Roland patricien, héroïque, hébraïque, et, par surcroît, beau, élégant, séduisant dans son austérité. Il ne fut jamais le second, ni môme l’égal de sa femme, il en était le premier et le supérieur. Ennemi des Stuarts et de Cromwell, favorable aux niveleurs modérés, aux hommes de la cinquième

HISTOIRE d'olivier CR0M\\'EI.L

monarchie dont il était un peu hii-mème, il fut surtout un républicain sincère et religieux.

Quoique régicide, il vécut sans peur et mourut sans regret de son verdict sur Charles Tous ces juges croyaient à la légitimité du long parlement qui les avait constitués et à la culpabilité du prévenu royal qu*ils décapitèrent.

Hutchinson subit onze mois de captivité, soit i\ la tour de Londres, soit au fort de Deal, sur la côte orientale du comté' de Kent. Cette captivité, du* reste fort meurtrière, fut charmée par la femme du colonel, par Sa fille, par son frère et par un seul livre, la Bible, ce livre des Anglais autant que des Hébreux. Le colonel Hutchinson malade se traînait au bord de là rner, le plus souvent qu’il pouvait, accompagné d’un gardien qu’il oubliait, puis il rentrait et se recueillait sous les voûtes malsaines de la citadelle, toujours méditant le livre sacré. Il priait plu.s qu’il ne dormait, domptait ses souffrances, son agonie même. Lorsqu’on lui demandait de ses nouvelles, quelques heures avant le dernier soupir, il ré])ondait, la main sur sa Bible : Je suis bien, et rempli de foi. »» Sa plus grande

amertume fut de n’avoir pas au chevet de ses suprêmes douleurs sa femme et sa fille. Même de cette angoisse du cœur, il‘ fit le sacrifice. « Qu’il en soit ainsi, s’écria-t-il, puisque Dieu

ne l’a pas voulu! Cette âme guerrière, si tendre à tous les , * »

siens, si secourable aux malheureux, si miséricordieuse aux vaincus, fut donce envers la mort (11 septembre IGOl).

Le colonel Ludlow et les sun’ivants des régicides erraient en exil. La proscription pour eux, lorsqu’ils trouvaient un abri, s’éclairait d’un rayon fugitif. Plus l’hospitalité de tous les pai's leur était perfide, plus celle de' Berne leur inspira de reconnaissance. Après les sables mouvants de îa Hollande, où ils s’engouffraient, le sol granitique de la Suisse les porta comme une patrie nouvelle.

Milton avait cinquante et un ans à l’époque de la restauration. Il fut remis à la garde d’un sergent d’armes pendant deux mois. Davenant, le poète cavalier qui avait été lieutenant général de l’artillerie dans l’armée du marquis de Newcastle durant la guerre civile, s’acquitta envers Milton avec une géné-

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reuse sollicitude. En 16ij0, Milton avait usé de son influence auprès de Cromwell pour délivrer Davenant de prison; en 1660, Davenant employa toutes ses séductions k la cour de Charles II pour rendre la liberté à Milton. Il eut le bonheiw de réussir. Ce Davenant éurit un charmant aventurier, adonné au vin, aux vers et à l'amour. Il avait été page de la duchesse de Kichmond, et il se fit catholique pour plaire à la reine Henriette, la femme de Charles D'. On assurait, et il ne s'en défendait pas, que Shakespeare était son père. Il était né de la belle hôtesse d'Oxford, qui recevait sous son toit la plus haute noblesse d’.\ngleterre. Shakespeare s'y arrêtait aussi lorsqu’il allait de Londres à Slratford. Ce fut dans un ces séjours à Oxford qu’il eut Davenant de l'hôtesse très-renommée qui résistait à plus d’un lord et «(ui céda au grand William. Cette tradition et cette généalogie, nous en convenons, sont incertaines. Dn voudrait qu’elles fussent vraies; on voudrait que Milton eût sauvé le fils de Shakespeare, et que le fils de Shakespeare eût sauvé Milton, afin qu’une communication alîectueuse et- en quelque sorte personnelle eût rattaché l'un k l’autre d’une rive de l’éternité à une rive dn temps les deux plus merveilleux poètes des Troh^Royaumes.

Sa liberté recouvrée, Milton se cacha dans un faubourg de Londres. Les cruautés de la restauration sévissaient, et sans scs mâles prudences, le secrétaire de Cromwell n'aurait pas été épargné, quoiqu’il fût seulement un régicide de plume, non de hache. C’est dans la douleur du citoyen et dans l'extase du poète qu’il continua le Paradis perdu, commencé un peu avant la mort du protecteur et fini en 166.').

Un bonheur et une habileté de Milton, c’est le sujet de son poème. }vutre destinée à tous s’y relie à nos premiers pères d'une façon admirable. C’est nptre, sort, notre avenir qu’ils décident, et nous nous intéressons autant à nous qu'à euxmèmes. Et pois ce n'est pas le poërae d'un peuple comme X Iliade et X E acide, c’est le poème de tous les peuples, le poème du genre humain.

Satan, J’Ulysse de l’Enfer, mais im Ulysse hautain, jette

HLSTOIRE I)’(^LIVIER CROMWELL

beaucoup de pathétique sur le drame entre Adam et Êve dans les magnificences de l'Éden. ^

Adam et Kve s’éveillent dans le jardin des fécondes déKoes, se reposent sur des mousses et marchent sur de? herbes que nul pied n'a encore foulées. Ce jardin devient ie champ de bataille de l’enfer et du ciel. Satan et les démons, Dieu et les anges se disputent le couple primitif. Êve succombe et donne raison à Satan. Adam, qui a été faible, et Èvej. qui a. été coupable, sont conduits par l’archange saint Michel hors du jardin. Avant de partir vers le sombre inconnu, ils se retournent et voient l’épée de feu de l’Éternel qui leur interdit le retour. Us sont consolés par les visions. L’étoile des rois luages et des bergers brille, et le berceau deda Rédemption apparaît à l’ijorizon lointain. Le doux Messie est le dénoûment futur du poëme,. et répand une lueur d’espérance sur la détresse d’Adam et d’Ève lorsqu’ils franchissent, tout enveloppés tle hasards et d’angoisses, le seuil d’un monde nouveau.

Le Satan de Milton, plus fier que le Prométhée d’Eschyle, est une création incomparable; elle est, de plus, une créatibn nationale. Car Satan, c’est le plus splendide des vices, c'est l’orgupil; et ce vice grandiose est le nom même de l’Angleterre. La révolte de ce superbe et des démons contre Dieu, l'univers déchu par la séduction de la fe,mme séduite elle-même et par l’entrainement de l’hommé, l’intercession du fils de l'Eternel auprès de son père, et le monde racheté par le Christ après avoir été perdu par Satan : voilà certes un beau sujet d’épopée ; et, pour comble de gloire, l’exécution égale la con-r ception de ce plan prodigieux.

Les vers de Milton sont électriques. Une âme sort des signes alphabétiques dès qu’il les emploie, et ses rhythmes sont si véritablement divins, que chacune de ces notes musicales recèle une vertu. Ce style a toute l’intensité du génie saxon, et en même temps, la grâce, la simplicité, l’harmonie, le parfum du génie antique. Si la perfection du style fut atteinte dans l'ile révolutionnaire des puritains, ce fut par le secrétaire de Cromwell, qui était bien plus le secrétaire des muses. Jamais Dieu ne trouva un plus grand métaphysicien, ni Satan un plus grand

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artiste pour les révéler: jamais Éden, avec les transports du premier amour, ne fut peint d’une telle main de maître. Et pourtant ce ne furent ni Dieu, ni Satan ni les anges de l’enfer et du ciel qui inspirèrent le mieux Milton, ce fut la femme ! Pour lui façonner une demeure, il fut d’abord le plus grand paysagiste du matin du monde, puis il la créa elle-môme dàns le mystère, la montrant et la dérobant à demi à travers une vapeur d'idéal. Cette Êve de Milton défie tous les songes des poètes. Baignée dans le crépuscule et dans les rosées qui précèdent l’aurore, elle est la plus chaste comme la plus belle de toutes les femmes voilées de pudeur.

Le type d’Êve pour Milton fut la femme anglaise. Il avait été marié trois fois. Sa première femme, Marie Powell, lui donna trois filles qui grandirent comme trois grâces sévères autour du poète, du patriote et du pamphlétaire intrépide. La seconde femme de Milton, Catherine Woodcock de Hackney, n’eut pas d’enfants. La troisième , Elisabeth Menshlal , fut une autre mère pour les filles de Marie Powell, qu’elle aidait dans leurs soins assidus auprès du vieillard aveugle. Ces quatre femmes, encouragées, soutenues par le jeune quaker Ehvood, le meilleur ami de Milton, se succédaient, soit pour lire au poète tantôt VIliade, tantôt YOdyssée, soit pour écrire sous sa dictée cet autre poème digne d’Homère : le Paradis perdu.

Ce fut au milieu de ces douceurs de la famille que Milton expira (novembre 1674), à l’une des extrémités de Londres, dans une maison modeste dont les fleurs couvraient l’indigence.

Il mourut stoïquement, en républicain persévérant. Il n’exprima nul remords ni de ses opinions, ni de sa justification du régicide. C’était un homme d’État convaincu. Sa grande âme n’avait eu qu’une erreur, et cette erreur qui n’avait point été une action, quoique peut-être plus désastreuse par sa portée, ne lui pesa point.

Il n’était pas si oublié qu’on l’a dit. Les courtisans frivoles du débauché et vil Charles II, ces fats amusés par Waller, par Rochester et Cowley, raillaient Milton, et lui, qui avait une concentration fornfidable de passion, il les objurguait de haut en bas comme l’eût fait un prophète.

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HISTOIRE d'olivier CROMWELL

« Ce -sont des chiens, disait-il, qui ont tous un collier au cou. Mille contre un, ils se décideront peut-être à mordre ' en' attendant, ils aboient après le vieux lion et le harcèlent de loin.

«* Ils m’accusent d'ètre pauvre, écrit-il encore : c’est que je n’ai pas estimé la richesse. Ils m’accusent d’être aveugle : c’est que j’ai usé mes yeux au service de la liberté. Ils m’accusent d’être lâche ; et l'épée au côté, en face de mes ennemis, jamais je n’ai craint personne. Ils m'accusent d’être difforme; et quand j'étais dans l’àge de l’amour, nul ne fut plus beau que moi.

- J’accepte tout ; j ’aceepte même ma cécité. Ne serait-elle pas l'ombre de Dieu qui semble me couvrir avant que la lumière m’apparaisse ? **

Milton avait commencé avec Charles P** par la haine; il finissait avec Charles II par le dédain. L’amertume de ce sentiment, il est vrai, se noyait dans l’amitié, dans les tendresses du foyer et dans un océan d’inspiration. Milton avait vécu dans les luttes du citoyen ; il exhala son dernier soupir dans des symphonies épiques, et son esprit s’envola sur les ailes des cantiques sacrés qui vibraient de Dieu en lui et de lui en Dieu.

Son poëme du Paradis perdu est aux poëmes antiques ce que r.' me est â l’imagination, ce que la Judée et l'Angleterre sont à la Grèce et à Rome, ce qu’est la Bible à Virgile et à Homère. Aussi monumental que la Pitine Cwtiédie, le Paradis perdiiy égal à X Iliade et à X Odyssée ^ est supérieur à la Jérusalem dèlitrèe y car l'epopée du Tasse n’est qu’un jeu ravissant, et celle de Milton est une théogonie, un évangile, une prière. Le protestantisme dépassé, mais par son propre jaillissement, avait eu son poëte dramatique dans Shakespeare, son philosophe dans Bacon, il aura plus tard son poëte lyrique dans Byron. En 1GG5, il avait dans Milton son poëte épique.

Il eut aussi en lui son écrivain politique.

Les grands instincts de l’Angleterre avaient besoin d’être burinés par un tel homme. Ses pamphlets sont des manifestes. On voit mieux la route de la révolution à la clarté des charbons de feu qui brûlaient les lèvres de Milton qu’à la lueur de

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