LIVRE Qt ATRIlblE
milice commandée piir ses créatures, par des généraux hostiles à la liberté? Y avait-il autre chose à faire qu’à prendre pour arbitre le dieu des armées?
Le roi n’éprouvait pas moins de défiance qu’il en inspirait. 11 ne songeait, lui aussi, qu’à la guerre.
La reine l’avait rendue possible, et en avait augmenté toujours les chances propices. Elle avait disposé sans scrupule des diamants de la couronne. Elle avait envoyé successivement de Hollande le colonel Goring avec deux cents officiers, le général King avec des armes et des munitions pour six mille hommes. Elle-même débarqua, le 22 février 1013, à IJridlington, ajjrès avoir déjoué la vigilance du vice-amiral parlementaire Batten. qui croisait sur cette côte pour la capturer. Elle apportait des approvisionnements de toute espèce et le prestige électrique de sa présence. Une maison lui avait été préparée à Bridlington sur le quai. Elle y repo.^a deux nuits, mais le 21 ou lui signala le vice-amiral Batten. .Vverti par sa police du rivage, exaspéré d’avoir été évité dans des parages qu’il connaissait si bien, il envahit la radç de Bridlingtpn et y, jpta- l’ancre, puis il mitrailla pendant deux heures la maison quq la reine occupait. Une personne de sa suite fut atteinte mqrtellement près d’elle. Epouvantée, elle s’échappa de sa demegre et alla se réfugier dans la campagne, derrière pne colline où elle, s’abrita contre la colère brutale de Batten. Le comte de Newcastle,, qui commandait dans le nord pour le coi, accourut vers U reine et l'escorta jusqu’à la. ville d'York. Efle gagua bieutét à sa cause sir John Hotham et son fils, qui çoqimandaient à lIulL et sir Hugh Cholmley, qui était gouveruQur de Sçacboroqgh. Elle séjourna quatre igois dans le comté d’York et visita Edge-liiii, où le roi lui montra comme, un champ de victoire. .cette plaine de Keynton, où pourtant il avait été plus défait que U’iorophant. La reine désirait que l’on marchât sur Londres. Elle, n’admettait pas les, obstacles. Elle voulait avoir raison une fois pour toutes du parlemeut, comme si; la cour des Stuarts, cette cour au quart papiste, aux trois quarts anglicane et toute absolutiste, eût tenu la Grande-Bretagne l’é-volutionnaire à sa merci. Ce projet toniha. : c’était, une illusion chevaleresque; c'était
HISTOIUE d'olivier CROMWELL
une tentative vaine de femme légère et de reine aventurière contre une nation puissante, déjà presque républicaine et puritaine. Pym, au nom des communes, accusa cette princesse de haute trahison (mai Ki43).
Vers cette époque, le poëte Edmond Waller, parent du général William Waller, neveu de Hampden et cousin de Cromwell, travaillait à un plan moins sensé encore que celui de Henriette. JjC brillant conspirateur était encore plus chimérique, — car la reine avait une armée, et lui n’en avait pas.
.\u mois de janvier 1043, il avait été envoyé avec plusieurs de ses collègues du parlement à Oxford pour faire au roi des propositions de paix. D'un rang inférieur aux membres de la députation, il ne fut convié que le dernier à baiser la main au roi. « Quoique le dernier, lui dit Charles à voix basse, vous n’ètes point le pire, ni le moins en faveur auprès de moi. - C’était une amorce. Edmond Waller y fut pris. Son imagination s’enflamma. Il résolut de livrer au roi, si bon pour lui, les principaux membres du parlement, le lord maire et tout le comité de la milice. Trois mille hommes venus d’Oxford seraient prêts, des lords et des députés seraient complices. Il faudrait introduire les troupes royales, s’emparer de Westminster, de la Tour, et tuer tout ce qui ne se rallierait pas.
Il y avait plusieurs conjurés ardents, Challoner entre autres. Tomkins, le beau-frère de Waller, était le confident le plus intime du poëte. Leurs entretiens mystérieux attirèrent l’attention, aiguisèrent la curiosité de Roe, domestique de Tomkins. Le serviteur épia son maître et Waller. Caché derrière une tapisserie, il entendit les secrets de la conjuration et s’empressa de les convmuniquer à Pym, un Cromwell politique de l’Angleterre, avant que Cromwell en fût le Pym général. Pym écouta Roe, le 30 mai, et garda le silence. Ce ne fut que le lendemain, au sermon, que, recevant par un billet la confirmation du complot, il Se leva de soft fauteuil. Son visage était inquiet, mais déterminé. Les députés qui se trouvaient là, l’entourèrent aussitôt et l’interrogèrent sourdement. Pym répondit, se concerta rapidement avec eux, et tous ensemble disparurent du temple. Le sermon continua au milieu d’un trouble