‹ Histoire d'Oliver Cromwell Par J.M. DargaudChapitre 58 sur 177 · LIVRE QCATRIKMB · texte numérisé non relu

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décapité Strafford et lui-même , ces presbytériens superbes allaient tomber à leur tour. Hollis, le plus provoquant et le plus indigné d’entre eux, groupe en vain ses amis autour du comte d’Essex, l’heure des presbytériens ne tardera pas.

Hollis a les plus belles ardeurs. Il est éloquent, il est brave, il est implacable au vice, à la ruse, à l’iniquité. Sa plume est de fer rouge, elle écrit en lettres de feu pour ses contemporains et pour la postérité la condamnation de Cromwell et do Saint- John, de Cromwell le dictateur, de Saint-John le légiste de la tyrannie. Pourquoi donc Denzil Hollis lui-même est-il parfois si odieux? C’est que son orgueil est plus monstrueux encore que ses raisons ne sont bonnes et ses opinions sages. Je l’aimerais mieux homme que gentilhomme. L’homme, s’il est peuple, n’a pas d’envie; s’il est noble, il n’a pas d’insolence; il s’élève à l’égalité avec aisance ou il y descend avec grâce. Tel n’était pas Denzil Hollis, aristocrate jusque dans son sommeil. Sa faiblesse et son ridicule, c’est d’être trop âprement et trop étroitement d’une caste, comme Laud était d’une Eglise.

Donc Hollis n’empêchait rien avec ses cris d’aigle. Il eût tout empêché par ses intelligences auprès de la chambre des pairs, que l’ordonnance du renoncement à soi-même exaspérait. Mais l’opinion publique, les communes et l’armée, agissant de concert en cette conjoncture, Essex, Hollis, Stapleton et les autres furent annulés. Les lords subjugués adoptèrent l’ordonnance dû self denying, le 3 avril 1645.

Le 7 du même mois, sir Thomas Fairfax, un brillant marteau de guerre dont Olivier Cromwell tenait le manche, un officier supérieur vaillant et docile, fut nommé général en chef. Il prit à Windsor le commandement de l’armée parlementaire. Skippon, un vieux routier des camps, lui fut adjoint comme major général de l’infanterie. Il avait, ce bon compagnon deSkippon, une verve familière d’éloquence, d’intrépidité et de plaisanterie qui enlevait les troupes, — surtout les fantassins et les miliciens, des hommes du peuple. De plus, nul ne lui contestait une expérience consommée de l’art militaire.

Le roi, ne voulant livrer absolument ni la hiérarchie épiscopale qui, selon lui, n’appartient qu’à Dieu, ni le commande-

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