LIVRE DEUXIEME
John Selden. — Laad. — Thomas Wentworth, loid lieatenant d'Irlande. — Son apostasie. — Sonmiasioii da roi à laraiw. -* Condamnation de Prjnne (1632). — Déportation de Bastwick et Barton. — Opposition de Hampden an ship money. — Son procès. — Son portrait. — Voyage du roi en Ecosse ^1633). — Il rent lai imposer la liturgie anglicane. — Le advenant écossais (1638). — Marche da roi vers Berwick. — Lealey. — Charles traite avec l'armée écossaise (1639). — Le parlement refuse les subsides. — Sa dissolution (1640). — Combat de Newhum.
— Le long pariement. — * Ses iUnsttttions : Hampden, Saint-John, Denzil fioUis^ Pym, Henry Vanc, Selden, E. Hyde, sir Kenelm, lord Falkland^ Cromwell. — Cbambre des lords. — Le comte d'Essex« — Milton. — Sidney. — Les cavalien.
— Les têtes rondes. — Les puritains. — Les presbytériens. — Betoar de Pryime (1640). -i- Le parlement fait arrêter lord Strafford et Land. — Procès de Strafford. — Son jugement. *- Sa mort (1641).
Il fallait que le doc de Buckingham eût bien profondément blessé le sentiment public en Angleterre, puigque je trouye parmi ses accusateurs obstinés le noble et modéré John Selden.
Cet homme de tant d'érudition et d'un esprit si lumineux, qui acquérait la science par amour de la vérité et qui la répandait à flots par amour de l'humanité , se fit emprisonner par amour de la liberté , sous Charles I^. L'opposition d'un tel homme, si bon et si grand, est une condamnation de Buckingham et du maître de Buckingham. Il les reprit avec sa douceur et sa supériorité lorsqu'ils violaient les lois, comme il confondait la fourberie ou l'ignorance des prêtres de son temps, qui citaient à faux l'Écriture sainte. U se contentait de dire aux théologiens : « Peut-être est-ce traduit ainsi dans votre Bible de poche dorée sur Iranche, mais voici ce que signifie soit l'hébreu, soit le grec. » A Buckingham il disait : — « Pre-
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nez garde, le tonnage et le pondage sans l'approbation des communes, les prêts forcés dans les maisons de la vieille Angleterre amèneraient le divorce entre la dynastie et le peuple. Or, c'est le mariage qu'il faut maintenir par de meilleures mesures. » Il disait cela, John Selden ; il parlait tour à tour ainsi soit au clergé, soit au gouvernement, et cet homme admirable triomphait avec modestie.
On crut, à la mort de Buckingham, que tout allait changer, et rien ne changea. Car la reine devint la favorite comme Buckingham était le favori. Il était arminien, elle fut catholique. Elle fut aussi avide d'argent, aussi éprise du pouvoir absolu pour en percevoir, au mépris du parlement.
« L'affection du roi pour la reine, écrit le grand comte de Clarendon, était une sorte de mélange extraordinaire; c'était un composé de devoir, d'amour, de générosité, de gratitude et de tous les sentiments qui élèvent la passion au plus haut degré. Aussi ne voyait-il que par les yeux de cette princesse, et ne se décidait-il que d'après son opinion. Ce n'était pas assez pour lui de payer à la reine ce tribut d'adoration ; il voulait encore qu'on sût bien qu'il était dominé par elle, ce qui n'était bon ni pour lui ni pour cette princesse. A une grande beauté la reine joignait un esprit et un caractère excellents; elle répondait à la tendresse du roi par les plus nobles sentiments, et tous deux étaient le véritable idéal de l'union conjugale. Le duc de Buckingham avait, pendant sa vie, tenu soigneusement cette princesse éloignée des affaires ; dès qu'elle fut admise à connaître les plus secrètes et à y prendre part, elle trouva un tel charme d'abord à les étudier et à les discuter, ensuite à les décider, Jju'elle y apporta toujours l'énergie de la passion.
«« Elle avait tant souffert de se voir condamnée, tant qu'avait duré le règne de ce fameux favori, à ignorer tout et à ne se mêler de rien, qu'elle ne connaissait plus d'autre plaisir que de savoir tout et de prononcer souverainement sur tout. Il ne lui paraissait que juste qu'elle disposât de toutes les grâces et de tous les emplois comme l'avait fait ce favori, qu'au moins le roi ne se déterminât sur rien sans sa participation. Cette princesse ne réfléchissait pas que l'envie générale qui se déchaîna