‹ Histoire d'Olivier CromwellChapitre 206 sur 217 · LIVRE DOrZlfc.ME · texte numérisé non relu

LIVRE DOrZlfc.ME

maux ce que Guillaume a versé en Liens dans le monde. C'està riiistoire d’offrir à la postérité des balances équitables.

Avant de déposer la plume, je suis retenu par je ne sais quel charme sévère devant une estampe rare de Guillaume III. Il me semble qu’elle ajoute une lumière de plus à mes recherches. C’est Cromwell qui a rendu possible Guillaume. Cromwell avait été plus loin que Luther, plus loin que Calvin, plus loin que Henri VIII et que Knox; il avait été jusqu’au socinianisme, jusqu’au théisme , puisqu’il avait laissé ses amis déraciner la liturgie, retrancher les prêtres du milieu d’eux, réduire le culte à la prière. Serait-on jamais arrivé à la tolérance, si la théologie n’eût été ainsi labourée, retournée et remuée en tous sens par les sectes? Cromwell, qui les favorisa, était fidèle en cela à sa mission la plus haute. Il eut par là surtout sa raison d’être, le grand protecteur, digne d’avoir pour symbole la liberté de conscience, pour propagande la victoire, digne aussi d’avoir pour secrétaire Milton et pour successeur vraiment sé- v rieux Guillaume III.

Le portrait de Guillaume, c’est lui-même. Froide et austère est sa physionomie, mais imposante et profonde. Une énergie suprême pénètre les yeux réfléchis, la bouche forte, les plis des joues creux comme des sillons. Le travail, la politique ont dévasté ce visage protestant, orageux comme la lutte dans les traits inférieurs, calme comme le triomphe par tout le front, avec l’arrière-mélancolie d’un devoir accompli contre la nature. Cette figure songe certainement à Guillaume le Taciturne et à l’amiral de Coligny. Elle leur dit : « Êtes-vous contents? >• Quelle que soit la réponse et quels qu’aient été les succès, la coupe de cette vie a été amère à Guillaume III; elle a communiqué à ses lèvres un frémissement et un dégoût. Il est triste, le roi Guillaume, sous sa couronne, sous son rêve. Le diamant lui-même n’est pas exempt d’ombre ; malgré son éclat incorruptible, il suffit d’une larme pour le ternir !

DOCUMENTS ÉCRITS

Rapin de Thoyras, neveu de Pélisson, né à Castres en IGOl, mort à Wesel en 1725.

Son Histoire à' Angleterre est un excellent ouvrage. Ce qui lui donne plus de prix encore, ce sont les notes de Nicolas Tindal et un abrégé très-bien fait des Actes de Rymes.

Thomas May, secrétaire du parlement.

Il avait entrepris V Histoire du long parlement, mais ses récits (2 vol.) n’embrassent la révolution que de 1640 à 1043. Thomas May est un grand esprit et un écrivain éminent.

Hai.lam. Histoire constitutionnelle de V Angleterre.

Ce livre, le meilleur de Hallam, doit être consulté et approfondi. Hallam a du coup d’œil, des aperçus. Ses recherches sont curieuses, son style naturel. C’est un publiciste fort distingué, une sorte de Tocqueville anglais. M. Royer-Collard les surfit beaucoup l’un et l’autre à leur apparition, mais en les surfaisant il les mit à la mode en France.

Ltngard. Histoire d' Angleterre.

Journaux des deux chambres.

Œuvres de Louis XIV, publiées en 1806.

Guizot. Histoire de la révolution d' Angleterre (6 vol.). Monk (1 vol.).

ViLLEMAiN. Histoire de Cromnell (2 vol.).

Philarète Chasles. Olivier Cronmell (\ vol.\

Entre autres services rendus à Thistoire d’Angleterre par MM. Guizot, Villeraain et Chasles, le premier si politique, le second si littéraire, le troisième si pittoresque, il faut compter leurs traductions soit de renseignements, soit de discours, soit de lettres, traductions si heureuses, qu'elles sont devenues des pièces originales de notre langue.

Thomas Carlyle. Il appelle la révolution d’Angleterre la Crom'ivelliade. C’est un enthousiaste de Cromwell, un détracteur de Hume et de Lingard, de Clarendon et de Rushworth, de tout et de tous, un seul excepté, son héros régicide. Si Thomas May, trop officiel, est singulièrement un historiographe, Carlyle, lui, qui du reste a été fort utile eu découvi'aut beaucoup de lettres inédites de Cromwell, n’est ni un historiographe, ni un historien. C’est tantôt un fanatique, tantôt un satirique pamphlétaire. Il adore ou il outrage. La vérité n’est rien pour lui, le paradoxe est tout. C’est un annaliste humoristique. Le caprice est son génie. On ne saurait le lire assez, ni assez s’en méfier.

Clarendon (Edward Hyde). Histoire de la rèhellion^ — en anglais, 3 vol. in-fol. ; en français, 0 vol. in-12.

Mémoires sur sa rie prixée et sur son ministère^ 4 vol. in-8°.

Clarendon eut des commencements énigmatiques. Il était à la fois dans la confidence des parlementaires et dans les secrets de Charles auquel il se voua en homme de parti. Il était ambitieux et très-passionné. Il a su dans l’exil jusqu’à des plans d’assassinat contre Cromwell, et il ne s’y est point opposé. Sir Symonds d’Ewes a laissé des manuscrits qui l’inculpent beaucoup, mais la noble originalité de Clarendon est de ne perdre à aucune époque le sentiment moral. Ce sentiment a chez Clarendon des éclipses très-courtes, au delà desquelles on retrouve toujours la conscience.

Le comte de Clarendon est un homme d’Etat un peu trop jurisconsulte et anglican. Sa grande supériorité est sa supériorité

DOCUMENTS ÉCRITS

d'écrivain. Môme lorsqu’il ne persuade pas il intéresse, et ses histoires vivent. Ses portraits sont de main de maître, et on ne les oublie pas plus que les portraits de Saint-Simon.

Bl’rnet, évêque de Salisbury. Histoire démon, temps (4 vol.).

Ces mémoires sont certainement l’un des livres les plus spirituels et les plus judicieux de toute la littérature anglaise.

Thurloe, né en IGIO, mort eu 1668.

Ses Papiers à Etat (7 vol. in-folio), publiés par Birch. Documents indispensables.

Le major Huntington. Mémoires.

Ces petits mémoires sont un acte de courage. Ils tendent à. j)rouver, par le récit d’un témoin, que le but d’Ireton et de Crom^vell est de gouverner tyranniquement, à l’aide de l’armée, Londi’es, le parlement, le roi et le royaume. Ce fut une dénonciation à ciel ouvert. Huntington ne pouvant en saisir le parlement, la livra au public par la voie de la presse. Ce livre, que beaucoup ont appelé un pamphlet, je l’appelle, moi, une magnanime page d’histoire.

Edmond Ludlow. Mémoires (3 vol.).

Ces mémoires abondent en révélations curieuses, variées, inattendues. Ludlow, à qui l’on souhaiterait souvent plus d’horizon, fut brave, sincère, incorruptible. C’est un républicain et un régicide de bonne foi.

Procès de Charles

Journal de la haute cour.

Relation imprimée par ordre da parlement

Eik&ii Basüikè, ou Image royale.

Sir Thomas Herbert. Mémoires.

Wkitelocke. Mémoires,

Les mémoires de Whitelocke sont un chef-d’œuvre d’expérience, comme les mémoires de sir Thomas sont un chef-d’ceuvre de sentiment.

HISTOIRE d’olivier CROMWELL

Mistriss Hutchinson. Mémoires.

Ce sont des mémoires admirables de cœur, d’imagination, d’honnêteté et de talent. Ils peignent avec un grand charme la physionomie des temps.

Mémoires de la famille Cromwell, par Marc Nolle.

Fragment de M. Say, Lettre du docteur Broolie, Opinion de M. Hentling Luson sur mistriss Bendysh , petite-fille de Cromwell,

Charles IL Mémoires par lui-même. Très-authentiques.

Mémoires de Price, chapelain de Moiik.

Vie de Monli, par Gumble, autre chapelain du général.

Mémoires de Henri Clarendon sur la révolution de 1088.

Récit sur la révolution de 1688, par le duc de Buckingham.

Ce troisième duc de Buckingham n’était pas même parent du favori de Charles ni du favori de Charles II, sir George Villiers et son fils. L’auteur de ce récit est John Sheffield, qui fut comte de Mulgrave avant d’être créé duc de Buckingham par la reine Anne. Il épousa en troisièmes noces une fille naturelle de Jacques II, ce qui le faisait beau-frère de la reine, quoique de la main gauche.

Mémoires de Philippe de Warwich,

Ils contiennent des détails fort curieux sur la révolution. Philippe de AVarwick est homme de cour et n'est point homme d’Ëtat. Il écrit à bâtons rompus. Là où il est le plus intéressant, c’est sur la captivité de Charles beaucoup moins intéressant toutefois que sir Thomas Herbert.

Mémoires de Fairfax,

Mémoires de Denzil Hollis,

Lire ce livre tout palpitant d’âme avec précaution. Tout en applaudissant à l’éloquence presbytérienne et aristocratique de

DOCUMENTS ÉCRITS 445

Hollis, il faut se tenir en garde contre les excès où Tentraîne sa passion politique.

Mémoires de sir John Rereshy,

Sir John Reresby était un député ministériel à tout prix. Il raconte naïvement ses simonies. C’est un député et un fonctionnaire qui ne rougit plus, et qui avoue sans honte comme beaucoup d’hommes de son temps ses trafics intimes, soit avec le roi, soit avec les ministres. Par là, comme indice, comme critérium des corruptions de l’Angleterre après la restauration, sir John Beresby est instructif.

State Triais.

J’ai dit dans mon Histoire de la liberté religieuse comment je ne séparais pas les documents figurés : les châteaux, les églises, les monuments, les portraits, des documents écrits : les livres, les manuscrits, les grands recueils officiels ou particuliers. Ma méthode est toujours la même. Je connais vingt-sept portraits de Cromwell et trois ou quatre de la plupart des personnages de cette histoire. Si je ne les répète pas ici, c’est que je les ai déjà indiqués à mesure dans le cours de ces récits.

Pour ne parler que des plus attachants de tous les documents figurés, — les portraits, j’ai continué à les explorer soit en Angleterre, soit en Ecosse, soit en Allemagne, soit dans les villes lianséatiques, soit en Danemark. La Suisse est le pays que j’ai trouvé le plus pauvre en objets d’art. La nature y est si grande qu'elle semble exclure tout ce qui n’est pas elle. J’ai feuilleté des dessins innombrables apportés de l’Espagne et de l’Italie. J’ai «ajouté à l'étude des musées l’examen des collections privées. J’ai appliqué aux portraits une critique de plus en plus sévère. Elle est plus nécessaire là que partout ailleurs.

A tout prendre, c’est encore notre cabinet des estampes, établi par Colbert, qui est le plus riche du monde. Formée et augmentée des collections individuelles de l’abbé de Marolles, de Gaignères, de Clément, de Beringhen, de Fevret de Fontette, sans compter les autres , notre collection publique était de quatorze cent mille pièces. Dernièrement elle s’est augmentée par surcroît de soixante-deux mille portraits, qui appartenaient

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