‹ Histoire d'un coup d'état (décembre 1851) d'après les documents authentiques, les pièces officelles et les renseignements intimesChapitre 13 sur 40 · I5H HISTOIRE · texte numérisé non relu

I5H HISTOIRE

est indifTérent ; il mérite qu'on Tenchaine. » Du reste, on ne s'entendait nulle part d'une façon précise. Partout, il y avait division, irrésolution, et chez un Krand nombre, il faut le dire, il y avait une peur excessive. Quoi qu'il en soit, les insurgés s(^ sont procuré des munitions. Ils ont reçu des armes rue des Jeûneurs et carré Saint-Martin. Les proclamations ont été imprimées , lithographiées ou écrites à la main en très-grand nombre. On s'est vu, concerté; on a réfléchi. Le mot d'ordre est celui-ci : engager franchement la iKitaille, si le peuple se lève ; employer, du reste , tous les moyens pour l'y amener, pour l'y contraindre, au besoin. Si le peuple ne se lève pas, harceler, fatiguer la troupe sur une infinité de |H)ints à la fois, sans faire de résistance sérieuse, afin d'amener le général en chef à faire sortir toute l'armée.

On espère soulcîver le faubourg Saint-Marceau, cette aile gauclie de la ligne d'opérations dans les insurrec- Hons de I^*lris. Comme il est important de ne pas se laî»* ser divMer, il fout relier la rive gauche à la rive droit€« en se rendant maître de la Cité au bas du quartier des Écoles. Nous verrons demain l'insurrection porter sut ce point une partie de ses forces et attaquer à la fois tous les abords du Palais de justice. Tant il est vrai que, dans le plan des insurges, l'occupation de la Cité est un point capital. Dans toutes les émeutes, on a cher* chéci s'en emparer. Aujourd'hui, c'est dans ce but qu'on lenio, aussitôt que le jour commence h poindre, d'élever àeun barricades qui commandent le pont Notre-Dane :

DTN COUP D'ÉTAT. 499

kl première au bout de la rue de la Cité et du quai aux Fleurs, près la maison de la Belle-Jardinière; la seconde sur Tautre rive du fleuve, à rentréedelarueSaînt-Martin. Maîtres de ce passage important sur la Seine, les insurgés de la rive droite et ceux de la rive gauche se don» neront facilement la main, en s'emparant de la place du Parvis-Notre-Dame et des bâtiments de l'Hôtel-Dieu. Mais ce plan demande qu'on soit en force, et fort peu d'insurgés sont à ce premier rendez^ vous de Téroeute. De simples patrouilles suffisent pour les mettre en fuite. Pendant la nuit, on avait afïiché, sur plusieurs pointu des boulevards et des quartiers Saint-Martin et Saint-* Dienis, la proclamation suivante que nous donnons tex-» tueliement :

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