‹ Histoire d'un coup d'état (décembre 1851) d'après les documents authentiques, les pièces officelles et les renseignements intimesChapitre 14 sur 40 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

Art. ftS. La Constitution est conOcc à la garde et au patriotisme fii*à citoyens français.

Louis*Napo1éon Bonaparte est mis hors la loi. f/état de siège est aboli.

ÏJt suffrage unÎTerscl est rétabli.

Viye la République !

Aux armes!

Pour la Montagne réunie,

\wum Ht'oe.

Nous n*âvons pas vu la pièce originale, et ne pouvons, par conséquent, affirmer que cette signature soit bien

leo HISTOIRE

authentique. Un démenti ou des aveux le diront peutêtre à Thistoire.

Partout on voit aller et venir les meneurs. Des distributions d'argent sont faites, et les boutiques des marchands de vin sont littéralement encombrées. Sur les lK>ulevardsy dans les faubourgs, dans les rues, une foule d'hommes bien mis pérorent dans les groupes et poussent à la révolte. Parmi eux, il y a beaucoup de représentants, mais isolés ou deux seulement à la fois. Ils se dispersent ainsi pour agir sur une plus vaste échelle. Fidèles au rendez-vous donné la veille, les émeutiers du faubourg Saint- Antoine sont, à huit heures, sur la place de la Itastille. Mais la vigilance du préfet de |)olice ne s*est pas laissée surprendre. Presque en même temps, la brigade Marula/ vient prendre position sur cette place. Les maisons sont occupées de la cave au grenier par la troupe, et trois obusiers sont placés à rentrée du faubourg, prêts à le foudroyer s*il bouge. Douze canons sont braqués dans toutes les directions. C*est des maisons de cette \ilace qu'aux fatales journées de juin les insurgés ont tué plusieurs généraux et assassiné l'archevêque de Paris. Devant ce déploiement de forces, devant Tattitude énergique de la troupe, les rassemblements comprennent qu'il n'y a rien à tenter sur ce point, ils se disi)ersent : les uns rentrent dans le faubourg, les autres vont dans le quartier des Ecoles et dans le faubourg Saint-Marceau, pour y soulever leurs adhérents, ou bien gagnent la porte Saint-Martin et les quartiers voisins.

DUiN COUP D'ÉTAT. 161

C'est de huit à neuf heures du matin qu'on commence à aflicher, à grand nombre, la fameuse proclamation de la Montagne 9 ainsi conçue :

LES REPRÉSENTANTS DE LA MONTAGNE rappellent au Peuple et à TArmée Vart. 68 et Part. 110.

Vive la République ! Vive la Constitution ! Vive le Suffrage universel!

Le Peuple, désormais, est à jamais en possession du Suffrage universel, n'a t>esoin d'aucun prince pour le lui rendre, et châtiera le rebelle. Que le Peuple fasse son devoir. Les représentants marcheront à sa tête.

Michel (de Bourges), Schœlcher, général Leydet, Mathieu (de la Drôme), Lasteyras, Brives, Bremand, Joigncaux, Chauffour, Cassai, Gilland, J. Favre, Victor Hugo, Em. Arago, Madier de Montjau aine, Mathé, Signard, Rongeât (de risere), Viguicr, Eugène Sue, Esquiros, Deflotte.

A côté de cette pièce, émanée des sommités de la Montagne, on pouvait lire une proclamation adressée à Tarmée par les énergumènes des clubs socialistes, et affichée à la même heure. C'était aussi dégoûtant de forme qu'absurde au fond :

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