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lesquelles le grotesque le dispute à l'atroce : parodies du moyen âge, dont il faut juger sans rire et comme d*une des plus terribles réalités de notre époque. A demi vaincues, dès que le jour les pénètre, elles ne sont pas moins Tinstrument le plus sûr des agitations factieuses, le foyer de tous les ferments anarchiques, le puissant véhicule des excitations révolutionnaires.
(c Là se lit en commun et se savoure tout ce que la presse clandestine vomit de plus infâme; là se fredonnent d*atroet^ refrains en Thonneur de la guillotine et de ses héros; c'est là qu'après boire, et entre frères, on se promet, qui le château, les prés, les bois, qui la trie du riche ou du bourgeois voisin. I^à tout est mystère, [Kirce que ne s*y élaborent que des pensées suspectes et des desseins coupables.
« Au mystère se joint l'intimidation, quand il faut affilier quelque adepte , par fappareil de certains emblèmes et de certaines formes combinées pour saisir vivement les imaginations, et donnera Tégarement qui jure la lâcheté pour caution.
« C'est là dans le silence des nuits, au fond de quelque bouge, cabaret, tabagie, tapis-franc, au coin d*un bois ou sur la lande déserte, qu*ont comparu tant d*ouvriers ou de malheureux i^iysans circonvenus par d'insidieuses promesses ou d^audacieux mensonges; c*est là que, tremblants d'abord, le bandeau sur les yeux, s*engageant sans savoir sur des questions qu'ils ne comprennent pas, ils en viennent à ces serments horribles, qui ne sont que blasphèmes et souillures que la bouche
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balbutie sans qu'un cœur d'homme puisse en accepter la loi.
«Et pourtant les voilà qui jurent, la main sur le poignard ! On leur a dit : Tu seras à nous, à la vie, à la mort; tu renieras ton père, ta mère, ta femme et tes enfants, et vive la République démocratique et sociale ! Et ils ont dit : Oui!... Les insensés!... Puis, quand le bandeau s'abaisse, fusils et baïonnettes menacent leur poitrine. Ils ont juré! tout est dit, l'insurrection les compte parmi ses fidèles ! »
Ces paroles étaient malheureusement l'expression de la vérité, et les horribles scènes que nous avons à raconter en ont fourni la preuve à la France.
I^ mal était aussi grand dans l'apathie des bons que dans la perversité des méchants, et si l'acte de salut du 2 décembre ne fût pas venu déjouer ces horribles projets ajournés à 1852, un aiïreux réveil eût surpris cette société engourdie dans son indolente quiétude.
La prise d'armes du socialisme et de la barbarie devait être générale ; sur tous les points de la France à la fois, on devait se lever et massacrer. Qu'on ne dise pas que c'est un nouveau spectre rouge que nous évoquons. L'auteur du premier qu'on a tant accusé était un prophète. On le sait aujourd'hui. Qu'on ne nous accuse pas d'exagération. Dans les pièces, dans les correspondances saisies , on voit partout l'organisation de la nouvelle terreur. Ceux qu'on nomme les blancs, et on nomme ainsi tous ceux qui ne sont pas rouges, sont désignés pour le massacre, a Veillez sur eux, est-il dit
de vingt façons différentes, pour qu'au grand jour, ils n'échappent pas h la vengeance du peuple et qu'ik ne puissent pas de nouveau museler sa victoire. » Partout on parle de la guillotine. Voici un passage d'une des pièces saisies :
« Le 13 mai 1852 sera le jour palingénésique des nations ou le dernier de notre existence. Ce jourlà , le peuple frappera le dernier coup , qui doit réduire en poussière ces trônes vermoulus que le ciel permet à l'homme d'élever pour lui apprendre à chérir la liberté. Ils combattront à nos côtés, les orphelins et les veuves de nos frères , lâchement assassinés sur les barricades de juin. Les têtes de Lahr et de Daix (les meurtriers du général de Bréa) , seront nos discours. De la mitraille et des pavés, voilà notre pétition. La ré-* surrection de l'humanité en sera le texte ; notre plan, le fer vengeur de la liberté. »
Est-ce donc à désespérer de notre France , grand Dieu ! et le peuple est-il aussi profondément gangrené que ce tableau tendrait à le faire croire? Grâce au ciel, il n'en est pas ainsi; les dupes sont en majorité, les meneurs et les scélérats du parti ne constituent qu'une infime minorité, imperceptible sur le sol de notre France. Un moment d'erreur , de vertige , a pu entraîner des populations paisibles ; mais le jour de se compter venu , dans le chiffre de ceux qui voteront contre le sauveur de la patrie , nous n'aurons qu'en bien petit nombre les scélérats de 1852. Il y a dans ce chiffre des légitimistes entêtés , des orléanistes quand
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même , des républicains avancés mais honnêtes ; restera donc, pour les meneurs et pour les bandits de la sociale , l'effectif qu'on rencontre, dans les jours d'émeute, aux barricades : armée lâche et cruelle, acquise par avance à tout ce qui veut renverser et détruire ; troupe sans cesse au guet pour prendre traîtreusement la société à la gorge.
Et ces gens-là se prétendent le peuple ! En effet, c'est ce peuple souverain qui hurle dans les cités aux jours d'insurrection; qui , quand un pouvoir ne se défend pas , assassine ses soldats et pille ses palais. C'est cette tourbe affreuse qui promène ses orgies dans nos rues et^qui met sa tyrannie débraillée au-dessus du droit de trente millions d'hommes. C'est elle qui parle au nom du peuple et qui, pour arguments suprêmes, a les pavés d'abord, et aurait la guillotine si on la laissait faire.
Qu'on ne se trompejpas sur notre pensée. Cette affreuse populace n'a point dans ses rangs la classe ouvrière, que MOUS respectons et aimons, parce qu'elle est la sève de la nation et la source de sa prospérité ; mais elle a à sa lète, et c'est honteux à dire , les tribuns démagogues, les ambitieux de la rouge, les forcenés de la sociale, et tous ces honteux conspirateurs de la veille, qui, volontiers, se servent d'elle pour leurs desseins ambitieux, qui la flattent et la nomment le peuple. Elle a eu pourrcncouragercl la payer, dans Paris, certains hommes des vieux partis, qui croyaient que 1852 pouvait ramener 1815.
Simples et bons habitants des cam|)agnes, ah ! n'é-
garez plus vos sympathies à la suite de ces hommes; sachez-le bien ; vous ne le savez que trop aujourd'hui , ce qu'ils vous prêchent, c*est la ruine après le déshonneur. Ayez Torguril de voire noble profession. Restez (idèles à vos croyances et à vos principes héréditaires; car ces nouveaux apôtres ne sont que des prédicateurs de nienson^ze.
Les plus horribles forfaits ont signalé la guerre que le socialisme \ient de faire à la société. On a égorgé des prêtres; (ui a profané des églist^s; on s'est porté, sur des finîmes et sur de pauvres jeunes filks, à des atrocités (pi'un procureur général n'ose pas dire, même sur la t(»inhe des \ictimes. On a commis, en France, ce «pie les Vandales conmiellaient en Afrique, et ce qui a valu à ce peuple exécrable de léguer son nom, connue Tinjure des siècles, à tout ce qui est barbare, cruel et dévastateur. Nous nous trompons, «les Vandales n'insultaient pas les fenunes, » dit Tévéque Victor de Vite, Thislorion de leurs atrocités. De plus, ils étaient en pajs étranger; et ce que nous avons à raconter, ce sont des Fran<;aisqni l'ont conunis en France.
Cho>e bien remarquable, et qui prouve péremptoirement que c'est bien Tinfluencr des idées démagugi- 4|ues qui a produit l'insurrectiiMi , c'est que la prise d*armes a eu lieu dans les départements qui s'étaient signales par leurs votes écarlates ; il y a tr(-s-|)eu d'eiceptions. Tous ces départements et quelques autres, travaillés depuis, se seraient levés si on avait attendu I8.'ii!. Cest Timprévu du coup d'£tatquia déconcerté
le plan des sociétés secrètes ; c'est Tattitude énergique du pouvoir, qui, dans beaucoup de localités, a comprimé Teiplosion de la guerre civile.
Les sociétés secrètes rayonnaient de Paris dans différentes directions 9 telles que Rouen, Lille, Strasbourg; mais elles s'étendaient surtout vers le centre de la France et à l'Est autour de Lyon , et gagnaient le Midi en suivant le cours du Rhône.
Dans certains départements, il n'y a eu que des commencements de troubles. Nous allons les indiquer en quelques mots, pour en débarrasser notre récit.
A Lille, à Tours, à Reims, à Amiens, à Bressuire, à Strasbourg, à Rhodez et dans quelques autres localités, à la Suze , par exemple , près du Mans , à Montargis , quelques tentatives d'insurrection ont eu lieu et ont été promptement réprimées. Il a sufR de Tarrestation de quelques démagogues pour faire tout rentrer dans Tordre.
Les départements véritablement insurgés se divisent en trois groupes parfaitement distincts, situés aux trois angles d'un triangle à peu près isocèle , dont Clamecy occuperait le sommet , et dont Digne et Agen occupe* raient les autres angles.
Le premier groupe comprend les départements du Cher, de l'Allier, de la Nièvre, de l'Yonne, deSaôneel-Loirc, du Jura, de la Côte-d'Or.
I^ second groupe est formé de la Haute-Vienne, de laDordogne, du Lot-et-Garonne, du Gers et de la Haute-Garonne.