PROCLAMATION
Soldats !
Vous avez accompli aujourd'hui un grand acte de votre vie militaire. Vous avez préservé le pays de l'anarchie, du pillage et sauvé la République. Vous vous êtes montrés ce que vous serez toujours , braves, dévoués, infatigables. La France vous admire et vous remercie. Le Président de la République n'oubliera jamais votre dévouement.
La victoire ne pouvait être douteuse ; le vrai peuple , les honnêtes gens , sont avec vous.
I>ans toutes les garnisons de la France , vos compagnons d'armes font fiers de vous et suivraient au besoin votre exemple.
Im ministre de la guerre^
A. DE Sai!«t-Ak?iaud.
Un mot maintenant sur les malheurs privés, ces inévitables catastrophes des temps de révolution. Certes, nous ne dissimulerons pas qu'il y a eu dMnnocentes et par conséquent de bien regrettables victimes ; mais, il faut le répéter ici, de quel droit, en définitive, feraiton retomber ces malheurs sur l'autorité, sur la force qui défendait l'ordre social? Est-ce que les citoyens
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n*étaicnt pas avertis? Est-ce que la sollicitude du pré* fcl de police et du nnuislre de la guerre n*avait pas collé ravcrtissenicnt à chaque muraille? Les curieux et les iiu[)rudents n'avaient plus d'excuse, aucune. A Fheure de la bataille, que faisaient sur les boulevards ces groupes qui se prétendent inofîensifs? Us étaient coupables d'y être; coupables, parce qu'en y étant, ils encourageaient les insurgés et gênaient Taction des défenseurs de la société; cou|>ablcs surtout, parce que, sans motif sérieux, ils exposaient leurs joui*s, (|ui appartiennent à Dieu, à la patrie, à leurs familles. Tout des premiers, nous pleurons sur ces\ictimes; mais nous re|>oussoiis de toutes nos forées la responsabilité qu'on voudrait déplacer. De toute Ténergie de nos convictions, et après enquête, nousrepoussonsaussi les allégations de cruauté, de férocité, que la rage expirante et l&che des partis vaincus a voulu jeter à notre brave armée. Il y a eu quelques erreurs, c'était inévitable, mais nos soldats n'ont pas dégénéré. Ils sont toujours ce que TEurope l(\s a vus partout, indomptables au combat, humains dans la victoire. Qu'on le demande à tous ces prisonniers, que Tordre du ministre commandait de fusiller, ainsi que nous l'avons dit , et que les soldats ont épargnés.
L'insurrection de Paris, nous le disions en commen- (;ant, est une honte de plus au front des partis. Le peuple, le \éritable peuple, y est resté étranger; ce n'est pas la main de l'ouvrier qui a construit les barricades. Aux Arts-et-Métiers, environ cinquante ou soixante ou-
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vriers tailleurs de pierre travaillaient quand arrivèrent les insurgés, qui voulurent les engager à construire avec eux des barricades ; mais les ouvriers résistèrent et menacèrent de se servir de leurs outils, si on insistait davantage. Il n'y a eu, dans cette guerre exécrable, en tète de Témeute, que des chefs de parti, des hommes qui jamais n*ont incliné leurs ambitions, leurs intérêts égoïstes devant la sainte cause de la patrie, que ces hommes d'en haut et d'en bas, que le privilège ou les instincts brutaux avaient envoyés au palais Bourbon, et qui,comme cela arrive trop souvent dans les assemblées, égaraient ou opprimaient la partie honnête qui y siégeait.
Quant aux soldats de l'insurrection, comme on peut s'en convaincre en visitant le personnel des prisons, c*étaient : quelques hommes égarés, à Dieu ne plaise qu'il en soit autrement; des enfants, des jeunes gens de quinze à vingt ans ; puis tout ce qu'il y a de plus taré dans les bas-fonds sociaux ; les affiliés des associations secrètes, les frères et amis des vandales de Clamecy, des assassins de Poligny; les repris de justice; les forçats libérés.
Nous tenons des officiers qui ont fait le service dans les forts de Bicêtre et d'Ivry que les insurgés, en général, avaient de l'or et de l'argent en grande quantité. Us jouaient avec des pièces de vingt francs. Durant le temps de leur détention, ils ont pu se procurer, tant qu'ils ont voulu , des vêtements , des vivres, tout ce qui pouvait adoucir matériellement leur captivité. Cepen-
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dant il faut rendre à Tautorité cette justice , que les prisonniers y dans les forts comme partout ^ dans les maisons d'arrêt de Paris, ont constamment été traités avec rhumanitê la plus grande.
Tous les jours ils avaient du vin, les soldats n*en ont qu*accidentellement. Quant à la nourriture, elle était meilleure que celle de ces derniers ; les casemates étaient chautTées. Chaque matin , un capitaine de ronde visitait les prisonniers et recevait les réclamations qu*îk adressaient, par la bouche de deux délégués choisis, par eux-mêmes , dans chaque casemate. Le pouvoir a montré autant de modération après la victoire que (rénorgie pendant la lutte. Et à Tinstant où nous écrivons ces lignes, nous avons la certitu<le que les rigueurs de la répression seront singulièrement adoucies par la clémence. Cette vertu est toujours la compagne de la puissance et de la véritable force. Cette vérité est partout : c'est une loi universelle.
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CONSPIRATEUnS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES.
La lutte sacrilège des partis contre la société n'était pas encore terminée dans Paris , que déjà la démagogie socialiste ensanglantait nos départements. Avant de faire le récit des horreurs qu'elle y a commises , nous devons entrer dans quelques considérations générales.
L'histoire des conspirations et des sociétés secrètes , en France , depuis 1815, présente trois phases distinctes et caractéristiques , quant à leur but et à leurs moyens d*action.
Elles visent : sous la Restauration , à renverser les Bourbons ; sous la branche cadette , à renverser la monarchie ; sous la République , à renverser Tordre social.
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Ainsi , de i 820 , époque des premières conspirations organisées y à iSoi , époque de la dernière levée de boucliers des doctrines socialistes , le but s'est prodigieusement agrandi : impossible d'aller plus loin , du moins à notre sens. A quoi les démolisseurs pourraient-ils s attaquer, en supposant qu'ils eussent atteint leur but de renversement? Nous allons suivre pas à pas, tout en étant fort bref, la marche de cette lèpre sociale.
L'empire avait tellement familiarisé l'esprit français avec le principe d'autorité, cette base indispensable de tout édifice social, qu'après sa chute, sous les Bourbons, les conspirateurs et les sociétés secrètes n'osaient pas attaquer ce principe en lui-même. Ainsi , la Charbonnerie, venue après la société des Amis de la vérité , qui fut promptement dissoute, la Charbonnerie ne songeait à rien moins qu'à la République. Renverser les Bourbons était un but commun qui réunissait les impérialistes et les libéraux. Les premiers , qui voulaient revenir A Tempire par Napoléon II ; les seconds , qui voulaient faire prédominer la puissance du pouvoir parlementaire : ces derniers étaient les ambitieux et les dupes de création constitutionnelle. Quant au personnel , il fut îmroense. Les affiliés couvrirent la France d'un vaste réseau qui se déchira en deux catastrophes : la mort des sergents de La Rochelle et celle du général Berton. La Charbonnerie reçut un coup dont elle ne se releva pas.
A cette époque , on trouve déjà ce noyau de conspirateurs de métier, qui , sans avoir aucune idée politique, conspirent par monomanie, et qui viendront
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jusqu'à nos jours, véritables mouches du coche de tous les complots et de toutes les conjurations quelles qu'elles soient. Jusque-là j ce qu'on nomme le peuple est étran-* ger aux conspirations y aux sociétés Secrètes. La conspiration parlementaire ou libérale succéda à la Charbonnerie sous le nom de société Aiée-4oi.
Après i 830 , sous I/)uis-Philippe9 on s'attaque directement au principe d'autorité : on veut renverser h monarchie et arriver à la République. Les libéraux , fondateurs du gouvernement de 1 830 , et pères de sa Charte constitutionnelle, sont dépassés. Des sociétés secrètes de toutes sortes se forment sous une foule de dénominations, mais toujours avec le même état-major de conspirateurs. On les voit fonder tour à tour les sociétés des Amis du peuple , des Droits de V homme y celles des Familles , des Saisons , des Nouvelles-Saisons.
Des émeutes dans Paris , à Lyon, à Lille, réprimées par la force publique ; plusieurs tentatives d'assassinat sur la personne du roi et des princes; beaucoup de fracas et nombre de condamnations devant la justice ; tel est le bilan de ces sociétés , que la police et les lois de septembre avaient à peu près mises à néant dans les dernières années du règne de Louis-Philippe.
Là n'étnit pas le danger sérieux. La police avait sans cesse Tœil et la main au milieu de ces habiles conspirateurs, et les prenait quand bon lui semblait. Il ne faut se faire d'illusions ni sur la puissance , ni sur la valeur politique de ces hommes de la veille. Le peuple , proprement dit , n'était pas avec eux. Ces conspirateors,
qui, du reste, l'ont bien prouvé après la surprise de février, voulaient la République pour en être les maîtres. Quant au peuple , peu lui importait ces ambitieux qui n'avaient pas encore trouvé le secret de parler à ses instincts et à ses convoitises.
Ce fut dans les dernières années de ce règne qu'apparurent les prédicateurs du socialisme; ils se posèrent en apôtres. Reprenant, avec un art infini, toutes les vieilles idées des prétendus réformateurs, ils prêchèrent ces doctrines désolantes de communisme, qui, parmi les ouvriers honnêtes, firent une foule de dupes, et furent accueillies avec enthousiasme par toute l'écume sociale de fainéants, d'incapables et de coquins.
Quand février arriva, ces idées fermentaient déjà dans les bas-fonds de la société. Quelques hommes du gouvernement provisoire se crurent intéressés à les propager. Louis Blanc ouvrit au Luxembourg cette nouvelle boite de Pandore , si riche de calamités sociales. On sait les théories qu'il y développa. Pour les théories en elles -mêmes , il n'y croyait guère ; mais il comptait se faire un piédestal populaire et assurer sa puissance sur les masses. Tous ceux à peu près qui furent admis dans cette enceintese posèrent en régénérateurs sociaux, se mirent à l'œuvre , prenant ou feignant de prendre au sérieux leur besogne.
Passerons-nous en revue toutes les théories insensées qui furent prêchées? Ce fut une véritable avalanche de principes subversifs. On franchit d'un bond les vieilleries de Fourrier, de Cabet et consorts, pour arri-
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ver d'emblée aux doctrines de Proudhon, le grand démolisseur. Nier tout , voilà sa théorie ; tout détruire^ c'en est l'application. Plus de Dieu, chacun croit, pratique à sa guise; peu importe, du reste, cette chose surannée. Plus de propriété, c'est le vol. Plus de gouvernement quelconque, c'est l'oppression du libre arbitre humain, fait pour agir sans frein, sans règle, suivant son bon plaisir, et qui n'a pas même le droit de déléguer à la société la souveraineté naturelle dont il est investi.
Proudhon se prend-il au sérieux? est-il vraiment de bonne foi ? ou bien plutôt, infernal génie, ne jelte-t-il pas un immense et atroce éclat de rire à cette horde de dupes qu'il a faites?
Quoi qu'il en soit, ces abominables doctrines sont préchées , colportées partout. Les mille voix de la presse les crient dans nos cités, dans nos campagnes. Les libelles, les almanachs populaires, les feuilles démagogiques , les présentent sous toutes les formes.
11 s'agit bien de politique aujourd'hui et de tel ou tel gouvernement à renverser ! Il s'agit de saper par le pied et de jeter dans le goufire du socialisme tout ce qui forme les bases de l'ordre social : religion, pouvoir, famille, propriété. Pour résumer l'enseignement en un mot : tout cela, c'est le vol. A la brute humaine main-* tenant, au nom de ses appétits et de ses convoitises, à courir sus à tout ce qui lui fait obstacle, à tout ce qui lui offre la perspective d'un intérêt à satisfaire, d'une jouissance à assouvir.
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Ce n\*st plus à la passion politique toute seule qu'on s'adresse ; on va d*emblée à toutes les passions mau-* vaises. On commence par proclamer la toute-puissance du moi humain^ et par faire, de chacun des adeptes, un démon d'orgueil qui nie Dieu et toute vérité. Tout ce qu'il y a dans la société de gens tarés, perdus de dettes, frappés de condamnations, arrive avec ardeur sous le drapeau du socialisme ; puis, tous les mécontents, tous les avides que la révolution de Février n*a pu assouvir; tous les incapables que l'ambition a jetés hors de leur sphère ; tous les paresseux qui attendent du hasard leur pain quotidien sur le pavé des rues; tout cela y arrive aussi. Tous les vieux conspirateurs qui se croyaient de futurs ministres, et qui ont été, comme ils disent, volés par les habiles, viennent apporter leur vieille expérience et le contingent des estaminets qu'ils fréquentent.
Tel est l'état-major des nouvelles sociétés secrètes, ayant à sa tête les représentants rouges de l'Assemblée et tous les rédacteurs des feuilles populaires qui n'appartiennent pas à la police.
La foule des dupes vient après, sous le drapeau du droit au travail, de l'oi^nisation des salaires et de Taf* franchissement des patrons. La capitale fournit un immense continrent d^honimes abusés par les théories creuses, par les idées insensées, et qui, tous, plus ou moins, oublient leur travail pour faire de la propagande, se croyant appelés à régénérer la société et le monde.
Chaque ville de province a son journal ou ses joui^
D'UN COUP D'ÉTAT. ti8
naux démagogiques^ autour desquels gravitent les esprits forts de l'endroit, les docteurs d'estaminet, les membres des sociétés maçonniques, les anciens abonnés de la Réforme^ les correspondants des commisvoyageurs des anciennes sociétés secrètes, qui tous, pour rester fidèles à leurs traditions d'opposition, s'en* rôlent dans des affiliations socialistes. Nous descendons peut-être dans des détails infimes, mais nous voulons être vrais. Danschaque ville, ces hommes constituent une imperceptible minorité, mais ils enrôlent leurs ouvriers, s'ils en occupent, ceux des autres en buvant avec eux. Le tout réuni suffit pour faire la clientèle de quelques avocats, de quelques médecins, de quelques hommes plus instruits, qui, avec les journalistes du lieu et les représentants montagnards, deviennent les sommités du parti.
Dans chaque ville, on se constitue en comité central , correspondant avec les socialistes des localités de moindre importance. On répand les journaux, les brochures, les almanachs. On parcourt les campagnes, on prêche sur tous les tons et par tous les modes la doctrine nouvelle, qui se résume, en fin de compte, pour le grand nombre, par ces mots : La propriétéy c'est le vol!
Les meneurs, pour leur compte, espèrent que la tourmente sociale les portera aux premiers grades de Tégalité future, et leur donnera la part du lion dans le partage universel. C'est atroce et c'est risible !
Dans une foule de départements, comme à Paris, la doctrine se traduit en un seul mot, celui d'amto, qu'on
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applique au patron, au propriétaire, à Thomme qui a un habit, une voiture. Celui-là est un ennemi marqué |Kjur 18.32. Pourtant, nous convenons que dans les xiiles la masse un peu éclairée ne montre pas cette fériK*ité. On trouve ce sentiment dans les bas-fonds so* ciaux. chez les coquins qui vivent de vol et de brigan* <!af:e: puis, il faut Tavouer, chez ce qui est ignorant. La Jacquerie des départements Ta prouvé : rien n'est féroce comme Tignorance.
Les sociétés secrètes ont leur centre à Paris. C'est le Comité des Réfugiés, V Inion des Communes y le Comité i^etiiral de Résistanee.
Paris correspond directement avec le Nord et le Centre. L*Est tout entier avec Lyon, qui reçoit le mot d'ordre de Paris et le communique. Il y a dans cette si'conde capitale de la France une foule de sociétés communistes dissinmiées sous un but philanthropique, puis dautros qui sont ou qui croient être cx)mplétement ignorées. Nous prenons, dans le Coiîstiiuiionnel du I7«décembre 1851, le passage suivant :
o Toutes les sociétés secrètes se recrutaient par les moyens ordinaires de Tembauchage; maison n'était reçu dans leur sein qu'après un interrogatoire et une céK>monie spéciale. Voici, sauf quelques variantes, la forme habituelle de Tinitiation :
« L*initié, les \eux bandtïs, est placé à genoux sur deux couteaux en croix et sur deux pièces de 5 fr., et le dialogue suivant s*engage entre lui et l'initiatrar :
« Désires-tu être affilié à la société? — Oui.
tf Promets-tu de ne jamais révéler ses secrets? — Je « le promets.
« Jures-tu d'obéir à tous les ordres qui te seront don- « nés, lors même qu'ils te commanderaient de tuer ton « semblable? — Je le jure.
« Que sens-tu sous tes mains? — Je sens deux coua teaux et deux pièces de 5 fr.
« Ces objets sont placés là pour Rapprendre que si « Tappât de l'argent t'engageait à trahir la société, elle « t'en punirait par la mort. »
« En ce moment, on débande les yeux du récipiendaire, et deux anciens affiliés, saisissant les couteaux, les brandissent sur sa tète en disant : «Oui, le frère qui « vendrait nos secrets mériterait la mort, et nous la lui « ferions subir. »
« Une autre formule d'initiation, plus sauvage encore, a été trouvée lors d'une perquisition faite dans le canton de Valence. I^ voici :
« Je jure sur ces armes, symbole de l'honneur, de • servir la république démocratique et sociale, et de c mourir pour elle s'il le faut. Je jure, en outre, haine « à outrance à tous les rois et à tous les royalistes, et « que mes entrailles deviennent plutôt la pâture des « bétes féroces que de jamais faillir à mon serment! « Je le jure trois fois, au nom du Christ rédempteur.
c Je jure sur mon honneur, au nom de la sainte « cause pour laquelle je viens d'être reçu, de marcher « en tout lieu avec mes, frères de la Montagne, prêter
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a aide et assistance à tous les démocrates. Je le jure « trois fois, au nom du Christ rédempteur. »
(( Plus bas se lisent ces mois :
« Je te baptise, enfant de la Montagne. »
« Voici r interrogatoire que subissait préalablement le candidat :
« Dis-moi, citoyen, quelles sont les raisons qui t*a- « mcnont ici ? — Dis-moi, citoyen, on m'a dit que tu t m'avais dénoncé à la justice, est-ce vrai ? — Mainte- « nant que tu as les yeux bandés et les mains attachées ce derrière le dos, nous sommes maîtres de toi; mais o nous voulons avant t* examiner. Si , par exemple, tt ton frère ou ton père ne se trouvaient pas de ton parti, « te vengerais-tu? — Leur tirerais-tu dessus? — Gela c ne te semblerait-il pas |>énible à faire? — Mainte- « nant, on nous dit que le préfet fait circuler des listes • pour la prolongation de la présidence. Les signerais» « tu? — S'il te fallait prendre les armes pour la répiH € blique, les prendrais-tu ? — Tu veux donc être repu- « blicain? — Il nous faut ton sang? »
« Des signes particuliers de reconnaissance existent entre les affiliés appartenant à une même société secrète. Ils consistent ou dans la manière de saluer en s'abordant, ou dans des signaux d'avertissement. Ainsi» dans la société de la Jeune-Montagne, dont plusieurs membres ont comparu devant le conseil de guerre de Lyon, un membre qui en rencontre un autre demande : L'heure! — L'autre répond :^ Samiée! — Le premier
reprend ; Nouvelle't — On doit lui répondre : Mon-- Uigne!
a Une société secrète de la Drôme avait, il y a deux ans, pour mot de passe : Attention! courage! Drôme! Depuis Tavortement du complot de Lyon, ce mot de passe a été, à ce qu'il parait, changé, et remplacé par le mot : Marianne. Dans les sociétés secrètes établies à Montpellier et dans les localités voisines, le signe de reconnaissance était : D. Connaissez-vous la mère Marianne ? — R. Oui, elle a du bon vin.
« Ce mot de Marianne et l'expression de boire à la santé de Marianne se sont également trouvés tout récemment dans des papiers importants, saisis dans la Seine-Inférieure. On a tout lieu de croire que ce mot de MariannCy trouvé simultanément aux points les plus éloignés du territoire, au nord, au midi et dans l'ouest, et qui était évidemment le signal de ralliement de toutes les sociétés secrètes disséminées en France, était la traduction mystique des mots : République démocratique et sociale. C'était le mot de passe de l'insurrection 'générale organisée pour 1852.
Cucueval-Claeignt. »
M. Corbin, procureur général à Bourges, s*expri mai t ainsi le 2 novembre dernier, dans son magnifique dis* cours de rentrée :
« Il a été beaucoup parlé de ces sociétés. Messieurs ; et, pour rédification du public, il esta propos de mettre une fois pour toutes en scène ces initiations, dans