‹ Histoire d'un coup d'état (décembre 1851) d'après les documents authentiques, les pièces officelles et les renseignements intimesChapitre 6 sur 40 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

DU PltÈSIDBHT DE U RÉPUBUQt'E A L^AMIÉE.

Soldats!

Soyez tiers de votre mission , vous sauverez la patrie, car je compte sur vous, non pour violer les lois, mais pour faire respecter la pre> mière loi du pays, la souveraineté nationale, dont je suis le légitiine représentant.

l)epui< longtemps vous souffriez comme moi des obstacles qui 8*opposaient , et au bien que je voulais vous faire et aux démonstrations de votre >yuipatliie en ma faveur. Ces ol>stacles sont brisés. L*AsBeiiiblée a essayé d^attenter à Tautorité (|ue je tiens de la nation ; elle a ccss«* d'exister.

Je fais un loyal ap|>el au peuple et à Tarmée, et je lui dis : Oq doniicz-nioi b"^ nK>}rns d'assunT votre pros|H'Tité, ou choisisse! un autre à ma place.

Kn \H'M) comme en IHiH, on vous a traités en vaincus. Après avoir flétri votre désintéressement héroïque , on a dédaigné de consulter vos sympathies et vos vieux , et cefR^ndant vous êtes IVlite de U na* tion. Aujourd'hui, en ce moment solennel , je veux querarmée fasae entendre sa voix.

D'UN œUP D'ÉTAT. M

Votez donc librement comme citoyens ; maiâ, comme soldats , n'oubliez pas que Tobéissanee passive aux ordres du chef du Gouvernement est le devoir rigoureui de l'armée, depuis le général jusqu'au loldat. Cest à moi;, responsable de mes actions devant le peuple et devant la postérité , de prendre les mesures qui me semblent indispensables pour le bien public.

Quanta vous, restez inébranlables dans les règles de la discipline et de rhonneur. Aidez, par votre attitude imposante, le pays à manifester sa volonté dans le calme et la réflexion. Soyez prêts à réprimer toute tentative contre le libre exercice de la souveraineté du peuple.

Soldats, je ne vous parle pas des souvenirs que mon nom rappelle. Ils sont gravés dans vos cœurs.^Nous sommes unis par des liens indissolubles. Votre histoire est la mienne. Il y a entre nous dans le passé communauté de gloire et de malheur; il y aura dans Tavcnir communauté de sentiments et de résolutions pour le repos et la grandeur de la France.

Fait au palais de PÉlysée, le 2 décembre i851.

Louis-Napoléon Boivaparte.

Quand on fait entendre un tel langage à Farmée française, on est sûr d'un écho qui réponde, et cet écho est dans le cœur du premier des chefs el du dernier soldat. Puis, ce nom qui ébranla le monde, qui féconda Thistoire, quiGt la pairie si grande, ce nom prestigieux, qui groupe aujourd'hui la France entière dans une seule Toix d'acclamations, remue sous Tuniforme tout ce qui vibre aux mots de patrie, d'honneur et de gloire.

Ce langage est digne de tous, de l'armée à qui il s*adresse et d'un Bonaparte qui le parle. 11 obtient tout en ne demandant rien; car il prescrit au soldat son de-

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Toir en lui restituant son droit. Il reste dans la pléni* tude de la dignité. Devant des prétoriens, on sMnclinait et Ton promettait ; devant des soldats français, il suffit de parler d*lionneur.

I^ proclamation suivante de M. de Maupas, préfet de police, invitait les habitants de la capitale à garder, en présence des événements graves qui s'accomplissaient, le calme solennel qui convient à un peuple qui rentre dans le plein exercice de sa volonté.

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