H* Harwig
comme Sedan ; on croyait savoir que le prince de Saxe marchait sur Châlons et que le prince de Prusse marchait sur Metz; on ignorait tout de cette armée, ses chefs, son plan, son armement, son effectif. En étaitelle encore à la stratégie de Gustave-Adolphe? En étaitelle encore à la tactique de Frédéric II ? On ne savait, On était sûr d'être dans quelques semaines à Berlin. Bah! l'armée prussienne I On parlait de cette guerre comme d'un rêve et de cette armée comme d'un fantôme.
Dans cette même nuit, pendant que Tarmée française dormait, voici ce qui se faisait.
A une heure trois quarts du matin, au quartier général de Mouzon, Albert, prince royal de Saxe, mettait en mouvement l'armée de la Meuse ; la garde royale prenait les armes par alerte, et deux divisions se dirigeaient, Tune sur Villers-Gernay, par Escambre et Fouru-aux-Bois, Tautre sur Fraucheval, par Suchy et Fouru-Saint-Remy. L'artillerie de la garde suivait.
Au même instant, le 12<' corps saxon prenait les armes par alerte, et, par la grande route au sud de Douzy, abordait Lamécourt et se dirigeait sur la Moncelle; le !•' corps bavarois marchait sur Bazeilles, soutenu à Reuiily-sur-Meuse par une division d'artillerie du il« corps. L'autre division du il" corps passait la Meuse à Mouzon et se massait en réserve à Mairy, sur la rive droite. Les trois colonnes se maintenaient reliées entre elles. L'ordre était donné aux avant-gardes de ne commencer aucun mouvement offensif avant cinq heures, et d'occuper silencieusement Fouru-aux-Bois, Fouru-Saint-