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306 UISTOIRE DCN CRIUE. i
llemy et le Douay. On avait laissé les sacs aux bagagw. Les trains ne bougeaient pas. Le prince de Saie ^lall il ctieval sur la hauteur d'Ambliuiont.
A la môme heure, au ijuarlicr gi^néral de Chrfmert, Blutnciithal faisait construire par ladîvision wurteuU)ergeoise un pout sur la Meuse. Le 11* corps, rompaat avant le jour, tpaversait la Meuse â Dom-le-Mesoil el i Donchery. et gagnait Vrigne-sur-Bois. L'artillerie suîTai! et commandait la roule de Vrigne à Sedan. La divisioB wxtrtembergeoise gardait le pont construit par eUe et commandait la route de Scdao à Mézi^res. A cinq heures, le 2» corps bavarois, artillerie en I6tc, faisiil rompre une de ses divisions, et la portait par BuIsod sur Friinois; l'autre division passait par Noyers el se foi^ mail devant Sedan entre Frénois et WadeliucourL L'arlillerie de réserve était en batterie sur les liauteora it la rive gauche, en face de Donchery,
Au même moment, la C* division de caralcrie rompait de Mazeray, et, par Boutancourt et Bohicourt. gagnait la Meuse à Flize; la 2" division de cavalerie quittait ses cantonnements et prenait position au sud de Boutancourt; la Ii' division de cavalerie prenait position au sud de Frënois, le 1" corps bavarois s'installail ;i Bemilly, la 5" division de cavalerie et le ù' corps observaient, et tous, en ligne el en ordre, masses sur les hauteurs, allendaient que l'aube parût. Le prince de Prusse était à cheval sur la colline de Frénois.
En môme temps, sur tous les points de rhorizon. d'autres mouvements pareils s'opéraient de toutes pari>. Les hautes collines furent toutes subitcmeDl envahies par une immense armée noire. Pas un cri de commandement. Deux cent cinquante mille hommes vinrent.
muets, faire un cercle autour du fond de Givonne.
Voici quel fut ce cercle :
Les Bavarois, aile droite, à Bazeilles, sur la Meuse; près des Bavarois, les Saxons, à laMoncelle et à Daigny; en face de Givonne, la garde royale ; le 5« corps à Saint- Menges; le 2« à Flaigneux; sur la courbe de la Meuse, entre Saint-Menges et Dopchery, les Wurtembergeois; le comte Stolberg et sa cavalerie, à Donchery; sur le front, vers Sedan, la deuxième armée bavaroise.
Tout cela s'exécuta d'une façon spectrale, en ordre, sans un souffle, sans un bruit, à travers les forêts, les ravins et les vallées. Marche tortueuse et sinistre. Allongement de reptiles.
A peine entendait-on un murmure sous les feuilles profondes. La bataille silencieuse fourmillait dans les ténèbres en attendant le jour.
L'armée française dormait.
Tout à coup elle se réveilla.
Elle était prisoniiière.
Le soleil se leva, splendide du côté de Dieu, terrible du côté de Fhomme.
Fixons la situation.
Les Allemands ont pour eux le nombre; ils sont trois contre un, quatre peut-être; ils avouent deux cent cinquante mille hommes, mais il est certain que leur front d'attaque était de trente kilomètres ; ils ont pour eux les positions, ils couronnent les hauteurs, ils emplissent les forêts, ils sont couverts par tous ces escarpements, ils sont masqués par toute cette ombre ; ils ont une artillerie incomparable. L'armée française est dans un fond, presque sans artillerie et sans munitions, toute nue sous leur mitraille. Les Allemands ont pour eux Tembuscade, les Français n'ont pour eux que l'héroïsme. Mourir est beau, mais surprendre est bon.
Une surprise, c'est là ce fait d'armes.
Est-ce de bonne guerre? Oui. Mais si ceci est la bonne guerre, qu'est-ce que la mauvaise ?
C'est la même chose.
Gela dit, la bataille de Sedan est racontée.
On voudrait s'arrêter là. Maison ne peut. Quelle que soit rhorreur de Thistorien, l'histoire est un devoir, et ce devoir veut être rempli. Il n'y a pas de pente plus impérieuse que celle-ci ; dire la vérité; qui s'y aventure roule jusqu'au fond. Il le faut. Le justicier est condamné à la justice.
La bataille de Sedan est plus qu'une bataille qui se livre; c'est un syllogisme qui s'achève : redoutable préméditation du destin. Le destin ne se hâte jamais, mais arrive toujours. A son heure, le voilà. Il laisse passer les années, puis au moment où Ton y songe le moins, il apparaît. Sedan, c'est l'inattendu, fatal. De temps en temps, dans l'histoire, la logique divine fait des sorties. Sedan est une de ces sorties.
Donc le 1^' septembre, à cinq heures du matin, le monde s'éveilla sous le soleil et l'armée française sous la foudre.
Bazeilles prend feu, Givonne prend feu, Floing prend feu ; cela commence par une fournaise. Tout Thorizon est une ilamme. Le camp français est dans ce cratère, stupéfait, effaré, en sursaut, fourmillement funèbre. Un cercle de tonnerres environne l'armée. On est cerné par i*exterminalion. Ce meurtre immense se fait sur tous les points à la fois. Les Français résistent, et ils sont terribles, n'ayant plus que le désespoir. Nos canons, presque tous de vieux modèle et de peu de portée, sont tout de suite démontés par le tir effroyable et précis des Prussiens. La densité de la pluie d'obus sur la vallée est telle que « la terre en est toute rayée, dit un témoin, comme par un râteau ». Combien de canons? Onze cents au moins. Douze batteries allemandes, rien que sur La Moncelle; la 3* et la 4« abtheilung, artillerie épouvantable, sur les crêtes de Givonne, avec la 2* batterie à cheval pour réserve ; en face de Doigny, dix batteries
saxonnes et deux wnrtembergeoises ; le rideaa d'arbres du bois au nord de Villers-Cernay cache rabiheilung montée, qui est là avec la 3* grosse artillerie en réserve, et de ce taillis ténébreux sort un feu formidable; les vingt-quatre pièces de la 1'® grosse artillerie sont en batterie dans la clairière voisine du chemin de La HoDoelle à La Chapelle; la batterie de la garde royale incendie le bois de la Garenne ; les bombes et les boulets criblent Suchy, Francheval, Fouru-Saint-Remy et la vallée entre Heibes et Givonne; et le triple et quadruple rang des bouches à feu se prolonge, sans solution de continuité, jusqu'au calvaire d'illy, point extrême de Thorizon. Les soldats allemands, assis ou couchés devant les batteries, regardent travailler l'artillerie. Les soldats français tombent et meurent. Parmi les cadavres qui couvrent la plaine, il y en a un, le cadavre d'un officier, sur lequel on trouvera, après la bataille, un pli cacheté contenant cet ordre signé Napoléon : Aujourd'hui i*"' septembre, repos pour toute L'armée^. Le vaillant 35* de ligne disparaît presque tout entier sous Técrasement des obus; la brave infanterie de marine tient un moment en échec les Saxons mêlés aux Bavarois, mais débordée de toutes parts, recule; toute l'admirable cavalerie de la division Margueritte, lancée contre l'infanterie allemande, s'arrête et s'effondre à mi-chemin, exterminée, dit le rapport prussien, « par des feux bien ajustés et tranquilles. »Ce champ de carnage a trois issues; toutes trois barrées; la route de Bouillon, par la garde prussienne, la route de Carignan, par les Bavarois, la route de Mézières, par
i. La Guerre franco ' allemande de 1870 - W1 , rapport de l'éUt major prussien, p. 1087.
tes Wartembergeois. Les Français n'ont pas songé à barricader le viaduc du chemin de fer, trois bataillons allemands Font occupé dans la nuit : deux maisons isolées sur la route de Balan pouvaient être le pivot d'une longue résistance, les Allemands y sont ; le parc de Monvillers à Bazeilles, touffu et profond, pouvait empêcher la jonction des Saxons maîtres de la Moncelle et de s Bavarois maîtres de Bazeilles; on y a été devancé; on y trouve les Bavarois coupant les haies avec leurs serpes. L'armée allemande se meut tout d'une pièce, dans une unité absolue ; le prince de Saxe est sur la colline de Mairy d'où il domine toute l'action ; le commandement oscille dans Farmée française; au commencement de la bataille, à cing heures trois quarts, xMac-Mahon est blessé d'un éclat d'obus; à sept heures, Ducrot le remplace; à dix heures, Wimpfen remplace Ducrot. D'instant en instant, le mur de feu se rapproche, le roulement de foudre est continu, sinistre pulvérisation de quatrevingt-dix mille hommes, jamais rien de semblable ne s'est vu, jamais armée ne s'est abîmée sous un pareil écroulement de mitraille. 'A une heure, tout est perdu. Les régimen^ péle-méle se réfugient dans Sedan. Mais Sedan commence à brûler ; le Dijonval brûle, les ambur lances brûlent; il n'y a plus de possible qu'une trouée. Wimpfen, brave et ferme, la propose à l'empereur. Le 3* zouaves, éperdu, adonné l'exemple; coupé du reste de l'armée, il s'est frayé un passage et a gagné la Belgique. Fuite des lions.
Tout à coup, au-dessus du désastre, au-dessus du monceau énorme des morts et des mourants, au-dessus de tout cet héroïsme infortuné, apparaît la honte. Le drapeau blanc est arboré.
Il y avait là Tarenne ef Vauban, tous deux présents, Tun par sa statue, l'autre par sa citadelle.
La statue et la citadelle assistèrent à la capitulation épouvantable. Ces deux vierges. Tune de bronze, l'autre de granit, se sentirent prostituées. 0 face auguste de la patrie I 0 rougeur éternelle I
Ce désastre de Sedan était facile à éviter pour le premier venu, impossible pour Louis Bonaparte. Il l'évita si peu qu'il vint le chercher. Lex falL
Notre armée semblait arrangée exprès pour la catastrophe. Le soldat était inquiet, désorienté, affamé. Le 31 août il y avait, dans les rues de Sedan, des soldats qui cherchaient leur régiment et qui allaient de porte en porte demandant du pain. On a vu qu'un ordre de Tempereur indiquait le lendemain l**" septembre pour jour de repos. En effet l'armée était épuisée de fatigue. Et pourtant elle n'avait eu que de courtes étapes. Le soldat perdait presque l'habitude de marcher. Tel corps, le 1", par exemple, en était à ne faire que deux lieues par jour (le 29 août, de Slonne à Raucourl).
Pendant ce temps-là Tarmée allemande, inexorablement commandée, et menée au bâton comme l'armée de Xerxès, accomplissait des marches de quatorze lieues en quinze heures, ce qui lui permettait d'arriver à
3t6 HISTOIRE D'UN CRIME.
l'improTîste et de cerner l'année française eadormie.Sc laisser surprendre était la coutume : le géniiral de failli s'était laissé surprendre à Dcaumoat; le jour, lessoldai démontaient leurs fusils pour les nettoyer, la nuit ils dormaient, sans même couper les ponts qui les lirnieu à reoncmi; aiosî l'on négligea de faire sauter les pooU de M ouzo n et de Bazeilles. Le 1" septembre, le jour n'avaitpas encore paru que dtijà une avanl-gardcileJtpl bataillons commandée par le général Schullz saisisil le Rulle et assurait la jonction de Tarmée de la Uenst aïec la garde royale. Presque à la même minute, jik la précision allemande, les Wurtembergeoîs s'empiraient du pont de la Platinerie, el, cachée par le t»i* Cbevalier, les bataillons saxons, déployés en cotoDia de compagnie, occupaient tout le chemin de La Voncclle à Villers-Cernay.
Aussi, ou l'a tu. le réveil de l'armée française lut horrible. A Bazeilles, un brouillard s'ajoutait à la fmnfe. Nos soldats, assaillis dnns celle ombre, ne savaient fj que la mort leur voulait; ils se battirent de chambre en chambre et de maison en maison '. Ce fut en vain que la brigade Reboul vint appuyer la brigade Martin des Paillières; il fallut céder. En môme temps, Ducrot était forcé de se concentrer au bois de la Garenne, en avanl du calvaire d'Illy; Douay, ébranlé, se repliait: LebruD seul tenait bon sur le plateau de Stenay. Nos troapei occupaient une ligne de cinq kilomètres; le front de l'armée française faisait face à l'est, la gauche face au nord, l'extrême gauche (brigade Guyomar) face à l'ouest;
I. " Les Français furent litléraloinent tirûj du sommail pir n Mtaquo. ■> HiLïic.
mais on ne savait si l'on faisait face à l'ennemi, on ne le voyait pas; l'extermination frappait sans se montrer; on avait affaire à Méduse masquée. Notre cavalerie était excellente, mais inutile. Le champ de bataille obstrué par un grand bois, coupé de bouquets d'arbres, de maisons et de fermes et de murs de clôture, était bon pour l'artillerie et l'infanterie, mauvais pour la cavalerie. Le ruisseau de Givonne, qui coule au fond et le traverse, eut pendant trois jours plus de sang que d'eau. Entre autres lieux de carnage, Saint-Menges fut épouvantable. La trouée par Carignan vers Montmédy parut possible un moment, puis se ferma. Il n'y eut plus que ce refuge, Sedan ; Sedan, encombré de charrois, de fourgons, d'attelages, de baraques à blessés; tas de combustible. Cette agonie des héros dura dix heures. Ils refusaient de se rendre, ils s'indignaient, ils voulaient achever leur mort, si vaillamment commencée. On les livra.
Nous Tavons dit, trois hommes, trois soldats intrépides s'étaient succédé dans le commandement, Mac Mahon, Ducrot, Wimpfen; Mac Mahon n'eut que le temps d'être blessé, Ducrot n'eut que le temps de faire une faute, Wimpfen n'eut que le temps d'avoir une idée héroïque, et il l'eut; mais Mac Mahon* n'est pas responsable de sa blessure, Ducrot n'est pas responsable de sa faute, et Wimpfen n'est pas responsable de l'impossibilité de la trouée. L'obus qui a frappé Mac Mahon l'a retiré de la catastrophe; la faute de Ducrot, l'ordre inopportun de retraite donné au général Lebrun, s'explique par l'horreur confuse de la situation, et est plutôt une erreur qu'une faute; Wimpfen, désespéré, avait besoin pour sa trouée de vingt mille soldats et n'en a pu réunir que deux mille; l'histoire dégage ces trois hommes; il n'y a
3U HISTOIRE DTX CRIME.
eo. dans œ désastre de Sedan, qo'nn seal et fatal géDéral, rempermr. Ce qui s'est noué le 2 décembre 1851 ^est d^iooé le f septembre 1870 ; le carnage du boule- Tard Montmartre et la capitulation de Sedan sont, nons y insistons, les deux parties d'un syllogisme ; la logique et la justice ont la même balance; il était dans cette destinée Aineste de commencer par un drapeau noir, le massacre, et de finir par un drapeau blanc Je déshonneur.
II n'y avait pas d'aulre choix que la mort ou l'opprobre; il fallait rendre son âme ou son épée. Louis Bonaparte rendit son épée.
Il écrivit à Guillaume :
(( Monsieur mon frère,
a N'ayant pas pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste qu'à remettre mon épée entre les mains de Votre Majesté,
« Je suis, de Votre Majesté, le bon frère.
n Napoléon. »
Sedan, le 1*' septembre 1870.
Guillaume répondit : « Monsieur mon frère, j'accepte votre épée. » Et le 2 septembre, à six heures du
3lt MISTOIEE DX:i CEIMK.
matin, oette piaise. misseiaiite de sang el couTerte de BMMts, Tît passer nue calèdie à quatre dieranx, attelée à la Danmoiit, dorée, décoinerte, et dans cette calèche nn honune, la dgafeUe à la booche. Cétait rempereor des Français allant rendre son épée an roi de Pmsse.
Le roi fit attendre rempereor. (Tétait de trop bonne heore. Il enroia M. de Bismard:dire à Loois Bonaparte qo* « 0 ne Tonlait pas » le receroir encore. Lonis Bonaparte entra dans nne masore an bord de la ronte. Il y afait nne chambre arec nne table el deux chaises. Bismark et loi s*accoodèfent sor la table, el causèrent Causerie logubre. A llieure qui plut au roi, fers midi. Tempereur remonta en Toiture et alla au château de Bellerue, à mi-chemin du château de Tandresse. Li il attendit que le roi Tint A une heure, Guillaume anifa de Vandresse et consentit à receToir Bonaparte. U le reçut mal. Attila n'a pas la main l^ère. Le roi, rude bonhomme, montra à l'empereur une commisération inTolootairement croelle. Il y a des pitiés accablantes. Le Tainqueor reprocha la yictoireau vaincu. La brusquerie manie mal une plaie viie. — Qaelle idée aTez-Tous eue de fedre cette guerre? — Le yaincu s'excusa, accusant la France. Les hourrahs lointains de Farmée allemande fictorieuse coupaient ce dialogue.
Le roi fit reconduire Tempereur par uô détachement de la garde royale. Cet excès d'ignominie s'appelle « une escorte d'honneur ».
Après répée. Tannée.
Le 3 septembre, il fut fait par Louis Bonaparte lÎTralson à FAIlemagne de quatreringt-trois mille soldats français.
a Plus (dit le rapport prussien) :
c( Un aigle et deux drapeaux.
« Quatre cent dix-neuf canons de campagne et mitrailleuses.
(( Cent trente-neuf pièces de place.
(( Mille soixante-dix-neuf voitures de toute espèce.
« Soixante mille fusils.
« Six mille chevaux encore en état de servir. »
Ces chiffres allemands manquent de certitude. Selon que cela semble momentanément utile, les chancelleries auliques enflent ou désenflent le désastre. Il j eut environ treize mille blessés parmi les prisonniers. Les nombres varient dans les documents officiels. Un rapport prussien, additionnant les soldats français blessés ou morts dans la bataille de Sedan, publie ce total : Seize mille quatre cents hommes. Ce nombre donne le frisson. C^est ce chiffire-là, seize miUe quatre cents hommes, que Saint-Arnaud avait fait travailler sur le boulevard Montmartre le Ix décembre.
A une demi-lieue au nord-ouest de Sedan, près d'Jges, la boucle de la Meuse fait une presqu'île. Un canal coupe l'isthme ; de sorte que la presqu'île est une île. Ce fut là que furent parqués, sous le bâton des caporaux prussiens, quatrevingt-trois mille soldats français. Quelques sentinelles gardaient cette armée. On en mit peu, insolemment. Ces vaincus restèrent là dix jours, les blessés presque sans soins, les valides presque sans nourriture. L'armée allemande ricanait autour d'eux. Le ciel s'en mêla, le temps fut affreux. Ni baraques ni tentes .Pas un feu, pas une botte de paille. Pendant dix jours et dix nuits, ces quatrevingt-trois mille prisonniers bivouaquèrent la tête sous la pluie, les pieds dans la boue. Beaucoup moururent de fièvre, regrettant la mitraille.