‹ Histoire d'un établissement paroissial de colonisation, St-Jean de Matha [microforme]Chapitre 34 sur 41 · DESCRIPTIONS ET DÉTAILS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

DESCRIPTIONS ET DÉTAILS GÉNÉRAUX

La paroisse de St-Jean de Matha est formée d'une partie du canton de Brandon et d’une grande partie de la seigneurie de Ramezay. Cette seigneurie fut autrefois, le 6 octobre 1736, concédée au Chevalier d'Argenteuil. Cinq ans

plus tard, en 1741, elle fut réunie au domaine de Sa Majesté le roi de France, parce qu’on 1'y avait encore après ce laps de temps fait aucun établissement, Elle fut ensuite concédée au propriétaire dont elle porte le nom. Son étendue est d’une lieue et demie de front sur quatre de profondeur, au bout des limites de la seigneurie de Lanoraie. La paroisse de St-Jean de Matha commence à la quatrième concession de la seigneurie de Ramezay, les trois premières sont comprises dans la paroisse de St-Félix de Valois.

Pour entrer dans les limites de St-Jean de

Matha par les voies de Joliette, de St-Félix et

rmée l'une Cet- 1736, | ans maine n 2y aucun u proendue tre de meurie Matha a seis sont Valois.

ean de élix et

d'Aillebonst, une gorge de mor. gne abaissée at niveau d’une centaine de pieds, fournit un passage facile et agréable à la vue. C’est une espèce de couloir qui se faufile entre deux montagnes énormes dont les flancs raboteux et découverts laissent apercevoir la composition granitique de leur masse respective. La montagne de gauche en montant se voit de très-luin, on la reconnaît aisément à l: ‘:catrice qu’elle porte. Une main invisible et puissante l’a taillée à pic depuis son sommet jusqu’à la moitié de sa hauteur, et en a rejeté le bloc à sa base sur les bords de la rivière L'Assomption. Une pomme que le couteau a séparée par le milieu jusqu’au centre et horizontalement ensuite pour en ôter juste le quart, n’est pas mieux tranchée. Cette montagne porte ainsi, très naturellement, le nom qu'on lui donne ; tout le monde l'appelle “ la montagne coupée, ” Son sommet conserve encore ne touffe d'arbres résineux, pins et sapins, qui semblent attirés et penchés sur l’abîme qu’ils couronnent, Quelques-unes de leurs grosses racines descendent verticalement dans ce gouffre comme pour

én sonder la profondeur et chercher un supplément de nourriture qui leur manque au sorimet du rocher.

Du haut de ce cap qui domine toutes hauteurs en arrière, et qui n’a rien devant lui pour le cacher, on aperçoit tout l’espace que l'œil peut embrasser sans obstacle. La vue a pour limites au sud, à l’est et à l’ouest, les limites mêmes de l'horizon. Trente clochers et villages étincellent à nos yeux. On dirait que tous les royaunes du monde sont à nos pieds. Panorama grandiose, unique, véritable jouissance pour un amateur, un poète, un paysagiste! … Bientôt, quand les chars passeront au pied de la montagne, ce lieu de plaisance encore peu connu, deviendra un lieu de récréation, de promenade, de santé. Des sources d’un eau fraîche, limpide et pure sont disposées partout ; elles suintent à travers la montagne, elles se cachent dans les tailhs, elles coulent sous terre, elles jaillisserit

ici et là en petites fontaines à travers un sable

inicacé.

Que voulez-vous de mieux ?.…

La côte que donne actuellement la montagne

1é- pour le chemin public est rocailleuse, c'ust-à-di- 1- re pavée de petites pierres, mais elle est longue | et douce, sans parties abruptes, ni galets ou obsurs tacles dangereux, Du village de St-Félix de Ca- b Valois pour venir à St-Jean de Matha, on tra- >m- verse le chemin de fe: près de la gare, on franau chit quelques coteaux sablonneux dans la direcde tion de l’ouest, puis, à la rencontre du chemin de cel» Joliette, on prend la ligne nord-ouest que au l'on suit continuellement. Deux petits détours ama à droite, un à gauche, un quatrième à droite, un ; brisent la monotonie de cette grande ligne. Pas ntôt, | de côtes pour ainsi dire à part celle que nous nta- venons de-mentionner. Chemin beau, aisé, toude- jours rempli de voitures en quelque saison que de ce soit. | pide Où est l’église, où est le village, dites-vous, b à après avoir franchi ia côte rocheuse ? On ne les voit rien.

Ms Patience, s’il vous plaît, vous en êtes encore à ble

une lieue, et ce n’est pas d’une lieue que lon

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; , | voit toutes les églises, tous les villages, même dans la plaine.

—Voyez-vous cette montagne en face de nous ?

—Certainement.

. —Voyez-vous cette autre un peu plus loin qui se montre le nez ?

—Oui.

Eh bien contournons cette première... Passons maintenant sur le museau effilé de cette seconde, quart de rond sur la gauche, et reprenons notre direction générale nord-ouest... Voyez- VOUS P......

Oh ! que c'est magnifique ! Quelle belle position ! i Là, devant nous, à quarante srpents, suspendus au flanc d’une colline qui regarde le sud, l’église,

let

le presbytère, le village, superposés en un am- ] phithéâtre qui s'étend avec grâce au fond d’une

large vallée 1... Beaux chernins, bonnes terres, q jolies maisons, vastes granges. Mais c’est sur-

prenant. . | »

— Qu'est-ce que ce poteau là signifie, donc ? u — C’est la source d'un aqueduc privé qui traverse 1];

le chemin et qui fournit l’eau dans toutes les

traverse utes les

bâtisses de cette ferme. On en compte un bon nombre dans la paroisse ; il est si facile de conduire dans la maison l’eau d’une source avoisi-

nante, et cette amélioration est si utile !

Avancons, traversons ce ruisseau qui coupe de grandes prairies.

D'où vient-il, où va-t-il se décharger ?

Il se jette dans la rivière de L'Assomption à une demi-lieue d'ici. Quant à l’autre question,d’où vient-il, il n’est pas aussi facile d’y répondre, On -emonte bien son cours jusqu’à une petite savane au nord-est du village, mais là on le perd. Prendil sa source dans les petites flaques d’eau rouge et bourbeuse de la savane, ou bien vient-il pardessous terre du lac Vert qui est un peu plus loin ? C’est ce que l’on ignore encore. Toujours est-il d’une grande commodité pour les terres

qu’il arrose dans ses capricieux méandres,

Cinq minutes de marche, et nous voici dans la rue principale du village. Au bout de cette ligne, une ligne transversale bordée comme l’autre de j0lies habitations donne au dit village l'aspect d’une

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