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grande croix dont les édifices religieux sont la tête, et dominent tous les alentours. Tous ces établissements sont là joyeusement couchés sur un versant de colline, à la façon de paysans qui se délassent à humer l’odeur des bois et des
montagnes. à
Un point de vue d’une rare beauté est celui qui se trouve au sommet du mont St-Jean à deux arpents en arrière de l'église. Devant nous à nos pieds, le village, puis une longue et large plaine terminée au loin vers le sud par la clôture granitique qui sépare cette plaine de la vallée du St-Laurent. Trois grandes fractures dans
lesquelles serpentent de bons chemins publics
' ia sont les barrières naturelles par où se fait la circulation entre St-Jean de Matha et les grands centres au pied des Laurentides.
Hu À droite, la rivière de L'Assomption, la riviè- 1 re Noire donnent, chacune, une dépression de terrain où sont établies des fermes d’une fertilité surprenante. Au delà, plus à l’ouest, les terrains se relèvent, ils sont disposés par étages comme les bancs d’un immense et grandiose amphithéâ- |
mn 108 me ieux sont la s, Tous ces couchés sur e paysans qui bois et des
tre ; une couronne de hauteurs dentelée avec symétrie est superposée à toute cette formation, elle se détache avec une grâce infinie sur le fond bleu du ciel.
En arrière et en profondeur, une nature tour-
mentée dont l’idée d'une mer en furie subiteauté est celui
nt St-Jean à Devant nous
ment solidifiée donnerait l’exacte image, tire de de nos poitrines une exclamation d’étonnement, il faut longtemps comme malgré nous attacher ongue et large À par la clôtune de la valfractures dans
les yeux sur ce spectacle sombre, terrible, plein d’une mystérieuse grandeur.
Enfin à gauche et vers l’est, une autre plaine
aussi vaste que la première au milieu de laquelle emins publics
ù se fait la ciret les grands
se trouvent de beaux et de grands lacs, de puissants cours d’eau, le pic isolé du “ pain de sucre ” êt de magnifiques routes publiques. L’horizon se termine dans le lointain par une ligne régulièption, la riviè- Æ re de montagnes qui fait à peu près la borne de dépression de d’une fertilité
est, les terrains
la paroisse.
Ajoutez à tout cela double et triple rangée de
blanches maisons dans toutes les directions, en étages comme
bse amphithéà- |
| ligne droite, en ligne courbe, les unes plus hau-
tes, les unes plus basses suivant les accidents du
LAN PRE e a 4 di ‘
terrain, puis des montagnes, des vallées, des forêts, des rivières, des lacs, des terres cultivées, un beau village, des plaines fertiles, de bons chemins, et en ce moment de belles moissons, vous avez ainsi tout ce qui plaît sous les yeux.
Que l’on imagine donc quelque chose de plus beau si c’est possible ! |
Voilà le mont St-Jean dont le front va s’orner prochainement d’une résidence privée qui luttera avantageusement quant au site, avec les beaux édifices collés au flanc de notre Mont- Royal.
Cette haute et superbe colline contient la source d’un aqueduc actnellement en construction qui fournira une eau abondante,saine et pure dans tout le village. M. le curé Provost étant le pro“ priétaire des sources et d’une grande partie de la montagne travaille en ce moment même à cette entreprise si utile dont les avantages et les bienfaits ne manqueront pas d’être appréciés,ici comme partout ailleurs,dans le degré qu’ils inéritent. De l’eau de roche, limpide et pure comme le plus beau cristal toujours et à toute heure pré-
es, des focultivées, de bons moissons, les yeux.
se de plus
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nt la souronstruction t pure dans ant le pro* bartie de la me à cette et les bieniés,ici coms méritent.
comme le heure pré-
sente dans la maison, est vraiment un bienfait sous tous rapports.
On remarque dans le village de St-Jean de Matha des ateliers de menuiserie, de ferblanterie, de forge, de cordonnerie, une boulangerie, une tannerie, des bouchers, des tailleurs, des voituriers, des selliers, un bon hôtel, des groceries et quatre magasins fort achalandés. C’est dire que rien ne manque de tout ce qui est nécessaire aux
besoins d’une population agricole et commerciale.
Deux notaires, deux médecins répondent aux besoins de la population. Le garde-forestier d’un immense arrondissement demeure dans le village. On voit aussi deux dépots des principaux instruments aratoires. Une fromagerie ayant à sa tête un homme habile et d'expérience reconnue est érigée dans le village. Une autre est également bien tenue dans le rang double de St- Guillaume.
Dans la paroisse, d'importantes scieries au nombre de sept fonctionnent régulièrement. Elles
préparent et distribuent dans la localité comme
au loin le bois dont on a besoin, Planches et
madriers de toute description, bois franc et bois mou,depuis le chêne jusqu'au cèdre, bardeau, bois de charpente de toute longueur et de toute grosseur, piquets et perches ; on trouve ici, à un marché très avantageux, tout ce que l’on peut désirer. Le commerce de bois se fait sur une grande échelle.
La rivière Noire alimente les deux scieries les plus considérables, celles de MM. Charles Basinet et Narcisse Geoffroy. A cette dernière sont joints un moulin à farine et un moulin à cardes qui dounent l’un et l’autre pleine et entière satistisfaction. Alentour de ces établissements sont groupées une foule d'habitations qui constituent comme un second village dans la paroisse. Il porte avec raison le nom de village Geoffroy,car il n’y a encore que peu d’années, M. Pascal Geoffroy, père, comptait réunis autour de lui, sur des fermes qu’il leur avait procurées,sept de ses fils avec chacun leur famille. Ce bon vieillard et sa digne épouse portent encore allègrement leur grand âge, et quand leurs fils déjà grand’pères font visite à la maison paternelle, on se badine toujours
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réciproquement comme au temps de la jeunesse, sauf le respect de l’âge. O trois et quatre fois heureuses les familles où règnent. encore les anciennes mœurs et coutumes patriarchales, !....….
Les autres scieries sont disposées comme suit :
celle de M. J. Parent sur la rivière Blanche, celle de M. Alexandre Asselin sur la décharge du lac de Berthier, celle de Noël Morin sur la petite rivière du huitième rang. Il en est encore deux autres dont les propriétaires sont momentanément absents.
Outre les pouvoirs d’eau qui sont déjà utilisés, 11 en est plusieurs autres très-avantageux par leur position et très-puissants qui ne le sont pas encore. Ils attendent l’arrivée d’industriels capables et entreprenants dont l'avenir ne saurait manquer d’être prospère. Que n’avons-nous ici, par exemple au pied de la chute Montapel, de grandes manufactures, correspondantes aux forces dont on pourrait disposer !
LA CHUTE MONTAPEL
Cette chute est formée par la rivière de L’Assomption,qui se tordant à droite et à gauche comme un serpent gigantesque, tombe d’une hauteur de cent pieds au moins sur une déclivité longue d'à peu près un arpent. Grossie des eaux de la rivière Noire qui arrive avec impatience à sa tête, cette merveille de la nature, dans certaines saisons de l’année, devient un objet de piquante curiosité. Le volume liquide pesant, rapide et terrible,que l’une et l’autre rive se relancent avec violence et fureur, se roule, se tord, s'enfonce, se relève comme affolé d’épouvante ; dans sa course vertigineuse il va frapper, se séparer et s’abîmer sur l’angle noirci d’un monstrueux rocher qui, depuis des siècles, résiste à son impétuosité, à sa rage, Un nuage de vapeur s'élève au-dessus de lui portant les cou-
leurs de l’arc-en-ciel dans son sein. Lorsque se
de L’Asche comne haudéclivité ossie des ec impaa nature, vient un ne liquide autre rive se roule, lé d’époua frapper, oirci d’un les, résisnuage de les cou-
orsque se
fait la descente des billots et que ceux-ci arrivent par centaines à la tête de la chute, le courant les saisit, les sépare, les fait tournoyer, les plonge, les culbute, les engouffre, les soulève tour à tour, Quelques-uns sautent en de hors de la masse liquide comme d’énormes poissons, ils frappent ici, ils se heurtent là, c’est un roulement sourd et saccadé qui précède parfois un coup de tonnerre lorsqu'ils arrivent debout sur un rocher, Enfin le coup-d’œil est grandiose. le spectacle attrayant,
Cet endroit avec ses environs est justement renommé pour la beauté et la variété des scènes champêtres qui s’y développent admirablement sur tous les côtés. On commence dans la belle saison à y venir en promenade et c’est avec raison. Le confluent des deux rivières est orné de petites îles qui sont là comme autant de fleurs soulevées et fraîches, à l’entour desquelles on circule aisément, dans une eau claire et limpide, qui coule paisiblement sur un fond de sable ct de petit gravier, Ici, un beau champ cultivé,
parfaitement nettoyé, très umi, la plus belle prai-
rie possible, À travers laquelle se joue un ruis-
seau, l'E :otas, qui après bien des tâtonnements
et des rec erches, finit enfin par trouver une embc":hure dans le bassin d’eau morte à la tête de la chute ; là un plateau élevé, le Parnasse, d'où l’on voit les rivières à nos pieds et d’où l’on aperçoit le territoire bosselé de quatre grandes paroisses ; à côté une forêt boisée, épaisse et noire d’une végétation abondante ; plus loin des montagnes couvertes de grandes érablières ; enfin tout ce qui peut fixer l'attention d’un admirateur de la grande-nature s’y trouve réuni.
, tête 1886, \ l’on ndes t noi- 1 des enfin
mira-